Agnès Desarthe – Mangez-moi

« Ouvrir un restaurant ? Quelle idée… C’est pourtant celle qui vient à l’esprit de Myriam, et qu’elle s’empresse de mettre à exécution. Les ennuis commencent car ce restaurant est aussi sa maison. Eviter la faillite, vivre en clandestine et garder le secret sur un itinéraire trop chaotique constituent l’exercice de jonglage auquel elle se livre chaque jour. Qui est Myriam ? Une collectionneuse de contradictions. Un oxymore ambulant. Bannie de chez elle pour une faute inavouable, c’est une âme errante qui n’aspire qu’à la stabilité ; une téméraire qui déteste qu’on la surprenne. Son problème, c’est le temps. Comment faire pour que l’avant et l’après coïncident à nouveau ? Que le passé cesse d’être douloureux et que l’avenir s’éclaire ? Ce livre dont le titre évoque l’Alice de Lewis Carroll est un roman d’aventures spirituelles, en même temps qu’une chronique d’un genre très particulier. Car on se bouscule dans le restaurant de Myriam. Fleuriste amoureux, jeunes filles philosophes, enfants du quartier, et jusqu’à ce cultivateur dont la science des plantes semble infinie, tous participent de la même comédie humaine, lumineuse, mystérieuse : le monde d’Agnès Desarthe. Un monde où le rêve et le réel s’entrelacent, où les disparus reviennent, où le désir voyage.”

Mangez-moi n’est peut-être pas « plus efficace pour le moral que tous les antidépresseurs de la pharmacopée moderne » comme le prétend l’Express mais, on ne peut pas le nier, il a ce petit quelque chose qui adoucit les mœurs et nous entraîne loin de notre grisaille quotidienne, le temps d’une lecture.

Myriam, mystérieuse, atypique traînant un passé lourd de secrets, nous intrigue et ses fantaisies ainsi que son restaurant un peu bizarre – à l’instar de son caractère – ont tôt fait d’attiser notre curiosité. Comment va-t-elle faire pour lancer son petit « chez soi » ? Qui est-elle ? Que cachent ses errances ? Et voilà qu’en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, vous vous retrouvez greffé au bouquin. Les personnages s’accumulent, chacun traînant leur propre histoire, un peu confuse, mais tous mus par la même volonté : celle de faire de ce monde – cette infime partie du monde – quelque chose d’un tantinet plus décent.

Un lieu de rendez-vous peuplé de personnages incongrus – au point qu’ils nous paraissent presque irréels – des mets subtils et divins, quelques livres et une bonne ambiance. Il suffit parfois d’une gargote aux fauteuils confortables, d’un sourire de la part de la caissière, d’une discussion agréable autour d’un verre dans la cafétéria du bureau pour que soudain, le monde nous semble un peu moins froid et cruel (tout comme les requins qui le dirigent).

Voilà probablement ce qu’Agnès Desarthe, armée de son écriture fluide et agréable, a cherché à nous offrir à travers cette invitation à la gourmandise : un havre de paix. Un petit nuage cotonneux sur lequel nous nous sommes volontiers installés, le temps de 274 pages, jouant le jeu – non sans un plaisir certain – et fermant les yeux sur les trop longues diatribes et le positivisme certes exubérant mais tellement séduisant !

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2 Comments

  • Moui moui moui… Tu m’intrigues mais je suis quand même restée sur un sentiment très mitigé après Dans la nuit brune. J’en garde l’impression de légèreté que donne son style mais aussi sa trop grande propension à se disperser et à digresser !

  • Je pense que c’est la même chose ici. Moi aussi ça m’a un peu gêné mais au final, ce n’est pas ce que je gardais en tête (ou ce dont je voulais me souvenir) quand j’ai refermé le livre. Si tu n’as pas été convaincue par le dernier, vaut mieux peut-être laisser celui-ci de côté 🙂

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