Bernard Lentéric – L’ange Gabriel

« Gabriel, alias « Gab », c’est pour tous les enfants la baby-sitter parfaite ou le grand frère idéal : un robot intelligent qui peut aussi bien aider à faire les devoirs que jouer aux échecs, préparer à dîner ou consoler un gros chagrin. En le dotant d’un cerveau autonome, son inventeur, Zef Menzel, un informaticien de génie, a également muni Gab d’une conscience morale, un programme qui lui interdit à tout jamais de nuire aux humains. Pour faciliter sa fabrication en série, Ted Gulliver, le vieil ami de Zef, tout-puissant P. D. G. de la première firme mondiale d’informatique, a supprimé ce logiciel de bonne conduite. Et lorsque des milliers de « Gab » cessent d’obéir, le rêve technologique tourne au cauchemar. »
Plus tout jeune, ce roman de 1999 nous présente une histoire originale et intéressante bien qu’elle nourrisse le répertoire déjà très fourni des illustrations du complexe de Frankenstein.

En effet, c’est indéniable, Bernard Lentéric fait preuve dans ce roman d’une très bonne plume science-fictionnelle. Ses descriptions robotiques, tant physiques que fonctionnelles, sont détaillées sans alourdir le texte ou abasourdir le lecteur par une scientificité non nécessaire. De même, le développement psychologique de Gabriel est suffisamment élaboré pour expliquer ses actes et ses réactions face à l’être humain. De ce fait, sa révolte contre l’homme, son créateur, ne va nullement à l’encontre des préceptes asimoviens (d’ailleurs cité dans le roman, ce qui donne encore plus de crédit à ce cher Lentéric) et est expliquée par sa constitution et son but initial. Puisque Gab doit s’occuper des enfants, il doit pouvoir les comprendre et agir de manière naturelle afin de ne pas les effrayer. C’est pour cette raison que Zef a « doté Gabriel de fonctions psycho-affectives » ce qui le fait réagir comme un être humain, pouvant déchiffrer « la subtilité des relations humaines comme un psy chevronné ». Lentéric aurait donc pu faire de Gabriel un robot parfait mais l’intérêt du robot n’est-il pas de trouver la faille dans ses rouages parfaits et de pouvoir l’expliquer de manière raisonnable ?

Plongeant dans un amas d’explications de psychologie humaine, Lentéric fait alors de son Gabriel un presqu’homme, répondant aux mêmes stimulus affectifs, pouvant faire fi de son objectivité et éprouver des sentiments contraires et puissants. Un homme de métal, Gabriel? Un enfant, oui. Apeuré. Poli et adorable, il peut aussi être cruel et immature…

Quoi qu’il en soit, malgré l’originalité de l’explication, le redondant combat Homme vs Machine nous fait un peu bailler. C’est qu’il aurait pu faire son robot un peu plus robot qu’homme. Un personnage aussi vindicatif n’attire pas la sympathie et, il faut bien l’avouer, en dépit de son statut initial de victime, Gabriel énerve. Un point négatif, donc, pour ce roman à la fin aussi cynique que sinistre !

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