Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Tout un spectacle !

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Non, non ! il ne s’agit pas ici d’une question de philo (« C’est donc ainsi que les hommes vivent ? ») ni un sentiment de déception (« Ah ! C’est ainsi que les hommes vivent… »). Non ! Ici, on parle d’un cabaret ! Un cabaret qui vous fera voyager dans le temps !

Le thème ? La chanson française des années 1930, 40, 50, 60 et 70 ! Un  demi-siècle de mélodies réalistes ou poétiques, d’avant et d’après-guerre, que vous avez tous certainement entendu une fois dans votre existence ! Découvrez la bande-annonce du cabaret ici !

Fréhel, Charles Trenet, Serge Reggiani, Yves Montand vous donnent rendez-vous dès pour un dialogue musical qui, bien plus que de vous bercer avec des chansons d’antan, vous plongera dans un univers si riche en création artistique… comme nous l’explique Laurence Briand, comédienne de ce spectacle produit par Toc Toc Art, dans l’interview qu’elle nous a accordé.

Déjà connue pour son spectacle Sur un air de cinéma dans lequel la même époque était mise au goût du jour, c’est, cette fois, de façon plus large que la troupe, composée d’Amélie Segers (comédienne au côté de Laurence Briand), Yvann Drion (accompagnement musical) sous l’égide d’Hélène De Wilde (mise en scène) et Marie-Laure Coenjaerts (coach vocal), a décidé de monter sur les planches !

Le spectacle se joue à la Samaritaine (Bruxelles) du 15 au 19 novembre à 20H30 et au Centre Culturel Action Sud à Viroinval (à la frontière française, à proximité de Chimay) le 9 décembre à 20h.

Un cabaret à découvrir au plus vite !

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Comment votre troupe de comédiens cabaretiers s’est-elle formée ?

Au départ j’avais envie de créer un spectacle musical de chansons françaises. Et j’ai eu l’occasion de faire partie des ateliers de la chanson où j’ai rencontré Amélie Segers qui est également une grande passionnée de chanson française. Je lui ai donc proposé de rentrer dans l’aventure avec moi, ce qu’elle a tout de suite accepté. Quant au pianiste, Yvann Drion, nous avons le même professeur de chant (Marie-Laure Coenjaerts, également coach vocale du spectacle – ndlr) qui nous a présentés, le feeling est tout de suite passé et nous travaillons depuis sur deux spectacles ensemble, celui-ci et « Sur un air de cinéma ».

Pourquoi avez-vous désiré faire un spectacle de ce type ? 

J’aime l’ambiance des cabarets, j’aime le mélange du chant et du théâtre. J’adore la variété dans un spectacle et cette forme permet de passer d’une ambiance à l’autre, d’un personnage à l’autre. Le public ne s’ennuie pas. En Belgique, il y a peu de spectacles cabaret et c’est dommage car, quand on est en France, on remarque l’immensité des spectacles musicaux proposés et on constate que c’est vraiment ancré dans la culture française. D’ailleurs, au festival d’Avignon, il y a une rubrique « spectacle théâtre musical » et c’est super.

L’époque des années 30 jusqu’aux années 70 semble vous passionner (allusion à votre spectacle sur le cinéma traitant plus ou moins de la même époque). Est-ce simplement pour les chansons de cette époque ou plus largement pour toute l’ambiance de ces années traversées par des périodes difficiles (la guerre) et par des périodes d’abondance ?

Oui cette période me fascine. Le vocabulaire était d’une richesse et d’une recherche incroyables. On racontait des histoires au travers des chansons, on était dans l’universel. Les accompagnements se faisaient avec de vrais musiciens en live. C’était une époque riche du point vue de la chanson. Il y avait un nombre invraisemblable de chansonniers de grands talents, Brel, Ferré, Ferrat, Reggiani… mais aussi la chanson réaliste des années 30. Les chansons pouvaient même être drôle tout en étant cruelles, comme la chanson de Francis Blanche « Ca tourne pas rond » que j’interprète dans le spectacle. De plus, ce sont des chansons qui parlent à tout le monde. Aux jeunes parce qu’ils découvrent parfois des chansonniers qu’ils ne connaissaient pas et aux plus âgés parce qu’ils redeviennent nostalgiques d’une époque où les mots et le verbe avaient une importance. Et, bien évidemment que cette époque était difficile, traversée par une guerre, et du coup les préoccupations s’en ressentent que ce soit chez Barbara ou même chez Boris Vian avec Le déserteur. Concernant la chanson, cette époque est pour moi un puits inépuisable et chaque fois que je crée un nouveau cabaret je suis émerveillée car je fais toujours de nouvelles découvertes de chansons qui sont de vrais petits bijoux de drôlerie comme Veuve de guerre ou encore Frantz.

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Que pensez-vous de la musique française actuelle ?

J’écoute la chanson française actuelle et je suis toujours à la recherche de nouvelles choses en dehors des sentiers battus comme la chanteuse L que j’aime beaucoup. La chanson actuelle propose de belles choses mais elle est souvent ego-centrée. On s’éloigne pour moi de l’universel. Et évidemment, il n’y a pas cette conscience collective que l’on retrouve dans la chanson des années 30-70 ce qui est bien évidemment normal puisque nous n’avons pas le recul nécessaire.

Cela prend-il beaucoup de temps de mettre sur pied ce spectacle ?

La création de ce genre de spectacle est très exigeante. Je cherche d’abord l’idée centrale afin de définir le sujet principal du spectacle (dans ce cas-ci une ligne de vie) ; ensuite, je passe à la phase « recherche et documentation ». Puis, à la phase de « construction ». J’assemble, je construis, je déconstruis. Je multiplie les versions. Cette phase-là prend facilement deux mois. Et ensuite, il y a la phase de lecture où je me rends compte des aménagements à faire, ce qui prend encore deux bonnes semaines. Vient alors la phase répétitions des chansons qui prend un bon mois. Et pour terminer, la phase de création, avec mise en scène et répétitions qui prend également entre un et deux mois.

Quelles sont les chansons les plus compliquées à interpréter ? Et les plus faciles ?

C’est surtout l’écoute qu’il faut apprivoiser et tenter de marier aux mieux les trois voix qui sont sur le plateau. Trouver la tonalité qui conviendra à tout le monde pour les chansons communes.

Quelles sont vos chansons préférées ?

Dans le spectacle, j’aime beaucoup Le petit garçon de Reggiani.

Que diriez-vous pour inciter les gens à venir voir ce nouveau spectacle ?

Je dirais que c’est une belle manière de redécouvrir des chansons et peut-être d’en découvrir de nouvelles. Surtout que le parti pris de ce spectacle est de chanter les chansons mais également de les théâtraliser en les parlant. Ce qui permet d’entendre la chanson de manière différente. En effet, tout ce qui est dit est issu de chansons, parfois redécoupées, entrecoupées d’autres textes d’autres chansons. Un doux mélange qui interpelle le public qui peut s’amuser à reconnaître les chansons et qui pourra sûrement les fredonner avec nous. De plus, ce spectacle donne la pêche et met de bonne humeur ce qui en ce début d’hiver, n’est pas de refus.

Ce spectacle minutieusement préparé et interprété est donc à ne pas manquer !

Revisionnez la vidéo du teaser, retrouvez toutes la présentation du spectacle et plus d’informations sur le spectacle sur le site de Toc Toc Art !… Un petit passage qui vous ouvrira l’appétit pour aller les voir de plus près, en live, sur les planches !

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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