IAMX – Metanoia, Album et concert

Après deux ans de silence, IAMX revient sur la scène musicale avec son sixième album :  Metanoia.

Un nouvel album ? Voilà qui a piqué ma curiosité. Pour être tout à fait franche, ses deux derniers albums en date Volatime Times  et The Unified Field m’avaient lassée, énervée même. Trop de pop, trop d’envolées lyriques, peu d’inventivité dans les mélodies, je les ai écoutés, je les ai oubliés. Où était passé son talent ? Où étaient les chansons qui parlaient d’expérimentation sexuelle, d’amour à t’en retourner le cœur, de drogues et de questionnement ?

Je voulais retrouver cet ascenseur émotionnel que sont les albums d’IAMX. Car après tout, c’est dans cette optique que Chris Corner (ex Sneaker Pimps) a créé son alter ego musical. Un personnage inventé pour assouvir ses fantasmes, chanter ses secrets, ses peines, ses désirs inavouables. Et c’était ça qui, dès le départ en 2004, m’avait séduite. Un alter ego débordant d’émotions et sans pudeur…quoi de mieux pour faire rêver l’adolescente que j’étais ? Pour sûr, je n’étais pas la seule. Lors de la sortie de Kiss+Swallow, le succès fut immédiat. Sombre, sexy, émouvant, doté d’une voix aérienne et bête de scène, le petit prince de la new-wave/pop-électro s’est vite fait une place sur les scènes underground et dans les coeurs de nombreux fans.

Bref, l’IAMX suintant d’émotion et de sexe me manquait et lorsque l’agence de presse M.A.P! a contacté Culture Remains pour faire la promotion de son dernier album et sa tournée, j’ai sauté sur l’occasion. Il faut savoir pardonner après tout.

J’ai donc eu l’occasion d’écouter son dernier album Métanoia, de l’inteviewer et d’assister à son concert. Vous dire que j’étais aux anges est un euphémisme. C’était Noël avant l’heure.

Metanoia, un retour aux sources

Avec la pochette, la couleur est donnée dès le départ : l’album s’annonce torturé. Il l’est. Au fil des écoutes, Metanoia se dévoile : sombre, sexy, profondément triste, nostalgique et dérangeant. IAMX, te voilà de retour. Pourtant, il a fallu que Chris Corner passe par une sévère dépression pour nous livrer cet album, sorte de résurrection psychologique et musicale. Je vous laisse découvrir ses propos :

Que veut dire Metanoia ?

Metanoia, c’est une résurrection spirituelle et psychologique. C’est le voyage à travers ma dépression – une des périodes les plus tristes de ma vie – et le fait  d’en ressortir, plus fort et stable que jamais.

Cet album, est, à mes yeux, l’un des plus sombres. Partagez-vous ce sentiment ?

Oui. J’ai traversé une période très difficile mais quand je me suis mis à écrire cet album, j’étais très apaisé. Au final, ça a été l’album le plus facile à écrire car le travail psychologique, sur moi-même et mon rapport à la musique était fini. Je savais ce que je devais écrire. Le contenu est donc très sombre car j’aborde ma « maladie » mentale, ma dépression passée. Cet album est une sorte d’exorcisme de mes démons.

Metanoia est très abouti. Son contenu est torturé mais a été produit lors d’une période d’apaisement et de confiance. Pas de pression du management, l’album a été entièrement financé par les fans. Une manière de procéder qu’affectionne l’artiste.

C’est tellement gratifiant de pouvoir faire un album sans aucune pression extérieure, c’est juste toi et tes fans, une relation directe et sincère. Tes fans financent ta musique, pas un son ou une chanson en particulier. Cela t’apporte plus de liberté, d’indépendance et surtout, après avoir vu ton projet financé à plus de 200%, une grande confiance en toi et en ton travail ».

