Adultères

 » Des hommes, des femmes, des couples, des adultères… et deux histoires.D’un côté à New York, Central Park West, L’appartement luxueux des Riggs est sens dessus dessous. Phyllis, psychanalyste, vient d’apprendre que Sam, son mari, la quitte pour une autre. Arrive Carol puis Howard, leurs meilleurs amis. C’est alors que tout vole en éclat jusqu’à l’arrivée de Juliet, une jeune patiente de Phyllis. L’heure des quatre vérités a sonné. De l’autre, à Old Saybrook, charmante petite ville coloniale du Connecticut, un barbecue se prépare. Sheila et Norman ont invité à dîner Jenny et David, la sœur et le beau-frère de Sheila. Dehors, le printemps s’annonce … Mais l’arrivée de Hal et Sandy, les anciens propriétaires du lieu, et la découverte d’un journal intime vont libérer fantasmes et révélations jusqu’au coup de théâtre final. »

Adultères? C’est du grand Woody à la sauce belge! Et c’est tout bonnement indescriptible tant c’est jouissif… Des répliques d’une telle richesse qu’à dire vrai, rien que la lecture du texte doit provoquer moult fou-rires aliénants… Et voilà que le Varia se charge de mettre tout ça en 3D avec une mise en scène du meilleur goût, celui du plat pays! Que pouvions-nous demander de plus?

Tout commence avec un décor admirable et original qui offre différents points de vue aux spectateurs et une actrice qui nous accueille chaleureusement de sa voix un peu éraillée en se servant tranquillement un verre. C’est donc tremblant d’impatience que nous attendons que les retardataires s’installent. La salle est comble et fébrile, les discussions fusent encore de toutes parts et puis soudain… sans crier gare, la pièce commence et nous nous retrouvons à New York.

Un poil mystérieuse au début, la protagoniste, Phyllis, oscille rapidement entre cynisme et désillusion, mais dotée d’un sens de l’humour à toute épreuve et d’une repartie de tous les diables, elle et ses comparses nous entraineront dans une soirée où l’alcool coule à flot et où le ridicule rime avec burlesque et la fierté avec aveuglement. Des thèmes universels, des phrases justes et des acteurs de talent qui se jouent de tout sans aucun complexe au point que le temps passe sans se faire remarquer! Petit entracte puis nous voici à Old Saybrook. Les même grands acteurs aux mimiques incroyables jouent des personnages caricaturés à outrance qui nous intriguent. Gratifiés de deux acteurs au rôle d’importun, le voile se lève rapidement sur leur raison d’être et nous sommes à nouveau emportés dans cette farandole de mesquinerie humaine et sentimentale à laquelle se greffent des réflexions métaphysiques sur l’art, la création et l’existence. Et, nageant entre rebondissements, bons mots et satires, nous hésitons à crier au scandale lorsque la pièce prend fin et scander sempiternellement ce mot jusqu’à obtention: « encore! »

Nous relèverons toutefois deux – minuscules! – ombres au tableau: une inégalité de jeu et une longueur non annoncée… Explication: Premièrement, Bernard Cogniaux, Marie-Paul Kumps, Valéry Massion et Hélène Theunissen formant un quatuor de virtuoses des planches, ils éclipsent quelque peu la prestation des autres acteurs et notamment celle de la jeune Alicia Frochisse qui semble, dès lors, presque grossière. Deuxièmement, la spectacle dure, en tout et pour tout, pas moins de deux heures et demie et bien qu’on ne s’ennuie jamais, il aurait peut-être été de bon ton de prévenir pour éviter toute mauvaise surprise aux lève-tôts et overbookés de la salle. Enfin, comme vous le ferez remarquer vous-même, c’est bien peu de chose vu le plaisir occasionné!

Du 4 au 27/10/2011 à 20h30 sauf les mercredis à 19h30 (relâche les lundis et dimanches) au Grand Varia, 78 rue du Sceptre à 1050 Bruxelles.

Les prix sont de 10 à 20 €. .

de Woody Allen

Mise en scène: Marcel Delval.

Avec: Bernard Cogniaux, Joséphine de Renesse, Pierre Dherte, Alicia Frochisse, Marie-Paule Kumps, Valéry Massion, Hélène Theunissen.

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