Benjamin Schoos, intense crooner de la nuit tombée

Pascal Schyns

On n’a pas eu le temps de se relever des explorations extra-terriennes et magnifiques de Beau Futur, que revoilà déjà Benjamin Schoos qui change de costard pour nous livrer Night Music, Love Songs. Un album court mais intense, aux confins de l’intimité et capable de nous faire passer par toutes les couleurs. Sept titres pour au moins mille émotions. Voire plus.

Si la nuit, tous les chats sont gris, il n’en va pas de même pour les étoiles. Certaines sont plus brillantes, plus étincelantes. Et s’il y a un artiste qui mérite de faire partie de ce ciel qui s’éclaire comme jamais, c’est bien Benjamin Schoos. Remis de ses cascades (déjà brillantes, d’ailleurs) jusqu’à la Lune, voilà le Sérésien de retour sur terre pour explorer non plus l’univers mais bien l’intérieur de lui-même. Plus que jamais en synthétiseurs. De ses entrailles mystérieuses, de cette mélancolie à peine voilée et des amours défaites et refaites, ont jailli sept nouvelles chansons. Plus hors-format que jamais, certaines culminant jusqu’à 6min30, toutes dépassant allègrement (et avec grand plaisir pour l’auditeur) le format radio.

Dans ses explorations souterraines et humaines, Schoos a embarqué l’éternel compagnon de magie, Jacques Duvall. Mais aussi, sur le premier extrait mêlant anglais et français, le surprenant et énigmatique Dodi el Sherbini. Ce I love you donne ô combien la tonalité de ce nouvel opus de celui qui portait autrefois comme un gant le nom de Miam Monster Miam. De la solitude, de l’introspection mais aussi une amplitude musicale incroyable et un naturel à couper le souffle. La nuit est tombée et Benjamin s’est fait crooner, métamorphosé. Et c’est peu dire que cela lui va comme un gant. Et puis, il y a ce saxo qui déchire et apporte un niveau d’émotion supplémentaire. L’ensemble confine au sublime, et ce n’est que la première chanson. Le reste sera du même acabit.

À commencer par le suspendu Une fille en or. Bienvenue au pays des mille merveilles. On n’est pas riche pour un sou mais quelle richesse que ces mots qui font corps avec la musique pour mieux faire couler le miel dans nos oreilles. On le répète, Schoos est un véritable magicien, un orfèvre de l’aventure musicale, jamais convenue et toujours originale. Mais le meilleur est encore à venir, et pour peu qu’on vaque à d’autres occupations, on est obligé de tout arrêter. Tant ce Parfum de nostalgie s’immisce, se déploie et nous rend fou… d’amour pour cet interprète hors du commun qu’est Benjamin Schoos. On n’a rien trouvé de futile, rien qui sonne faux, ici tout est vrai, dur comme vrai, un peu métaphysique, tout en puissance émotionnelle. Bien sûr, le chanteur (également bien connu outre-Manche et au Japon) nous parle d’amours hésitantes, boitantes, vacillantes, mais sans céder à la bluette ou à l’eau de rose. Night Music, Love Songs est unique, transcendant, surhumain autant que souterrain mais surtout c’est un chef d’oeuvre qui s’ignore. Et c’est sa force incontestable. C’est simple, on aimerait prolonger la nuit, la rendre intemporelle, juste pour écouter encore un peu cette étrange petite Schoos.

Benjamin Schoos - Night Music Love Songs

Artiste: Benjamin Schoos

Album: Night Music, Love Songs

Nbre de titres: 7

Durée: 37’54 »

Label: Freaksville Records

Page Facebook: Benjamin Schoos

Sortie: le 29/01/2016

Photo: Pascal Schyns

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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