Babetida Sadjo – Interview

 Aujourd’hui, l’une des actrices des monologues du vagin 2012 nous livre ses confessions les plus intimes… Ou pas!

A votre avis, pourquoi les monologues du vagin est une pièce qui doit être vue ?

Outre le fait que c’est une pièce à fort engagement politique, féministe et qui fait état de la situation de la femme en général par rapport à la sexualité, c’est une pièce qui rassemble femmes et hommes au tour de cet endroit, le vagin, où grandit la vie. Les monologues du vagin est donc une pièce qui doit être vue encore et encore, car à chaque fois il y a une dimension qu’ on redécouvre et aussi parce qu’on rit, qu’on est ému et qu’en tant que public on se fait nos propres réflexions de manière instantanée. Du coup, à la fin du spectacle, c’est chouette de voir des couples, des amies se regarder avec un regard entendu sur ce qu’il viennent d’entendre.

Quand on vous a proposé de participer au projet, quelle a été votre première réaction ?

oh, oh, oh… mmmmh… Génial ! Mais comment vais-je faire? Qu’est-ce que je vais apporter? comment je vais lever le voile sur ma propre pudeur afin de me rendre au plus près du sujet? je suis arrivée à la répétition avec toutes ces questions mais tellement heureuse de participer à ce « mouvement »! J’aime bien les sujets qui brûlent les lèvres.

Concrètement qu’apporte selon vous la dimension africaine à la pièce ?

C’est la question à laquelle il m’est le plus difficile de répondre à chaque fois, car elle me parait évidente dans le sens où ce que nous apportons c’est nous avec toute la différence que ça comporte, avec un autre rapport à la sexualité, à la sensualité… Je me souviens de quand j’étais petite la manière dont les grandes sœurs, les tantes… parlaient de la sexualité. J’ai l’impression que maintenant il y a un coté plus « ça va de soi », la sexualité est moins coupable et puis c’est une pièce qui est universelle de par son sujet donc ce qu’apporte la dimension africaine est tout simplement ce que les trois actrices servent sur le plateau avec tous nos sens, notre personnalité et nos opinions. Il se fait que nous sommes toute les trois africaines et c’est là que l’imagination de chacune d’entre nous se met en branle par rapport à l’image qui se dégage de nous. Et puis ça fait du bien en tant qu’africaine de participer à ce projet car la lecture est forcement différente mais aussi parce qu’il y a le rajout du texte  » guide de survie d’une adolescente face à l’esclavagisme sexuel ». C’est-à-dire qu’il y a une part politique qu’on défend car c’est une réalité qu’il ne faut pas nier: le sexe de la femme est utilisé comme une arme de destruction dans les guerres… C’est une réalité douloureuse mais qu’il ne faut sous aucun prétexte taire.

Quel est votre passage préféré ?

Franchement, j’aime tous les passages car ils sont tous complémentaires et aussi parce qu’on rit dans l’un et que deux minutes plus tard on pleure dans l’autre, qu’on est outré par l’un que l’on accueille toutes les beautés de l’autre. C’est en ça que j’aime cette pièce !

Si vous deviez répondre aux questions de la pièce « que porterait votre vagin ? » et « que dirait-il ? », quelle serait votre propre réponse ?

Une belle robe de chez Patou st. Germain ( ma styliste préférée) ou les fleurs de cerisier du Japon et il dirait « aaaaahh oooohhhh waouuuuuuuuuuuuuh!!! Wathaaaaa!!! »

Le mot de la fin : que voudriez-vous crier à toutes les femmes du monde ?

Aimez votre vagin, regardez votre vagin, donnez-lui du plaisir !!

Les monologues du vagin, du 23/05 au 16/06 (du mercredi au samedi à 20h30), au TTO dans la Galerie de la Toison d’or à 1050 Bruxelles. Les places sont de 10 à 16 €. Pour plus d’infos, allez voir sur le site du TTO!

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