Bertrand Runtz – Comme un clou planté dans la page

« Quelle histoire que la vie ! Quand on est un homme, dans la force de l’âge, né en Afrique noire d’une famille blanche, que l’on découvre en même temps l’adolescence, un autre pays (dit d’origine), le rapport à la famille, aux pères… Quand on est une vieille femme revivant son premier amour pour le laisser en héritage à sa petite-fille toujours espiègle à l’âge adulte… Quand on est un jeune père inquiet par les surprises que l’avenir réserve à son bout d’homme… Ces huit nouvelles parcourent ces chemins de vie, difficiles, violents et magnifiques. La recherche de l’identité en est le thème central. Identité culturelle bien sûr que certains des personnages de ces textes doivent se construire en dehors de toute idée commune. Identité familiale aussi, délicate à appréhender dans le contexte du déracinement, questionnant le rapport existant entre les générations et à l’intérieur même des fratries. Dans tous les cas cette recherche se fait dans un respect profond de l’autre et de soi-même ; c’est par l’humanité de chacun que ce livre nous propose de cheminer. »

C’est tout bonnement incontestable, Bertrand Runtz a du talent. Il connait sur le bout des doigts cet art mystérieux qu’est l’écriture, le choix des mots, leur place, les jeux qu’ils nous offrent, en toute légèreté. Voilà donc une prose magnifique et envoutante nous enveloppe tout le long de notre lecture, et ce, quelque soit la nouvelle parcourue…

Comme un clou planté dans la page nous présente avec brio sept nouvelles à la fois très différentes les unes des autres mais aussi très similaires dans leur questionnement sur les rapports humains. Grand-parents, parents, enfants, frères et sœurs, amis… et, bien sûr, l’amour, récurrent, et ce, quelle que soit sa déclinaison, qui les lie tout autant qu’il les sépare,  nos protagonistes aux passés très variés.

Intelligentes et pleines d’émotions, parfois cruelles et sensuelles voire crues – ou, en fait, simplement vraies -, ces histoires ne peuvent laisser de marbre.

Toutefois, si une critique peut être faite, il demeure à la lecture une impression constante de non-aboutissement. Si certaines sont mieux composées que d’autres, une faim persistante nous tenaille à la fin de chaque historiette. Un manque, une faille indéfinissable qui nous tourmente… Serait-ce le résultat d’un perceptible manque d’assurance? C’est, ma foi, très plausible.

Comme un clou planté dans la page, Bertrand Runtz, Éditions D’un noir si bleu.

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