Anima 2013 – Au coeur de l’Europe

Une sélection de films contemporains en provenance d’Europe centrale et septentrionale. Cette région, qui traîne derrière elle un long passé glorieux en terme de cinéma d’animation (et en particulier la République Tchèque et la Pologne qui produisirent pendant un temps ce qu’il y avait de mieux au monde), continue d’être fertile, bien que peu de films arrivent jusqu’à nous, si ce n’est dans des programmations spéciales comme celle-ci.

Si les jeunes cinéastes ont malheureusement quelque peu perdu ce ton si particulier — mélangeant humour à froid, surréalisme appuyé et satire politique — qui faisait les beaux jours des amateurs de bizarreries loufoques, leur virtuosité ne s’est pas éteinte, loin de là. On la retrouve ici particulièrement dans la qualité des bandes-sonores, particulièrement soignées comme celle de Paper Box, évoquant le froissement musical comme on froisse une feuille de papier avant de la jeter, et par là-même le thème de la mémoire qui s’efface, du souvenir qui disparaît. En effet, le film raconte comment une boîte de photographies est retrouvée dans les décombres d’une ville après le passage d’une catastrophe naturelle. Ces photos pratiquement effacées défileront devant nos yeux, pendant que des voix tenteront en vain d’identifier ces hommes et ses femmes d’un autre temps, et nous-même de plonger dans un brouillard opaque, celui du temps qui fuit.

Ou encore les sons électroniques venant rythmer Twins, film absurde et drôle dans lequel deux frères siamois s’entretuent dans des matchs de boxe à l’image, dans des cacophonies très sixties au son.

Notons aussi une certaine fascination pour les défilement de lignes et de formes, qui renvoie au cinéma expérimental. Dans Sleepincord, une jeune femme endormie voit ses rêves se matérialiser à moitié au moyen d’une ligne crayonnée qui s’agite et court le long de l’écran produisant un amas de signes qui alternent entre figures abstraites et concrètes. Un film assez onirique et contemplatif dont le thème et la forme, un défilement hypnotique quasi ininterrompu, se complètent.

Enfin c’est un mouvement vertical qui nous absorbe dans I Am Simon, film assez sombre sur une société sur le point d’exploser, vu à travers les yeux d’un chien. Les séquences de course en vue subjective produisent leur petit effet.

Cela et d’autres curiosités à découvrir dans une programmation qui sera rediffusée le mardi 12/02 à 20h, au Studio 5 de Flagey, tarifs de 5 à 7,50€.

Plus d’infos sur le festival Anima

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Cinéphile farouche, monteur et vidéaste pittoresque

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