As sweet as it gets…

Quand un artiste belge est à l’honneur au Bozar, il serait quelque peu stupide de le manquer, ne pensez-vous pas? Après tout, qu’il soit Flamand n’enlève rien à sa belgitude, hein? Parce que l’art transperce les barrières linguistiques et que les illum… euh… les artistes, pardon, n’ont que faire des gueguerres politiques (quoiqu’avec les réformes liées à leur statut, ils se sont vaguement rendu compte qu’il serait peut-être temps de s’y intéresser).

Bref, Borremans, Michaël de son prénom (Jeroen ou Geert auraient été plus cliché mais on ne choisit pas sa famille, encore moins son prénom) est encore au Bozar pour quelques mois (jusqu’en août, très exactement) et ce, pour votre plus grand bonheur.

Ou pas… En effet, il serait naïf de croire que son oeuvre respire la joie de vivre. Borremans n’est pas l’un de ces artistes gais lurons qui peignent des couchers de soleil sur la Tamise ou des jeunes filles déjeunant sur l’herbe et riant à gorge déployée, non.

Son oeuvre se classe plutôt dans un réalisme cynique qui hypnotise autant qu’il déroute. Sobres, souvent sombres, ses oeuvres sont à la fois d’une simplicité déconcertante et d’une maîtrise incontestable. Ce n’est pas la beauté de la toile qui attire mais la volonté de l’artiste qui interpelle. Ses peintures sont brutes, parfois dures, elles nous arrachent quelques interrogations existentielles et de nombreuses réflexions sociologiques.

Borremans serait-il la Madeleine Bourdouxhe de la peinture flamande? Car certaines peintures nous font furieusement penser à la femme de Gilles… Quoi qu’il en soit, Borremans a indubitablement hérité des grands artistes belges tels que Maeterlinck, Lemmonier, Magritte et même Brel, un mélange lui donnant ce style inimitable qui est le sien: une sorte de réalisme symbolique aux tendances surréalistes.

Un style qui, bien que peu réjouissant, mérite d’être connu et reconnu, ne serait-ce que pour connaître et reconnaître l’histoire de notre curieux – et pas si vieux – plat pays et ses stigmates

« As sweet as it gets » au Bozar jusqu’au 03/08. Plus d’infos sur le site du BOZAR.

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