ALICE du Collectif Illicium

C’est une quinzaine durant qu’Ahmed Ayed a investi l’Atelier 210 avec sa pièce intitulée Alice.

Imprégnée d’influences steampunk, mise en scène de manière sombre et parfois surréaliste, cette version d’Alice aux pays des merveilles a des relents de David Lynch ou encore deTerry Gilliam (surtout l’ambiance de Brazil). Ahmed Ayed et ses acteurs nous ont servi une Alice comme nous l’avions rarement vue. Certains auront peut-être en tête le jeu pc Alice: Madness Returns qui présentait un monde assez noir. Le metteur en scène est un grand fan de ce jeu comme il me l’a avoué après la représentation et on s’aperçoit que le jeu vidéo peut devenir une influence pour d’autres arts de nos jours. Pour ma part, je m’étais surpris à penser à Max Payne et aux cris incessants du bébé pendant le spectacle…les initiés comprendront!

D’après l’œuvre de Lewis Caroll

Si beaucoup retiennent d’Alice aux pays des merveilles l’adaptation cinématographique de Disney ou plus récemment la version de Tim Burton, Lewis Caroll continue de surprendre des générations de lecteurs qui s’aventurent au pays des merveilles.

Le thème abordé dans le roman est universel et indémodable puisqu’il s’agit du passage du monde de l’adolescence à celui des adultes. La perte de l’innocence sexuelle a d’ailleurs été maintes fois abordée par Lewiss Caroll. Du côté de Disney, on relève généralement une critique du totalitarisme tandis que pour Tim Burton, c’est le thème de la théâtralisation qui a été privilégié dans la mise en scène d’Alice.

Mais qu’en est-il de l’adaptation théâtrale de Ahmed Ayed ? A-t-il suivi l’influence de Lewis Caroll dans son roman, la critique de Disney ou encore le parti pris par Tim Burton?

Notre rencontre avec ce jeune metteur en scène tunisien sorti de l’IAD il y a deux ans nous a permis d’en savoir un peu plus sur ce projet.

Sous la loupe d’Ahmed Ayed

Contrairement à ses prédécesseurs, le choix d’un thème précis n’a pas été imposé au public. Au contraire, la volonté est de laisser le spectateur maître de ses propres interprétations. Une pièce de théâtre n’étant pas un film ni un roman, la connexion avec l’audience était primordiale pour Ahmed Ayed. L’ambiance est sombre voire lugubre par moments. Chacun d’entre nous a l’occasion de s’interroger sur le côté obscur qui se cache au plus profond de lui… de se demander si une identité impossible à s’avouer n’est pas enfouie au plus profond de nous. C’est un peu ce qu’Alice va faire tout au long du spectacle grâce à la superbe interprétation de Camille Sansterre.

Et pour rendre cela possible, les dialogues ont été réduits au maximum pour faire place à l’image. On assiste à un théâtre de sensation qui fonctionne avec peu de temps morts. Les costumes, les décors et les jeux de lumières prennent dès lors toute leur importance. Les éléments steampunk, les masques et le lapin ajoutent à l’atmosphère pesante ponctuée de quelques éclats de rires bien dosés. Soulignons le travail fourni par Ronald Beurms sans oublier Ana, Iris et toute l’équipe à ce propos. Car tout le monde a été consulté pour faire de ce spectacle ce qu’il est, et ce même si Ahmed avoue que quand il a une idée en tête, il sait ce qu’il veut et qu’il peut être persuasif avec ses troupes.

What’s next?

Ce projet a connu un franc succès à l’Atelier 210 et nous lançons l’appel à ceux qui aimeraient faire appel à Ahmed et sa troupe pour le faire tourner dans nos frontières ou en dehors.

Au moment où vous lisez ses lignes, il faudra vous rendre à la Maison Culturelle d’Ath le 6 novembre voir le spectacle s’il n’est pas trop tard. En effet, il n’y a pas d’autres dates de prévues pour l’instant. Restez néanmoins attentifs à l’actualité car ce spectacle est vraiment original et cela ne m’étonnerait pas qu’il continue de se produire dans le futur.

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