Après RANGO, Gore Verbinski (re)donne un coup de fouet au Western avec Lone Ranger!

Fort du succès planétaire de la saga Pirates Des Caraïbes, le tandem Gore Verbinski – Johnny Depp revient avec un western complètement barré toujours signé Disney et produit par Jerry Bruckheimer.

Depuis (déjà) une décennie, Johnny Depp porte sur ses épaules l’une des franchises les plus rentables d’Hollywood. Et aujourd’hui, le pirate aux millions de dollars semble ne signer que des films dignes des plus grandes attractions du parc aux grandes oreilles et uniquement destinés aux moins de 15 ans…

En Jack Sparrow, en Chapelier Fou (il tournera bientôt la suite de Alice), en Willy Wonka ou encore en Magicien d´Oz (c’est lui qui était pressenti pour incarner le personnage de James Franco mais pas conciliable avec le tournage de Lone Ranger), les films de Johnny Depp (même si on les aime!) s’adressent davantage à nos enfants et malheureusement de moins en moins à nous, adultes qui l’avons découvert il y a 25 ans dans 21 Jump Street puis Arizona Dream ou Dead Man…

Depuis bientôt 10 ans, chaque nouveau film de Johnny Depp me questionne:

Aurions-nous à ce point vieilli et perdu notre âme d’enfant ?

Avec LONE RANGER, le héros de notre enfance qui vient de fêter ses 50 ans, prouve que non!

Lone Ranger reste un divertissement estival mais qui ravira (enfin) petits… et grands!

L’été 2013 ne sera pas l’année de tous les succès mais celui de tous les dangers. Après les échecs de MAN OF STEEL (ma critique), STAR TREK INTO DARKNESS, PACIFIC RIM ou WOLVERINE, l’été s’annonce particulièrement meurtrier pour les studios hollywoodiens et leurs blockbusters.

Mais si le public américain est passé à côté de Lone Ranger (aux USA, le film est considéré comme le bide de l’été) croyez – moi, il est bien loin d’être un mauvais film à comparer avec les productions du moment, sans fraîcheur ni originalité, qui nous servent du Super-Héros à toutes les sauces… Il est contemporain de Superman (tous deux créés en 1933) et il porte un masque, mais ce Lone Ranger n’est pas un super héros, ni le héros de multiples suites ou reboots (du moins pour le moment…).

Loin du super héros à la mode que Gore Verbinski prend d’ailleurs un malin plaisir à tourner en dérision (à travers le masque dont tout le monde se moque), ce héros-là ne vole pas et n’a pas de super pouvoirs. C’est un héros, un vrai, qui se situe davantage du côté d’un Robin des Bois ou d’un Zorro version western: un cowboy masqué qui va parcourir le Grand Ouest monté sur Silver, son cheval blanc et accompagné de Tonto, l’indien, afin de faire régner la justice et défendre la veuve et l’orphelin.

Après The Brave (seul et unique film réalisé par l’acteur) et Dead Man, Johnny Depp incarne Tonto de la tribu comanche et endosse pour la 3ème fois de sa carrière le rôle d’un indien, comme pour rendre hommage à ses racines et origines Cherokee. Les pitreries et mimiques rappellent certes un peu celles de Jack Sparrow, mais cela n’est pas pour nous déplaire.

Et si Armie Hammer rime parfaitement avec Lone Ranger, c’est tout simplement parce que ce rôle lui va comme un gant. Celui qui aurait pu être facilement éclipsé face à Johnny Depp confirme sa « naissance » sur grand écran et se révèle être le nouvel « héros » du cinéma américain. Révélé dans THE SOCIAL NETWORK (il incarnait les jumeaux) et plus récemment en prince Andrew Alcott dans BLANCHE NEIGE, on risque d’en entendre beaucoup parler…

La dernière production Disney nous offre un casting de choix et des aventures originales qui vous changeront des super héros, sequels, prequels ou autres reboots qui monopolisent actuellement les écrans (en 2013, on compte pas moins de 13 suites et autant de franchises). Certes, Lone Ranger est une énième franchise mais elle est encore, pour le moment, complètement étrangère en France.

Figure majeure de la culture populaire américaine (qui existe sous forme de dessin animé, feuilleton radiophonique, série télévisée et 5 adaptations cinématographiques…,) ce nouvel héros qui débarque est aussi peu connu en France que culte au pays de l’Oncle Sam.

Truffé d’humour et d’actions, les ados en vacances vont adorer (surtout s’ils jouent encore aux cowboys et aux indiens) et comme c’est aussi un beau voyage au coeur du Far West américain ponctué de petits clins d’œil sympas, le film ravira aussi les parents.

Aussi survolté, aventurier et halluciné que RANGO (que j’avais personnellement adoré), j’ai trouvé les deux univers assez proches.

Tout aussi inventif, référencé, drôle et intelligent, on y retrouve la même maturité du propos couplé au sens de l’absurde qui plaira aux adultes.

Lone Ranger est tout d’abord un bel hommage aux plus grands westerns classiques, genre auquel Gore Verbinski redonne un bon coup de fouet comme il l’a fait aux films de pirates et qui pourrait, pourquoi pas, attirer les fans du genre….

Et puis, depuis DJANGO UNCHAINED, le film de tous les records et le plus gros succès de Tarantino en France, le western a prouvé qu’il avait son public.

Si les méchants sales et grimaçants semblent tout droit sortis d’un western spaghetti, c’est que Verbinski est un fan absolu du genre.

On se souvient que dans l’excellent RANGO (dont chaque plan était un hommage à IL ETAIT UNE FOIS DANS L’OUEST et à Sergio Leone à travers les personnages de « Jack La Morsure » qui épouse les traits de Lee Van Cleef ou de « L´esprit de l’Ouest » qui n’était pas sans rappeler Clint Eastwood), Verbinski lui avait déjà redonné ses lettres de noblesses et prouvé que le genre n’était définitivement pas mort.

Digne d’un bon western, le film nous embarque dans des décors grandioses, ceux de Monument Valley qu’un certain John Ford immortalisa à travers 7 de ses films.

Le film débute par une belle mise en abyme à travers un petit garçon déguisé en cowboy, qui dans une fête foraine (lieu qui n’est pas sans nous évoquer le cinéma des origines) va rencontrer Tonto, l’indien, et découvrir la légende de Lone Ranger pour découvrir, à travers elle, les origines et l’histoire des Etats-Unis.

Et si Hollywood n´a pas toujours montré les Amérindiens sous leur meilleur jour (souvent réduits à l’image du bon sauvage ou du faire – valoir comme c’est d’ailleurs le cas dans le Lone Ranger original), le film tend à faire changer les mentalités, à travers cette amitié entre un cowboy et un indien. Lone Ranger honore et rend hommage aux indiens, ces pionniers oubliés des Etats-Unis d’Amérique, mais aussi aux inventions.

L’un des éléments principaux du film est Le Transcontinental, ce train qui traversera bientôt tout le pays. Le tracé du train, qui incarne le progrès, est le fil conducteur du film. La moitié du film se déroule en effet à son bord ou sur son toit, sans oublier le colossal de la scène finale, totalement maîtrisé avec 15 minutes de grand spectacle comme sait nous en offrir Verbinski. Mais je ne vous en dis pas plus… si ce n’est:

Laissez-vous raconter cette histoire et redevenir, le temps de ces quelques 140 minutes, un enfant… Sachez que si vous embarquez pour la dernière production Disney, le voyage risque d´être un peu long (je reprocherais au film 20 minutes de trop), mais au vu de la qualité des blockbusters de cet été, il tire largement son épingle du jeu!

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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