Bienvenue à Suburbicon: le thriller engagé de Clooney

Cela commence de manière paisible tel un spot publicitaire dans les années 50, dans une ville idyllique et parfaite, une banlieue dorée, loin de NY, dans l’Ohio ou le Mississipi : ici, à Suburbicon, paradis vivant, il ne manque que vous …

Mais c’est sans compter l’arrivée de nouveaux voisins, une famille afro-américaine, qui va réveiller auprès du voisinage les craintes et peurs les plus primaires… Derrière cette apparente quiétude, violence et injustice vont surgir au cœur de la pelouse verdoyante.

Si le film de Clooney bascule peu à peu dans la comédie noire, c’est pour s’inscrire dans une triste réalité. On connaît l’engagement démocrate de l’acteur et il est difficile ici de ne pas penser aux récentes éruptions de haine raciale aux USA et à la politique de Trump.

Sur fond de racisme, vengeance, chantage et arnaque aux assurances, l’Amérique de Clooney évoque une actualité brûlante celle de Charlottesville…

Une satire politique qui convoque le cinéma des frères Coen (on pense à Fargo ou Blood Simple) et pour cause, il s’agit d’une adaptation d’un de leurs scénarios proposé à Clooney qui avait tourné avec les deux cinéastes dans O’Brother , Intolérable cruauté et Ave Cesar. Mais l’originalité vient du point de vue: celui d’un enfant de 10 ans élevé par sa tante très pratiquante (à l’église épiscopale), qui réalise la grande supercherie et le mensonge des adultes : le rêve américain n’existe pas/plus !

La fin, sans la révéler, reste toutefois optimiste et pleine d’espoir – du moins, il faut y croire !

Clooney signe (enfin) un bon film, décalé et burlesque à souhait (malgré quelques longueurs) sur un sujet plus que jamais d’actualité, à découvrir pour Matt Damon, surprenant, de retour chez Clooney après Monuments Men, pour Julianne Moore dans un double rôle, mais surtout pour la prestation inédite d’Oscar Isaac en détective moustachu – la vraie surprise!

Au cinéma le 6 décembre. Interdit aux -12 ans.

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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