Vous avez dit GOA ?

Psytrance à Bruxelles

Vous vous êtes essayés à la boxe mais vous teniez trop à votre nez ? Vous avez testé la zumba mais la musique était difficilement supportable ? Par moments, vous avez des envies de faire la sauterelle mais vous appréhendez le ridicule à lancer vos bras n’importe comment n’importe où ? Vous n’avez simplement pas d’idées pour vous défouler et vous booster alors que l’hiver s’acharne sur votre métabolisme et il s’avère que vos oreilles résistent assez bien aux hautes fréquences, que les acouphènes soient devenus vos amis avec le temps, et que votre corps s’abandonne assez aisément ? Ne ratez pas les nuits psytrance au Bazaar, organisées par High Frequencies. Les GOA sont suffisamment rares pour qu’en plus – lorsqu’elles viennent à nous, à Bruxelles – nous rations ça.

╰ઢ╮Champignons d’accord, mais encore ? ╭ઢ╯

Avant toute chose, de quoi parle-t-on ? La transe est un état d’exaltation chez un individu, alors transporté hors de lui-même, hors du monde réel. Le psychédélique est un état d’amplification des sens chez un individu, alors empreint d’hallucinations. En effet, on se frotte au délire ou l’on ne s’y frotte pas : c’est tout un monde. Mais il ne faut pas le craindre, et on peut ne prendre que ce qui nous botte. Certes la majorité des nez percés, cheveux dredlockés et tout le reste (sans littérature) sont sous ecsta’ ou autres. Cela ne signifie pas que GOA et drogue sont indiscociables. Plus particulièrement ici, le Bazaar ne tolérant aucune drogue au sein de l’établissement, la question ne se pose pas.

╰დ╮ Graphiquement et scéniquement ╭დ╯

C’est la culture hindou (bouddha, namaste, yoga et caetera), la nature (cosmos, planètes, vastes forêts, champignons et lichen), les couleurs fluorescentes (nous parlions d’amplification des sens, couleurs donc poussées à l’extrême). Lors de la dernière soirée d’High Frequencies, l’organisation avait fait appel à des artistes de la région germanophone pour la création de méduses et d’aquariums, entre autres choses. Les fêtes trance ne sont pas que musicales. Il y a tout un travail plastique et visuel en amont.

╰დ╮ Musicalement ╭დ╯

Ce sont les boum-boum vrombissants qui percutent votre poitrine (hein, d’abord). Les dissonances harmoniques dérangeantes, les distorsions rythmiques, les superpositions de riff, les ombres synthétiques planantes (somme toute tout ce dont votre cevreau se fout et tout ce que votre corps va aimer). Ce sont les reverb, les jeux de volume d’une voix à l’autre qui vous font tourneeer la têteuuuh. Alors après cela, ne me demandez pas la différence entre le new beat, la techno, les hard, dream, ethno ou encore acid trances, les progressive, dark et forest psytrances. Vous trouvez généralement les musiques morning plus aériennes et joyeuses, à contrario des night dark, plus chaotiques et tourmentées. Bon, moi – vous vous doutez bien que – ma GOA préférée est celle qui joint à ses compos du trad et mix des thèmes folk (ce lien vous ammène à ma petite madeleine de Proust erasmussienne).

╰დ╮ Empiriquement ╭დ╯

C’est abandonner toute idée du temps et de l’espace (étrangement, six heures à danser non-stop semblent plus que faisables, quant à l’espace… si vous partez un peu trop loin en fermant les yeux, bousculer son voisin reste malgr2 tout peu swag, ce démontrant que les transeux sont soucieux de l’esthétique et qu’il ne s’agit pas d’un pogo comme beaucoup m’ont déjà dit!). C’est nager ou coller... dans sa sueur et dans la chaleur humaine. Ce sont des gens souriants et peacefull (manquerait plus qu’il ne s’agisse du contraire), en majorité un peu jeunotS. Enfin ce sont les acouphènes et la bouffée d’air frais quand vous sortez du Bazaar (mais nombre de   GOA se font à l’air libre, cadre originel qui reste encore et de loin le plus approprié).

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╰ઘ્પ╮ Un lieu sur mesure, le Bazaar ╭ઘ્પ╯

Deux salles, deux univers, trois niveaux, de l’espace pour danser et déambuler, le Bazaar se situe à deux pas de la Place Poelaart (Rue des Capucins au 63). Le Bazaar est une des salles incontournables de la région. Au coeur des Marolles, il programme autant que possible des line-up originaux, souvent sur le leitmotiv de l’electro avant-gardiste. La Mainroom est une salle spacieuse, avec mezzanine et bar latéral. Le Basement est une petite cave à alcoves en briques. Tout ce qu’il y a de plus intimiste et underground.

╰ઘ્પ╮ High Frequencies ╭ઘ્પ╯

High Frequencies est issu de l’asbl Symbiosis, basée à Bruxelles. Cette dernière, fondée en 2014, a pour but de promouvoir les musiques émergentes et underground. Elle organise donc des soirées mais a également des artistes en résidence. High Frequencies naît du désir d’amener les fêtes GOA en ville. C’est l’envie de proposer au public des artistes internationaux qui tournent depuis quelques temps, l’envie de faire monter aux platines des DJ locaux. High Frequencies propose des prix très abordables pour ses soirées (12 euros l’entrée en prévente et avant minuit, 15 euros après minuit) et la bière n’est pas chère du tout au Bazaar. Et tout cela sans omettre le line-up démocratique : une bonne dizaine d’artistes se succèdent toute la nuit, jusque 6h. Les prochaines dates… aujourd’hui, samedi 11 février (!) et vendredi 14 avril.

 

╰ત્ઢ╮ Le dress code… ╭ત્ઢ╯

Couleurs phosphorescentes de nuit, crâmoisies de jour (peuples sortis de la terre battue), le code vestimentaire de la psytrance n’est pas vraiment à respecter. Venez en jean, avec chemise blanche, cheveux gominés ou en bermuda à fleurs polynésiennes… Qu’importe lorsque l’on sait qu’une heure après votre arrivée, vous aurez abandonné votre chemise dans un coin et votre chevelure ne sera que plus belle, ébouriffée à la transpiration. Dreadlocks, tresses et perles, percing, bracelets, jupes longues déchirées, ceintures de cuir à poches, tee-shirt ganesh ou torses-nus et tatouages au rendez-vous, cela va sans dire. Les bienheureux ne manquent ni de cachet ni d’inventivité.

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En Belgique depuis 2 ans, je suis passée par différents paysages culturels bruxellois. Ce pays est fabuleux et Culture Remains est là pour nous le rappeler ! Vous me trouvez surtout dans la rubrique musique. Mon dada? Les musiques trad et électro. Mon quotidien? badminton, musées, concerts, vélo, voyages, cinéma, bavardages. Je parle fort et suis un peu j'tée, mais si vous me lisez, ça va mieux.

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