Anna Gavalda – Ensemble, c’est tout

Dans nos mains, un roman non policier, du 21e siècle, écrit par une demoiselle (un peu de féminisme ne nous fera pas de tort, n’est-il pas ?).

Anna Galvalda ne se destinait pas à devenir écrivain. Pour tout vous avouer, elle rédigea sa première nouvelle dans la salle d’examen où elle était en train d’échouer le concours de Sciences-Politiques. Et, bien qu’elle ait fait une maîtrise de lettres à la Sorbonne, elle collectionna les petits boulots avant d’écrire son premier recueil de nouvelles en 1999. Mais « Hop, c’est parti ! Décollage immédiat ! » Il est traduit dans de nombreuses langues et elle décide de continuer à écrire.

Ensemble, c’est tout n’est que son deuxième roman mais il reflète bien son style : un vaste « meltingpot » d’humour, de tristesse mais aussi d’insouciance croisant la lucidité, saupoudré de gaieté et étonnant de perspicacité. Ce qui en fait, pour le lecteur, un moment de répit, un havre de paix… Il suffit d’y plonger le nez pour ne plus pouvoir le déposer (ce qui, en soi, peut être ennuyeux pour aller aux toilettes, ou partager des repas en famille, etc.). Pourtant, ce n’est qu’un roman qui raconte l’histoire de quatre personnes, aussi éloignées l’une de l’autre que vous et moi et qui, par un concours de circonstance, finissent ensemble… C’est tout !

Anna Gavalda l’avoue elle-même en révélant que :

« Ce livre ne raconte rien d’autre qu’une histoire d’amour.
Une histoire d’amour entre quatre éclopés de la vie.
Camille, Franck, Philibert et Paulette.
Des bons à rien, des cabossés, des coeurs purs.
Quatre allumettes placées ensemble au-dessus d’une flamme.
Et, pfiou…
Tout s’embrase. »

Tout commence avec Camille, 26 ans, poids plume dessinatrice, qui a renoncé à son talent et fait des ménages pour payer le loyer de sa chambre de bonne près du Champ-de-Mars à Paris, d’une précarité sans pareille. Quelques étages plus bas vit Philibert Marquet de la Durbellière, de dix ans son aîné, bègue, emblème d’une noblesse désuète. Il n’est que le gardien provisoire de cet immense appartement de famille. Passionné d’Histoire, il vent des cartes postales dans un musée. Cohabite avec lui Franck Lestafier, un cuisinier de 34 ans un peu rustre, excellant dans sa fonction pourtant exténuante, il aime la musique techno, les motos et les filles d’un soir. Il suffit d’un simple bonjour échangé par Camille et Philibert dans les escaliers de leur immeuble et, petit à petit, échangeant de douces discussions, réunis par leurs malheurs et leur amour du calme et de la sérénité, ils deviennent amis.

Lorsque Camille tombe malade, Philibert l’emmène de force dans son appartement et l’oblige à vivre avec eux, du moins jusqu’à ce qu’elle se rétablisse. Là, c’est le choc ! Camille rencontre Franck, Franck rencontre Camille et ils se détestent tout de suite. Rien ne les réunit. Il n’aime pas cette petite maigrichonne qui râle pour un oui ou pour un non et qu’il l’empêche de vivre chez lui comme il l’entend. Elle exècre ce gros balourd égoïste qui n’a aucune sensibilité, et qui fait du tintamarre à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. L’on suivra avec un sourire au coin des lèvres leurs petites querelles que Philibert tente d’apaiser. Tout bascule le jour où Camille est obligée d’accompagner Franck qui va rendre visite à sa grand-mère, Paulette. Cette vieille dame, forcée de quitter sa jolie petite maisonnette, vit dans une maison de retraite, attendant avec impatience les rares instants où son petit-fils peut venir la voir. Le cœur sur la main, Camille n’hésite pas un instant : « On la prend avec ! ». Et voilà que l’appartement ne contient  plus trois estropiés mais quatre.

Puis, peu à peu, ils s’apprivoisent et décident de prendre leur avenir en main : Philibert prend des cours de théâtre pour vaincre sa timidité, Camille recommence à dessiner, Franck décide de retrouver sa passion pour son métier et de leur mitonner de bons petits plats et Paulette, qui ne veut surtout pas les gêner, se laisse aller à cette nouvelle vie entourée de ces jeunes semblables à elle-même, cabossée, pleine de coups, mais avec un cœur gros comme ça (oui bon, c’est un peu dur de le voir comme ça, par écrit,  mais  tentez au moins de l’imaginer). Quant au résultat… Vous le découvrirez par vous-même ! (Un peu de suspense, que diable !)

Le roman s’étale sur une année. Une année d’amour, de haine, de compromis, de sourires, de silences mais surtout une année d’amitié avec toutes ses contradictions, à la fois indulgente et intransigeante.

Bref ! Anna Gavalda : un sacré petit bout de femme, comme Camille, comme toutes les femmes, chacune à leur façon…

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2 Comments

  • J’aime ! Et je trouve que le film retranscrit bien toutes les phases par lesquelles les personnages passent.
    J’avais aussi adoré « L’échappée belle », je sais que toi aussi ! 🙂
    Par contre, j’avais moins aimé « Je l’aimais » et « La consolante »…

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