Et ça s’entend. Exit les artifices des précédents albums, exit la voix qui part dans tous les sens, noyée par des instrus assourdissantes. Metanoia va droit au but.
Ses mélodies sont simples mais bourrées de sons originaux (d’où les sort-il ?). L’album est sincère et dès la première écoute, on ressent cette immense tristesse et nostalgie qui émane de l’artiste.

Mais aussi son désir de remonter la pente et de s’affirmer comme dans No Maker made me qui ouvre le bal avec ses voix féminines crystallines et ses instrus électro punchy.

S’ensuit la chanson Happiness, accompagnée d’un bien joli clip – esthétique et sombre à souhait -, et qui représente bien le fil rouge de l’album : le désir d’être aimé.

Say Hello Melancholia, Insomnia, Surrender et Wildest Wind se trouvent dans la même veine. Mélancolie, regret, amertume des lendemains de fête, insomnie des soirs tourmentés et espoir de revoir la lumière. L’hédoniste IAMX des débuts est tombé de son nuage et l’atterrissage a fait mal, très mal.

Mention spéciale à Wildest Wind, jolie ballade piano/voix qui dans sa simplicité musicale laisse une grande place à la voix troublante de Chris Corner.

« Drink up little boy and wash down your tears ». Ces paroles, tirées de Look Outside en font le chant de phénix d’IAMX. S’il fallait résumer l’album en une chanson, ce serait celle-là. Voix féminines soupirantes, mélodie calme, détermination dans la voix du chanteur, ce dernier est prêt à affronter le monde sous un nouveau jour.

Eh oui, Metanoia, malgré ses chansons mélancoliques, est également une invitation à célébrer la vie avec ses tabous et son absurdité : Aphrodisiac, No Maker made et Oh Cruel Darkness et leurs sons électro et festifs donnent à l’album une note plus légère et provocante. Ces chansons, plus originales dans leurs mélodies, signent un très agréable retour aux sources.  IAMX chante sa tristesse mais n’est pas abattu pour autant.

En définitive, Métanoia ne sera pas l’album de votre prochaine soirée arrosée. Il sera plutôt celui que vous écouterez le lendemain en pensant à la vanité de votre vie et du monde qui vous entoure. Et qui sait, vous pourrez appréhender cet album de manière thérapeutique comme cela a été le cas pour son créateur. On dit que la musique guérit tous les maux non ?

IAMX continue sa tournée européenne jusque 2015. Si vous vous trouvez sur son chemin, je vous invite à aller le voir sur scène, c’est tout simplement magique.

IAMX sur scène

C’est face à une Ancienne Belgique remplie qu’IAMX se présente le 8 novembre dernier. Je suis confiante, l’album est très bon et sa présence scénique est magnétique, le concert promet d’être mémorable.

Et il le fut, la plupart des chansons de Metanoia sont présentées, magnifiées par la présence et la voix d’IAMX, tellement survolté que son micro lui échappe des mains deux fois. La foule est en extase, le technicien un peu moins. Il ne lui en tiendra pas rigueur, je l’ai vu se trémousser sur Kiss+Swallow et lors des rappels. IAMX est un être d’émotions et cela se voit lors de ses concerts. La foule est amoureuse de l’artiste, elle veut danser avec lui sur scène et elle sera même invitée à le faire lors du concert. Elle ne se fait pas prier, il ne faut que quelques secondes à IAMX pour créer un véritable chaos autour de lui. Ah, si je n’étais aussi loin de la scène, je serai probablement montée aussi.

Les moments forts du concerts se font lors des chansons du premier album, apparemment, je ne suis pas la seule à apprécier ses classiques. Sailor, Kiss+Swallow, Mercy et Your joy is my low électrisent la salle, les smartphones sont dégainés, les gens ne veulent pas en perdre une miette.

Deux heures durant, IAMX, entouré de ses deux acolytes féminines (vocalistes et musiciennes), nous livre un spectacle énergique. Preuve que l’on peut déverser sa peine tout en faisant la fête.

Et à cet art, IAMX excelle.

Website de l’artiste : http://iamxmusic.com/.

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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