Bal Trap

Le café théâtre « la Samaritaine » accueille Bal-trap, au fond d’une grande cave voûtée du 17e siècle. Contre toute attente, l’endroit convient à cette touchante pièce devant laquelle nous découvrons quatre paumés qui, dans une ville banale et morose, cherchent uniquement à vivre l’Amour fort et sincère.Tandis qu’une pulpeuse femme se maquille et mange quelques bonbons, un loubard tire sa clope, nonchalamment appuyé contre un mur. Ils se lancent quelque regard enjôleur, s’approchent discrètement comme s’ils feignent une simple marche. Enfin, ils se rejoignent. Et nous apprenons que ces deux tourtereaux ont joué les inconnus parce qu’ils fêtent leur première fois. Ils ont imité l’ambiance pendant laquelle ils firent connaissance. Ils s’appellent Gino et Lulu.

Malgré l’importance qu’ils attachent à cette occasion, cela fait six mois qu’ils ne s’entendent plus, alors, ils reviennent au même endroit, se rappellent le bon vieux temps et tentent encore le premier baiser ! Ah… Raté ! Lulu remarque qu’il manque une chose fondamentale. Quoi ? Gino trouve que tout est comme avant ! Et voilà qu’arrive un nouvel orage : Lulu part furieuse, Gino lui court après et la scène reste déserte… Mais un jeune homme entre et arrive une femme voluptueusement roulée portant des bagages ! Il semble qu’elle attend quelqu’un… Le jeune homme l’aborde, elle se méfie. Il force un peu la causette, apprend qu’elle s’appelle Bulle. Lui, Muso, n’espère qu’une chose que nous devinons bientôt, lorsqu’il avoue ne dire aucun mensonge…

Abel Tesch interprète Gino, ce loubard qui se donne un caractère costaud, mais qui est moralement perdu et fauché ! Il lui donne vraiment l’accent et l’air d’un garçon élevé dans une famille pauvre et vulgaire. Caroline Chisogne, Lulu, représente le caractère d’une femme patiente à l’excès qui n’éprouve envers son partenaire qu’une agaçante lassitude.

Robin Van Dyck joue Muso, celui qui ne cherche qu’à voir les seins de la superbe Bulle ! Et quelle audace il montre ! On aimerait presque l’aider. Il faut avouer que Lisa Debauche est aguichante. Elle utilise son regard charmeur et profond. Elle interprète Bulle avec de savoureuses antithèses : une scène où elle entre timide ; une autre où elle descend l’escalier d’une manière lente et féline ; une encore où elle embrasse hardiment Muso… Avec eux, nous éprouvons les affres, les taquineries, les malentendus, les sublimes espérances qu’apporte l’Amour.

Je n’en dirai pas davantage, craignant de vous dévoiler outre mesure cette pièce à voir urgemment ! L’année dernière, je l’avais admirée au « Courant d’Air » festival annuel du Conservatoire royal de Bruxelles. Depuis, ces quatre acteurs ont gardé une interprétation toujours aussi naturelle et poignante, avec toutefois quelques légers changements…

Du 6 au 17/11 au Café théâtre La Samaritaine, 14 Rue Samaritaine à 1000 Bruxelles.

De: Xavier Duringer

Mise en scène: Sandrine Guise

Avec: Caroline Chisogne, Lisa Debauche, Abel Tesch et Robin Van Dyck.

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Journaliste basé à Bruxelles.

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