Amazonia 3D

A la suite d’un atterrissage forcé au-dessus de la forêt amazonienne, un petit singe capucin domestiqué se retrouve isolé dans l’immensité d’un univers qu’il ne connaît pas. Une succession d’expériences et de découvertes vont amener le petit capucin à appréhender son nouvel environnement afin d’y survivre.

L’Amazonie en 3D, vous en rêviez ? Thierry Ragobert, déjà auteur de La Planète Blanche, qui abordait avec une approche similaire le continent Arctique, l’a fait pour vous.

Un travail colossal, un aboutissement de sept années de labeur, dont deux années de recherches scientifiques en étroite collaboration avec des biologistes et des spécialistes animaliers pour assurer l’authenticité de chaque séquence. Amazonia 3D est tout simplement la plus grosse production jamais tournée dans la forêt amazonienne et le premier film animalier en 3D.

Amazonia 3D aligne les superlatifs, pour le meilleur et le moins bon, puisqu’au lieu de montrer la forêt amazonienne à travers le récit d’un petit singe capucin, il privilégie l’exposition un peu trop systématique de la faune et la flore amazonienne, telle une encyclopédie filmée, au détriment de l’histoire du singe capucin. C’est beau et majestueux, mais sans le commentaire d’un documentaire et sans les dialogues d’une intrigue ténue et forcément muette, le film a tendance à paraître un peu long et répétitif.

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La 3D paraît d’ailleurs bien accessoire, tant la beauté des images se suffit à elle-même, tant cette forêt dense ne paraît pas vraiment appropriée à la 3D. Elle permet quand même quelques belles séquences, mais trop peu pour ne pas craindre que la 3D soit ici un artifice pour faire de ce film un succès commercial. Pourquoi pas après tout.

Rien à redire sur le petit singe capucin qui est absolument impressionnant. Sa palette d’expressions, en plus de risquer de faire des envieux parmi certains acteurs monocordes, rappelle à quel point nous sommes proches et souligne avec finesse que l’homme, con comme il est, scie la branche sur laquelle il est assis.

Parce que Thierry Ragobert a le bon goût d’aborder la problématique de la déforestation sans pathos, mais avec une infinie justesse. Plus que l’industrie, il dénonce en quelque sorte les amoureux de la nature du dimanche que nous sommes ou avons tendance à être. Victimes consentantes d’un système que l’on perpétue en se donnant bonne conscience.

Malgré les quelques défauts, cet opéra sauvage se laisse voir sans déplaisir et a le mérite de conscientiser sans surenchère émotionnelle.

A voir dès le 25 décembre 2013.

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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