BIFFF 2017: tops et flops… notre encyclopédie du festival le plus déjanté du cinéma (50 films décryptés)

Le BIFFF 2017 s’est clôturé le dimanche 16 avril avec la présentation des gagnants des différentes compétitions. Après avoir passé en revue le palmarès 2017, voici notre avis sur les tops et les flops de cette édition qui a battu tous les records, que ce soit en termes de spectateurs ou d’invités. Quel talent! Et si vous n’en avez pas eu assez, rendez-vous à la prochaine Obscure Night que le BIFFF organise en partenariat avec le Kinépolis le jeudi 11 mai 2017!!

Notre avis sur la cuvée 2017…et pas celle des Trolls!

Film coup de hache! =  smiley– Chaque image renvoie vers le trailer correspondant 

Passionné du festival depuis 1998, abonné plusieurs années, en presse pour Culture Remains depuis 2013, j’ai couvert cette nouvelle édition du BIFFF avec l’aide de mes acolytes Martin Vachiéry, membre du jury Mélies 2017,  ainsi que de Will, un fan absolu de gore et de slasher. Ensemble, nous avons visionné près de 50 films et voici notre verdict…

BIFFF DAY 1

The Girls With All The Gifts: On pensait avoir à peu près tout vu en matière de post-apo, et puis The Girl With All the Gifts est arrivé. Cette super fable sur l’enfance en milieu hostile est une excellente surprise. Un bon cadre au concept art clairement inspiré de l’univers jeux-vidéo (coucou Last of Us) pour un film rythmé et bien construit. La fin est impeccable. 

Beyond the GatesUne affiche et un trailer qui vend du rêve à la sauce Stranger Things de Netflix. Ce film très attendu par tous les geeks du festival, mais pas uniquement, est sans conteste une, si pas la grosse déception de ce BIFFF 2017. Scénario pas assez abouti, enchaînement de séquences à la limite de l’acceptable, jeu d’acteur vraiment peu convainquant, pas de twist dans l’histoire. Voilà un bel exemple d’une super idée gâchée en cours de route… et pourtant au début, on y a cru! Fans de Jumanji (1995) et du jeux de société Atmosfear, passez votre chemin, déception assurée!  

BIFFF DAY 2

Psycho Raman: Avec Gangs of Wasseypur (2012), Anurag Kashyap est devenu une figure de proue du cinéma indien. Son thriller Psycho Raman rend hommage, si l’on peut se permettre la formule, à l’un des plus grand serial killer de ce presque continent qu’est l’Inde. Un Bollywood sans la danse mais avec du sang et du suspense qui est doté d’une intrigue à rebondissements mettant en scène les destinées croisées d’un policier et d’un tueur. Avec des vrais méchants sans pitié qui ont de l’humour, cette production se perd parfois dans des longueurs inutiles. Dépaysement assuré! 

HeadshotsmileyLe cinéma indonésien n’en finit plus de nous épater avec des scènes d’action toujours plus incroyables les unes que les autres. Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto ont rassemblé tous les ingrédients intéressants du Raid I et II de Gareth Evans dans une production capable de secouer le box office. Surclassant largement la majorité des films d’action d’Hollywood en rangeant le politiquement correct made in USA au placard, les fans d’adrénaline pure et d’arts-martiaux seront au paradis avec ce film où l’on est pas prêt de s’endormir…

The Eyes of My Mother: Ce long métrage lent et machiavélique, filmé intégralement en noir et blanc, plonge le spectateur dans le quotidien d’une femme qui en a bavé toute sa vie. Du coup, elle adore les animaux de compagnie… Ce thriller pictural a surpris le public du BIFFF après celui de Sundance. Si les mauvaises langues diront que le scénario du premier film de Nicolas Pesce était parfait pour un court métrage, nous avons trouvé l’expérience envoûtante et intéressante ne fût-ce que pour la beauté des images et l’ambiance pesante du début à la fin!   

