Abson Modern: Artiste bruxellois original, poète, slameur, graphiste et globe-trotter (interview)

Abson Modern, ou Absu de son vrai nom, est un artiste hors des sentiers battus. Bruxellois d’origine, il a beaucoup voyagé et arpenté les rues du monde, les villes de plusieurs continents, de l’Europe à l’Asie en passant par l’Amérique pour y « répendre son art », comme il dit. Absu est slameur, poète, homme de scène et de voyages. Voyages dont il tire la substance de l’inspiration. Nous l’avons rencontré : son répondant imagé volontairement s’inspire de textes anciens, de Nietzsche, de Rimbaud et même d’auteurs antiques célèbres pour leurs métaphores. Amateur de magie, il aime les « nicknames » et les concepts derrière lesquels se fondre et dévoiler ses positions. Ainsi il apparaît aussi parfois sous le nom de « The Art Boy » ou de « La révolution invisible« . C’est parti, laissons-lui la parole !

Interview

Abson Modern, « La révolution invisble » ou tout simplement Absu, vous avez plusieurs noms d’artistes et pseudonymes. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’ils signifient et pourquoi vous les avez choisis ? En quoi vous définissent-ils ?

Je suis un soleil individualiste. Ma conscience de la vie est celle de mes ancêtres, de mes atomes, des mes vies imaginaires que mon écriture me narre beaucoup. J’ai eu bien des vies avant de devenir un réaliste. Un visualiste. Un poète qui n’etait pas un Je, mais un Oui. Un oui à tout, tel mon nom, Absu. L’absolu ne ment pas. J’etais ce oui. Ce oui aussi vivant que muant dans ce ciel et ces vies de mes ancêtres. J’ai peut-être 313 nicknames pour definir mes oeuvres littéraires, mes personnages, mes ombrageux talents. Alors, si dire la vérité en une phrase n’est pas toujours facile, je prendrai 313 nicknames pour décrire la valeur de mes écritures ivres et mes livres. Je suis un soleil. Un écrivain.

Vous vous déclarez poète. Qu’est-ce que ce terme signifie pour vous, est-ce plus une « passion » ou une « mission » que vous vous êtes donné de peindre le monde de cette manière ?

Je suis un poète. Un poète écrit de chimères pour décrire l’ampleur du ciel et des vies humaines. Un poète est sociologue. Rimbaud voyait l’enfer pour la société. L’illumination du voyage. Grand voyageur du pays de la poésie, ton sens de l’orient et de l’orientation. Un poète comprend le sens et la lecture des détails. Ne peut être poète qui veut. C’est un microcosme dans le Macrocosme. Les livres divins, le poète tentera de les écrire toujours, un jour. La vérité est de vivre au travers de cent vies. Mille nuits d’enfer et une nuit du nectar du paradis, en ébauche aux merveilles des jours. L’existentialiste, dans son jounal intime, deviendra un poète si la nuit devient une rivière d’ecriture étoilée. Constellation de mots.

Absu en mode « slam » pendant sa représentation au Pianofabriek (Bruxelles) en avril 2019 © D.R.

Quelles sont les poètes ou autres artistes qui vous influencent ?

Je est un autre. E pluribus unum. J’aime l’émotion chez un philosophe, un sociologue, j’aime savoir leurs doutes. J’aime Shakespeare. Parceque l’esprit comprend les métaphores. Nos allégories et le théâtre dans nos lits. Littérature dans l’oreille d’un oreiller. Morphée est un professeur, mon ami, mon agent littéraire, mon protecteur. Dormir et vivre, n’est-ce pas ce dont nous avons besoin ? Des rêves de vivre d’autres vies que la leur. Sept heures du mat’. Reveille-toi. Gagne du blé.

Hormis les poètes, êtes-vous influencé par des artistes ou autres « apporteurs » (philosophes, scientifiques, sociologues, etc.) ?

J’ai été visiter les tombes de Shakespeare, de De Vinci, Mesmer, Tesla, Toutânkhamon, du roi David, Goethe, Salvador Dali, Absalon, du Shah d’Iran, de Yasser Arafat, Hergé, mais aussi l’arbre de la gravité de Newton (d’où la fameuse pomme serait tombée), celles Paul Éluard, Oscar Wilde, Molière, Victor Hugo, Voltaire, etc. et vu Jérusalem, et plus largement diférents coins d’Israël et de Palestine mais aussi d’Égypte.

