Adieu beauté – la comédie des horreurs

Fondateurs du FILPED (Front International de Libération de Personnes Esthétiquement Défavorisées), deux terroristes inexpérimentés vont kidnapper la gagnante du concours de beauté, Miss Laval, afin de lui faire subir toutes sortes de tortures dans le but de dénoncer le règne de plus en plus oppressant de la beauté. Présentée comme un conte, cette pièce verra également intervenir avec beaucoup d’humour un drôle de narrateur, un crapaud. En effet, un crapaud à taille humaine, amenant avec humour une réflexion sur une situation abracadabrantesque. Une grenouille grande comme un homme et donc aussi grande qu’un boeuf, métaphore de celle se trouvant moins jolie jalousant la beauté de l’autre.

Avec cette pièce, la Compagnie théâtrale « Racks à Niak » nous offre une comédie burlesque non dénuée d’une réflexion sur un sujet bien actuel : la place de la beauté, de l’apparence, du bien paraître dans notre société. Comment définir ce qu’est la beauté? Comment devons-nous la reconnaître? Quelle importance lui accordons-nous dans notre société?

Perpétuellement en évolution, la beauté garde néanmoins une place très importante dans la société. Trop importante ? A vous de savoir à quel niveau vous la placez et c’est ce qu’ont expérimenter nos deux kidnappeurs, à leurs dépens.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas une pièce écrite au siècle dernier ni plus vieille encore qui nous est proposée ce mois-ci dans la vaste programmation théâtrale bruxelloise.

François Archambault est un jeune auteur et cela se sent. Un peu dans l’esprit Des Nuls ou des Robin des Bois, l’humour retrouvé dans Adieu Beauté est bien dans notre époque. Le sujet y est traité tel un conte par l’intervention cocasse de la grenouille, les personnages sont très caricaturaux et le tout nous donne un spectacle dans lequel on ne s’ennuie pas, certes très classique dans sa forme mais pas déplaisant. Entre beauté et souffrance, il peut n’y avoir qu’un pas. Certains souffrent pour l’atteindre, d’autres de ne pas y arriver et quand on est Miss Laval et que cette beauté nous est donnée sans effort par mère nature, la souffrance peut engendrer l’animosité. Nous voilà partis pour une prise d’otage bien sympathique ! Sortez les revolvers, il y a de l’amour dans l’air !

On appelle canon de beauté les normes considérées comme belles à une certaine époque et une certaine culture. Ces normes évoluent sans cesse et ce qui était beau il y a un siècle ne le sera pas nécessairement aujourd’hui. Et c’est bien cela que cherche à mettre en toile de fond F. Archambault dans Adieu Beauté, une prise de conscience que la beauté est dans la façon mentale de regarder, influencée ou non par son éducation et sa culture, et non dans ce qui nous est matériellement donné à voir. De siècle en siècle, la notion de beauté n’a fait que changer, passant de la femme de l’Antiquité aux formes généreuses exprimant la bonne santé, à celle de la Renaissance où la Venus de Botticelli semble exprimer ce qu’était la femme idéale par sa chevelure longue, sa peau pâle, sa taille réduite et ses formes marquées.

Il ne s’agit ici que d’une analyse « territoriale » selon une époque, des moeurs et des cultures car, dans la tradition africaine par exemple, la minceur n’est synonyme ni de beauté, ni de bonne santé. De nos jours, la minceur véhiculée par certains mannequins ou l’idolation faite pour certaines stars font que la beauté n’a plus la place pour un esprit indépendant. On est obligatoirement dépendant de ce que l’on voit, de ce que l’on aime et il est très dur de sortir de ce schéma de pensée. On constate également que plus l’époque est active, en développement, plus les modes changent et que donc, les critères de beauté changent avec elles. En ce moment le thigh gap est l’obsession minceur qui prend de l’ampleur, et non sans danger, certain(e)s sont prêt(e)s à tout pour atteindre ces soi-disant critères de beauté. Et ensuite ? Savons-nous encore ce qui est beau ? Ne sommes-nous pas « paumés » dans ces modes de beauté ? C’est peut-être cela qu’a voulu nous démontrer F. Archambault, un simple article dans un magazine et tout nos repères concernant la beauté peuvent basculer.

Représentations les 21, 22, 26, 27 et 28 décembre 2013 au Centre Civivique de Kapelleveld (http://cckap.wordpress.com/)

Tarifs : 15€ (tarif plein), 10€ (étudiants -26 ans, seniors, comédiens, chômeurs) et 8€ (tarif de groupe à partir de 10 personnes).

Une comédie de François Archambault

Mise en scène : Danila Di Prinzio

Avec : Valérie Drianne, Alexandra Gruloos, Nicolas Janssens et Benjamin Thomas.

Réservation à compagnieracksaniak@gmail.com ou par téléphone au 0474/579.326

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Directeur artistique en publicité, trop occupé à faire la publicité des autres pour en faire la sienne ici.

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