Acid Arab en live ce samedi au Réflektor

C’est l’occasion d’un week-end détendu à Liège. Après un samedi follement ensoleillé (puisque c’est un climat tropical par ici) et quelques promenades en la cité ardente, vous pourrez achever la journée par un live à la fois festif et contemplatif, minimaliste et orné. Acid Arab sera en concert samedi 14 octobre, à 20h. Le duo viendra réchauffer la salle du Réflektor, tout proche voisin de la Cité Miroir et du Cinéma Sauvenière.

∴  La valeur sûre en musiques actuelles à Liège  ∴

Ouvert depuis 2015 et en quelque sorte successeur de la défunte Soundstation, le Réflektor est aligné -physiquement- aux incontournables culturels de Liège. Y sont proposés en moyenne trois lives chaque semaine. C’est que le public liégeois est gourmand ! D’une capacité de 600 personnes avec une entrée et bar boisés et chaleureux, il ne faut pas trop attendre parfois pour réserver son ticket. Têtes d’affiche prisées et découvertes locales alléchantes se succèdent dans cette ancienne gare de bus. L’ASBL FestivaLiège, qui organise Les Ardentes, et surtout la petite équipe de quatre chapeautent cette éclectique tambouille et nous régalent à chaque saison.

∴  Avez-vous déjà vu deux Français chemises-en-jean-barbes-baroudeur-tennis-blanches mixer du très-oriental ? Maintenant oui  ∴

Du Raï maghrébin aux mélismes saoudiens, de la pop israëlienne des 80’s aux collaborations avec des chanteurs et chanteuses actuelles, le duo ne manque pas d’idées. Dans leurs album et lives, on passe en revue les timbres du oud (luth à manche court) ou du qânun et du santour (cithares sur table, cordes pincées pour la première, cordes frappées pour la seconde). On savoure le sublime zourna (hautbois d’origines -incertainement- anatoliennes et qui tire son nom du persan, le roseau, ney, de la fête et de la force, zur) ou encore les sons métalliques ou ronds des riqq, darbouka et bendir. Voici pour la parenthèse organologique !

Que vous ayez les oreilles tendues vers le boum-boum transe et danse ou que vos épaules gesticulent plus sur du son mélodique et harmonieux fidèle à la tradition, les deux profils d’auditeur seront ici rassasiés. Cette tendance générale et bien actuelle à faire se rencontrer les genres et les cultures est finalement tout à fait naturelle. Mais encore faut-il que la signature ne tombe pas dans le cliché de la culture à laquelle on empreinte. Vraisemblablement, nos deux Français Hervé et Guido sont appréciés par les artistes du milieu (A-Wa, Sofiane Saidi, Omar Souleyman, Rachid Taha, Rizan Said) pour cette réussite. Acid Arab est une entreprise divertissante mais consciencieuse, respectueuse. Ils préservent une forme de candeur et de simplicité appréciables. Et ça « reste » de l’électro. Pas de prise de tête ! ‘Y a le mot acid dans le nom du projet. Je pose ça là.

∴  Infos pratiques  ∴

C’est à 20h pétantes sur la Place Xavier Neujean. Pour réserver un ticket, par ici. Si vous avez un empêchement, on vous pardonne. Vous avez ici l’agenda du Réflektor. Concernant le transport : sncb ou blablacar (autour de 7€ l’aller). Pour le couchage : airbnb ou couchsurfing (très peu cher selon la grâce de votre voix, votre sympathie ou la beauté de votre narine droite).

∴  Mon coup de coeur dans la branche Oriental meats Electro  ∴

Je finirai ce billet avec

  1. Une petite citation de Hervé : « Il n’y a pas de barrières géographiques à la musique. Avant, je faisais de la jungle, et je ne suis pas anglais. Je suis fils d’immigré portugais, ma mère est d’origine arménienne. J’ai grandi avec des voisins russes, pieds-noirs, italiens, le tout en écoutant Radio Nova. Faire la musique qu’on fait, c’est un parcours “normal” dans la France d’aujourd’hui. » Et il n’est jamais malvenu de le rappeler par les temps qui courent. Nous avons affaire à des vrais amoureux de la France métisse, la France tout-court. Leur album se nomme « Musiques de France ». Un moyen élégant de faire chier les populistes. Les populistes ne vont peut-être pas au rayon musiques du monde à la Fnac…
  2. Un morceau que j’aime beaucoup. Il illustre bien la mentalité du duo et pourrait achever de vous convaincre : il n’est autre que la collaboration de la reine de l’Electro, Björk, et l’une des icônes de l’Oriental traditionnel, Omar Souleyman. Sur « ces belles notes » et ces clap-clap de mains, bien cordialement, à samedi !
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En Belgique depuis 2 ans, je suis passée par différents paysages culturels bruxellois. Ce pays est fabuleux et Culture Remains est là pour nous le rappeler ! Vous me trouvez surtout dans la rubrique musique. Mon dada? Les musiques trad et électro. Mon quotidien? badminton, musées, concerts, vélo, voyages, cinéma, bavardages. Je parle fort et suis un peu j'tée, mais si vous me lisez, ça va mieux.

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