Quels sont les sujets que vous privilégiez dans vos textes ? Etes-vous un dénonciateur politique, un poseur d’analyses en vers sur la société ou un styliste pur ?

J’énonce les divisions. Je préconise la revolution au travers de la résolution. Absolution et pardons. Paix et amour et des brols de mots qui soignent les coeurs. J’ai un coeur et je respecte les bons. J’aime les mauvais. Je tend la joue au jour le jour pour que les bisounours me fassent des bisous. Amour. Respect toujours. Le style, c’est important. Les sujets de mon discours sont nombreux. Je circule au travers des multiplications de mots. J’aime le féminisme. Il y a peu, j’etais dans un moment difficile, j’avais tout perdu. Et puis, j’ai rencontré cette féministe. Qu’est-ce qu’elle est belle, mais aussi intelligente. Elle me fait repenser mes idées sur monde. Je respecte ces femmes qui, un jour, remplaceront les hommes au Panthéon. Le lit de littérature se fera sans ratures. Le féminisme et le romantisme créeront des Spartacus de révolution. Ensemble, nous déclarerons notre flamme pour cette société que nous voudrons voir brûler à l’instar Néron à Rome. Cela sera marrant.

Absu alias « La révolution invisible », son pseudo et son concept qu’il décrit dans ses poèmes et ses slams © D.R.

Vous vous dites aussi slameur ? En quoi l’êtes-vous et en quoi cela se rapproche-t-il de votre côté poète ?

Beaucoup de politiciens ont commencé par être poètes. Écrire de la prose comme le speechwritter de Barack Obama, c’est nécessaire pour canaliser les coeurs, les motiver à changer le monde. Espoir. Vivre et redessiner l’Histoire. Amour toujours. Respect. Nouvelle éloge de la littérature au 21ème siècle. Les poètes peuvent changer le monde. Vous devez me croire. Croire, c’est croître. Croyez en vous-mêmes. Collectionez les perles et les plumes. Soyez des poètes.

Quelles sont vos activités hormis l’écriture ?

Assistant magicien, graphiste et artiste, photographe, chroniqueur à la radio, faiseur de « musiques-videos », rappeur, philosophe, voyageur, activiste, agent pour jeunes artistes, conseiller artistique, colleur des stickers sur les murs des villes (à Hong Kong et ailleurs) et renouvelleur de techniques de protests dans des pays « compliqués et dangereux ». L’activisme est très important pour moi. Un poète moderne se doit de protéger la societé tel un superhero.

Portier de l’hotel de Banksy (Bethléem) avec stickers d’Absu © Absu

Vous êtes sur le point de sortir un livre. Comment s’appelle-t-il ? Que pourra-t-on y lire ?

Je n’ai pas encore decidé du titre du livre. Voici les différentes possibilités : « Les Merveilles des jours », « Les Poubelles des jours », « La Femme chauve », « L’Empereur de la vérité », ou encore « Le Nouveau Rimbaud ».

Pouvez-vous nous faire un petit récapitulatif de votre carrière artistique ?

J’ai collaboré avec Nike Football au Musée d’Art et de Science de Singapour, j’ai exposé trois oeuvres à l’Espace Pierre Cardin. En fait, j’ai exposé sur cinq continents, jusqu’en Amérique. Et en Ukraine pendant la guerre. J’ai été activiste pour la légalisation de la marijuana au Texas au cinéma, sur le lieu-même où Lee Harvey Oswald s’est fait arreté. En Australie, j’ai figuré dans un magazine, qui s’est vendu dans tous les kiosques de l’île-continent. Et exposé en Malaisie. Tout récemment, j’ai fait une campagne de stickers en Israël et Palestine.

Quels sont vos futurs projets ?

Je tente d’organiser un projet appelé « Bruxelles 21 » qui essaierait de definir quelle serait la place des artistes dans ce 21ème siècle à Bruxelles. Des événements de slam-poésie. Des projets de posters dans la ville. Tout un forum de possibilités en construction. Affaire à suivre !

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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