« Amy » : un hommage à la chanteuse

Je suis allée voir avec curiosité ce film. Car j’aimais beaucoup les chansons d’Amy Winehouse, mais je ne connaissais pas grand-chose de sa vie personnelle. Je ne la voyais que comme une droguée qui n’avait réussi à faire qu’un album et qui avait beaucoup maigri en très peu de temps. Je n’avais en tête que des clichés. Et ce film/documentaire construit sur la seule base de vidéos d’archives, m’a en quelque sorte ouvert les yeux sur cette grande Dame, véritable icône de la musique jazz.

Ce film est, avant tout, une façon de rendre hommage à Amy Winehouse en montrant son vrai visage. Loin de l’image destructrice qu’en ont donnée les tabloïds. On y voit la jeune fille qu’elle était à ses débuts. Le talent qu’elle avait déjà, et son amour pour la musique jazz. Cette fille était une passionnée, qui ne trouvait du réconfort que dans la musique. A tel point qu’elle ne vivait qu’à travers la musique, et ne pouvait écrire que sur des choses qu’elle avait vécues. Le portrait qu’en fait le réalisateur Asif Kapadia est touchant et révèle sa forte personnalité, mais aussi la fragilité de la chanteuse. Elle n’a d’ailleurs jamais souhaité devenir célèbre et avait prédit sa descente aux enfers si elle le devenait lorsqu’elle était jeune. Déjà fragile depuis son adolescence, elle est tombée dans la boulimie à cet âge et n’en est jamais ressortie. La pression qu’elle a subi lors de la sortie de son album Back In Black n’a fait qu’attiser ses démons intérieurs.

« Elle n’était pas forcément née pour devenir célèbre. D’ailleurs, ce n’est le cas de personne. Amy était une jeune fille d’origine juive du nord de Londres qui est devenue un phénomène de société, et la présence de ses deux amies tout au long du film nous rappelle ses origines. Amy n’avait rien d’un Justin Bieber. Elle n’a pas été fabriquée par Disney. » Gay-Rees, producteur du film.

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Elle avait toujours eu un penchant pour l’alcool et la drogue. Mais c’est le succès et son copain de l’époque qui l’amènent à tout essayer, toutes les drogues, et à très vite devenir complètement accro. Et c’est malheureusement l’image qu’elle donnait à cette époque dont tout le monde se souvient. Elle a pourtant tenté de s’en sortir, tout comme le montre le film. Elle avait d’ailleurs arrêté la drogue avant de mourir. Mais son addiction à l’alcool et ses problèmes alimentaires surtout l’ont affaiblie et ont causé sa mort précoce  à 27 ans.

Le film est conçu entièrement d’images et de sons d’archives agrémentés de voix off, qui proviennent de centaines d’entretiens sonores réalisés auprès des proches de la chanteuse. Le réalisateur a réussi à avoir des entretiens inestimables pour comprendre la personnalité complexe d’Amy: dont ceux de ses deux plus anciennes amies, Juliette Ashby et Lauren Gilber ou encore son premier manager, Nick Shymansky. Ces personnes avaient jusqu’alors refusé de parler de la chanteuse depuis sa mort. Le fait que ces entretiens n’aient pas été filmés donne une esthétique sonore au film. En effet, ce n’est qu’à travers le voix des intervenants que l’émotion passe et c’est magnifique.

Pour Senna, le premier documentaire du réalisateur (documentaire autour de la vie du pilote de formule 1 Aston Senna), les images d’archives étaient nombreuses. Ici, un long travail de recherche a dû être mis en place et ce pendant 20 mois. L’équipe a aussi réussi à trouver des solutions ingénieuses qui permet de garder l’esthétique du film lorsque les images d’archives étaient manquantes. En effet, par exemple, l’une des périodes des plus sombres d’Amy réside dans son histoire d’amour avec Blake Fielder, histoire pour laquelle il n’y avait que très peu de vidéos. C’est donc à base de bribes de films et de plans fixes que l’équipe du film a pu combler ce manque. Notamment grâce au monteur Chris King. De plus, les vidéos et les sons ont été retravaillés de telle façon que le film offre une vraie continuité narrative, autant visuelle que sonore.

Mandatory Credit: Photo by James McCauley/REX (679380o) Amy Winehouse Vodafone Summer Series, Somerset House, London, Britain - 20 Jul 2007
Mandatory Credit: Photo by James McCauley/REX (679380o)
Amy Winehouse
Vodafone Summer Series, Somerset House, London, Britain – 20 Jul 2007

Faire un film, c’est aussi effectuer un choix dans les scènes pour suivre un fil narratif. C’est d’ailleurs ce choix qui a fait grincer quelques dents. Comme notamment celle du petit ami d’Amy Winehouse lors de sa mort. Il reproche au réalisateur d’avoir sciemment écarté certaines périodes de la vie de la chanteuse afin que son fil narratif soit respecté et tronquant ainsi quelques parties de sa personnalité.

Ceci dit, ce qui est sûr c’est que ce film rend hommage à la chanteuse et nous offre à voir un autre aspect que celui que les tabloïds nous ont montré. De plus, il est évident que le réalisateur devait être amené à faire des choix. Mais les images d’archives et les entretiens donnent une véritable authenticité au documentaire. Si vous aussi vous souhaitez en savoir plus sur la chanteuse, courez le voir!

Sortie au cinéma ce 8 juillet 2015

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Passionnée par l'écriture, j'ai fait des études de journalisme et me voilà maintenant journaliste freelance et rédactrice (c'est un peu comme une vie de saltimbanque avec de la déontologie et un peu de sérieux en plus!). Parfois aussi je prends ma caméra et j'arrive même à en faire des reportages.

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