Bees Coop Supermarket

Avez-vous déjà entendu parler de Bees Coop, un projet de supermarché pas comme les autres ? En septembre 2014, quelques jeunes Bruxelloises et Bruxellois décident de se lancer dans ce projet un peu fou après s’être rencontrés au sein du Réseau ADES (Alternatives démocratiques, écologiques et sociales).

Mais de quoi s’agit-il exactement ? A-t-on vraiment besoin d’un supermarché supplémentaire ? À première vue, on pourrait en douter, vu leur densité dans la ville-région et la concurrence féroce à laquelle se livrent les différentes enseignes. Pourtant, Bees Coop suscite l’engouement depuis plusieurs mois et, après un crowdfunding réussi, semble en bonne voie pour concrétiser pleinement, au tout début de l’année 2017, un projet que d’aucuns auraient jugé « gentil » et « utopiste ». Et c’est à Schaerbeek que ça se passera !

Bees Coop, en deux mots, c’est un supermarché dont le client est aussi coopérateur de l’entreprise. En échange de trois heures de travail par mois, le client-travailleur-copropriétaire peut faire des emplettes pour nourrir jusqu’à maximum de trois adultes, ce qui permet aux membres de sa famille ou à ses colocataires d’y faire leurs courses sans devoir pour autant travailler dans le magasin.

Mais pourquoi se fatiguer travailler pour pouvoir faire ses courses ? Bonne question… Pour mieux consommer au quotidien, Bees Coop (pour « coopérative bruxelloise, écologique, économique et sociale« , d’où le « Bees », qui signifie aussi « abeilles » en anglais) souhaite rendre accessibles des produits qui répondent à une série de critères qualitatifs et éthiques que ses membres se sont fixés. Au menu, du chocolat équitable, des fruits et légumes bio, du fromage et de la bière produits localement, le tout à des prix les plus bas possible, tout en rémunérant correctement les producteurs (qui, on a souvent tendance à l’oublier, sont pressés comme des citrons dans le système classique).

Le circuit court permet de réduire les coûts, tout comme le fait que la plupart du travail nécessaire au bon fonctionnement du supermarché sera assuré par les coopérateurs. Au final, il sera possible d’y acheter des produits d’une excellente qualité, respectueux de la femme, de l’homme et de l’environnement, à des prix accessibles, qu’il s’agisse de courses alimentaires ou, plus prosaïquement, de produits pour nettoyer, de savon, de papier toilette, etc.

Si les coopératrices et coopérateurs peuvent faire leurs courses dans le supermarché, ils ont aussi leur mot à dire lorsqu’il y a des décisions à prendre sur les directions et objectifs du projet. Avec une farouche volonté d’inscription du projet dans son environnement local, les premiers coopérateurs espèrent bien arriver à développer une certaine mixité sociale au sein de Bees Coop et permettre que, plus qu’une tâche supplémentaire et aliénante, les heures passées à travailler dans le magasin soient vécues comme des expériences enrichissantes et des occasions où prendre le temps de nouer des relations avec des « collègues » particulièrement motivés.

Vœu pieux ou première pierre d’une mutation profonde de notre rapport à la consommation, Bees Coop trouve en tout cas ses racines dans une expérience durable, celle de la Park Slope Food Coop (à Brooklyn) qui existe depuis 40 ans et compte aujourd’hui 16 000 membres qui se bousculent dans un local de 1000 m². Pour l’instant, les coopérateurs peuvent déjà faire leurs courses deux jours par semaine au sein du Bees Labo Market, petite épicerie, en attendant l’arrivée du véritable supermarché.

Envie d’en savoir plus ? Visitez cette page qui répond à (quasiment) toutes les questions que vous pourriez vous poser. Envie de vous lancer ? C’est possible ! En ce qui me concerne, après avoir fait des recherches pour écrire cet article, je risque bien de me laisser tenter !

Bees Coop Supermarket, son site internet, sa page Facebook et, bientôt, rue Van Hove, 21 à Schaerbeek.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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