Arnaque, cocaine & bricolage

« Cinq petites frappes se retrouvent pour le casse du siècle: un magot enfoui dans les murs du château d’une Comtesse russe. Et évidemment, ce sont de joyeux bras cassés, doués pour rien à part pour nous faire rire. La pièce est écrite comme un film, avec des répliques qui claquent comme des coups de revolver. Cela pourrait être une version moderne des Tontons Flingueurs revus par les frères Coen, avec des personnages tellement ratés qu’ils en deviennent méchamment attachants. Un spectacle haletant dont vous sortirez avec une certitude, celle de ne pas avoir été volé. »

Voici une pièce qui tombe à pic pour les fêtes. Vous savez, cette période où le soleil nous fait un splendide doigt d’honneur tous les soirs en allant se coucher avec les poules, où on a des loupiotes qui prolifèrent soudainement, où les magasins nous mettent à l’épreuve en décorant leur vitrine pour nous tenter d’acheter mille et une futilités qui nous mettent à sec et nous obligent à crever le budget pour les rituels cadeaux de fin d’année et, par extension, à lui* creuser une belle tombe dans laquelle on saute nous-même… à un pied (par solidarité, tout ça). Voilà, cette période-là où on n’a vraiment pas envie de « s’emmerder » à aller voir des pièces tristes ou intellectuelles qui risquent d’avoir pour seul effet la mise du deuxième pied dans le caveau pour achat massif d’anti-dépresseurs.

Concrètement? Le scénario est sympathique – bien que pas suprêmement évolué -, les comiques de genre sont diversifiés et bien utilisés, le décor minimaliste remplit son office, les acteurs (dont les illustres Didier Colfs et Patrick Ridremont)sont tous parfaitement dans le ton et certaines scènes sont particulièrement croquignolesques et bien pensées (nous songeons notamment à la scène que nous nommerons « tentatives d’appels téléphoniques » qui, tant au niveau des comiques que de la disposition des acteurs est très bien articulée).

Malgré tout, nous devons tout de même vous mettre en garde: si vous passez un bon moment, n’espérez pas pour autant déceler dans Arnaque, cocaïne et bricolage plus d’une once de subtilité ou de calembours intellectuellement élevés. Il s’agit ici de voyous pas très futés qui, même s’ils vous réservent quelques surprises, restent constamment engoncés dans le stéréotype qu’ils incarnent. N’espérez donc pas qu’ils sortent de leur parfait état de cliché ambulant pour vous offrir une phrase à l’aspect psychologique plus poussé ou un trait d’esprit d’origine mystérieuse et intrigante.

Quoi qu’il en soit, la pièce se laisse donc regarder avec plaisir et sans avoir à un seul moment (ou presque) à réactiver son cerveau et c’est, il faut le dire, parfois (mais pas toujours, non plus) agréable.

Du 01 au 30/12/2011 à 20h30 du mercredi au samedi et le 31/12 à 21h30 au TTO dans la Galerie de la Toison d’or à 1050 Bruxelles. Les places sont de 10 à 16 €.

De: Mohamed Rouabhi

Avec: Ahmed Ayed, Didier Colfs, Nina Drecq, Clément Manuel, Nicolas Ossowski, Patrick Ridremont et Thomas Stuyk

Mise en scène: Olivier Massart

* Je parle du budget, hein! Suivez un peu aussi!

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