Bérénice : La tragique ambiance du Rome Antique vue par la Compagnie Les Rivages

Bérénice est un des grands classiques de Jean Racine, pilier du théâtre français des Temps Modernes. Cette pièce indémodable a inspiré plusieurs acteurs et metteurs en scène à travers les siècles, pour qu’à chaque fois, la Rome Antique de Titus soit mise au goût du jour, avec originalité. Des tragédiens d’aujourd’hui l’ont prouvé une nouvelle fois, au Festival d’Avignon de cet été, au Théâtre du Verbe Fou. Il s’agit de la Compagnie Les Rivages. Quatre acteurs, un metteur en scène et un technicien son et lumière, et le tour était joué.

L’ambiance antique dans le style et le fond

Atmosphère cinglante de la « Caput Mundi » du 1er siècle après Jésus-Christ,… On s’y croirait presque ! Les coulisses du pouvoir impérial romain nous sont présentées sous un jour original : celui d’une histoire d’amour tragique entre l’empereur romain Titus, fils de Vespasien, et la reine de PalestineBérénice. Ils s’aiment, oui,… et c’est là que commencent les ennuis. La Palestine est un territoire occupé par l’empire.

Bérénice est un spectacle où chacun des actes est déclamé en vers. A l’instar de bien d’autres pièces de cette époque, Titus, empereur, se voit tiraillé par un choix difficile : Bérénice la fiancée qu’il aime ou la volonté du peuple de Rome qui lui refuse la consécration de cet amour tant désiré par les deux amants. Ce dilemme affectera profondément Titus, qui préférera finalement ce qui, pour lui, est la voix de la raison…

La Compagnie Les Rivages a travaillé pour introduire un phrasé moderne à cette pièce pluricentenaire. Et pour coller au plus près des personnages, elle s’est attelée à de nombreuses recherches sur la personnalité de Titus le latin, de Bérénice l’orientale, et des autres. Et cela se sent dans le jeu !

Si l’on devait résumer cette adaptation de la pièce, on dirait qu’elle est un mélange de prestance tragique antique, d’un jeu aux aspects des temps modernes, et d’une mise en scène contemporaine, épurée sans trop de décor. Une concentration d’époques différentes pendant une bonne heure de spectacle.

Et ce n’est pas tout ! Les costumes choisis avec précision, le jeu de son et de lumière font partie intégrante de la mise en scène. Le côté oriental de Bérénice n’en ressort que plus fidèle au texte et au personnage, grâce à son habillement caractéristique du lieu de ces origines. On retiendra aussi les danses qui rythment la scène à différents instants de la pièce, tout en profondeur de ce texte à la fin tragique….

Bérénice – Bande Annonce – Cie Les Rivages – Festival d’Avignon OFF 2017 from Les Rivages on Vimeo.

Mise en scène : Maxim Prévot (qui avait également mis en scène « La mer est innocente » de Pauline Rémond)
avec Julien Dervaux, Katia Grau, Ophélie Lehmann et Gabriel Tamalet
Régisseur : Thibaud Silvestre
Costume : Yvonne Tenaud
Musique originale : «Vrille» Heäl & Prolapse Record

D’autres spectacles sont à venir !

Et puis, n’oublions pas que la Compagnie Les Rivages a plusieurs cordes à son arc ! Le quatuor d’acteurs, et tout le reste de la troupe, joue et interprète du théâtre classique, oui, mais s’essaye à bien d’autres choses par ailleurs !

Pour ce troisième quart de 2017 et pour 2018, la Compagnie a déjà tout une série de projets, de pièces qu’elle a hâte de montrer au public. Ils reviendront notamment avec leur prochaine création : Strabat mater furiosa! Mais aussi bien d’autres choses !

Avis aux amateurs : toutes les informations de ce projet se retrouveront sur le site de La Clarencière (Bruxelles) et/ou du Verbe Fou (Avignon).

 

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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