Albert Nobbs

« Au XIXème siècle, dans l’Irlande en proie à de terribles difficultés économiques, une femme se fait passer pour un homme afin de pouvoir travailler. Pendant trente ans, elle trompe son entourage, employée dans un hôtel sous le nom d’Albert Nobbs, en tant que majordome… »

Albert Nobbs est sans conteste un film qui perturbe. D’abord en raison de l’interprétation impressionnante de Glenn Close. Ensuite en raison de son histoire pour le moins singulière… que le synopsis ne laisse pas forcément présager.

Un peu naïvement, j’avais imaginé une femme qui se déguisait toute la journée pour travailler mais qui récupérait son identité à la fin de la journée et jouissait d’un minimum de liberté et de féminité. Une femme qui avait une double vie comprenant, peut-être, un mari et des enfants cachés ou dont les aspirations étaient telles : trouver un moyen de redevenir elle-même et d’être épanouie

Mais pas du tout. Certes, les désirs d’Albert sont la liberté et l’épanouissement mais ses rêves sont bien loin de ce que j’avais imaginé. En outre, au-delà de la nécessité du se déguiser pour vivre, Albert cache en réalité un trouble identitaire fort qui ne peut qu’ébranler…

A dire vrai, perturbée, je l’ai été mais bien moins par le trouble identitaire que par le manque d’explications, d’analyses psychologiques fines et concrètes ou de pensées dévoilées et exprimées… D’aucuns me diront que les non-dits et le mystère sont les plus beaux joyaux d’un produit artistique mais, à mon sens, le mystère et la lumière doivent cohabiter en pleine harmonie pour que ledit produit soit abouti. Lorsqu’il y a déséquilibre, je reste sur ma faim, frustrée de ne pas pouvoir comprendre pleinement les tenants et les aboutissants.

De ce fait, même si les acteurs furent à la hauteur de nos espérances et l’histoire aussi intéressante que surprenante, voilà ce qu’Albert Nobbs m’a laissén: un sentiment d’inachèvement.
Au sortir de la salle, deux constatations se sont imposées à moi : la première est que notre (ou, en tout cas mon) inconscient est vraiment parasité par les carcans cinématographiques actuels (émancipation sexuelle, affirmation de soi, recherche du bonheur et happy end) et que c’est tout sauf une bonne nouvelle.

La seconde ? Que pour savoir qui du livre, de la pièce ou du film est la cause de ma frustration, il faudra que je me procure à la fois le texte original et le texte de la pièce… Bref, encore un peu plus de pain sur ma belle planche (à voile, à repasser, à roulettes, à dessin, c’est comme vous voulez) !

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