Escape Room: Concept prometteur que de faire un film d’horreur à partir de ces lieux de divertissement qui font fureur dans nos contrées depuis quelques années déjà. Un groupe de jeunes cools se rendent dans la nouvelle salle d’Escape Room avec leurs bimbos. Le compte à rebours est lancé et ils ont un temps défini pour sortir de la pièce. Piece of cake? C’était sans compter sur l’esprit de la boîte maléfique qui trône fièrement sur une étagère de la pièce… Amusant et divertissant mais on pouvait faire mieux en termes de surprises et de casting. Lot de consolation? La boîte est vraiment belle et on s’amuse quand même jusqu’au final!    

Antiporno: Un film à l’esthétique irréprochable et aux couleurs sublimes couplé à des séquences complètement dingues venues tout droit de la planète Japon. Les costumes aussi barrés que les comédiens font de ce long métrage un Objet Visuel Non Identifié. Le message féministe de ce scénario très alambiqué? On se le demande encore. L’idée véhiculée s’apparente plus à un manifeste Femen qu’à une prise de position claire contre l’hyper sexualisation de la femme dans la société nippone. A découvrir pour les plus téméraires… mais également pour les fans de lolitas et de jolis tableaux. Bon film! 

Late Shift: Ce film interactif avec 7 fins différentes donne la possibilité au public de choisir le déroulement de l’histoire en temps réel. Un vrai carton au BIFFF. Ça a tellement bien fonctionné qu’une deuxième séance a été organisée mais vu le matos nécessaire, ça risque d’être un peu plus compliqué pour revivre l’expérience à la maison…

BIFFF DAY 3

Bloodlands: Dépeindre certaines croyances de la société albanaise en abordant des vraies questions de société, voilà le défi que s’est lancé le réalisateur Steven Kastrissios. Le tout est enveloppé dans un fléau albanais bien réel : la «gjakmarrja», plus connue chez nous sous le nom de vendetta, comme nous l’explique Jonathan Leenaerts du BIFFF. Était-ce vraiment un film pour le BIFFF? Le résultat est-il probant? Vu que Steven a chanté sa chanson sur scène lors de la présentation du film, qu’il est resté sur le festival jusqu’au dernier jour et qu’en plus il a quitté le bar seulement à 4 heures avant de prendre son avion pour Chicago, nous validons ce film à 100%. A voir rien que pour le plaisir d’en découvrir un peu sur la société albanaise en espérant malgré tout que cela ne représente pas la norme… Interpellant! 

Vanishing Time: A Boy Who Returned:  smileyMagnifique surprise de ce BIFFF avec Vanishing Time. Mais était-ce vraiment une surprise? Le cinéma coréen continue son ascension inéluctable avec des productions en nombre et le plus souvent de qualité.  Tae-Hwa Um a transporté le public dans un monde onirique et incroyable dans ce film qui oscille entre le réel et la fantasy. Découvrez-en plus dans mon article focus cinéma coréen. Dérangeant par moments mais féerique à d’autres, cette fable romancée questionne notre morale et les tabous de nos sociétés. Ce film superbement écrit est un must-see! 

Dark Song (A): Long métrage qui surfe sur les rites occultes et païens, A Dark Song est un coup d’épée dans l’eau à la sauce « trop d’intrigue, tue l’intrigue ». La première partie du film est prometteuse et la mise en place tient le spectateur en haleine. Mais l’on se retrouve vite essoufflé par tant de longueurs. Si les acteurs font le job et les quelques scènes d’humour « noir » apportent un peu de légèreté dans cette intrigue paganiste, le final n’est vraiment pas à la hauteur de nos attentes et de nos espérances. Bref, en sortant de la projection, on a envie de dire: « tout ça pour ça » !

BIFFF DAY 4

Loop: Cette première production hongroise dans l’univers SF est l’oeuvre de Isti Madarász, un véritable passionné de films et de séries TV où les allers-retours dans le temps rythment l’intrigue (cf: Code Quantum.). Loop propose un concept inédit, d’après Isti, de voyage temporel. Les analystes trouveront probablement quelques incohérences dans les boucles qui se répètent inlassablement durant le film mais l’idée de base est plutôt bonne et l’ acteur principal tire son épingle du jeu. L’humour (hongrois) est présent à de nombreuses reprises et c’est plutôt amusant. Ce film ne révolutionnera pas le genre mais le public du BIFFF a passé un bon moment de cinéma au final ! 

Message from the King de Fabrice Du Welz a été analysé par Stefan Thibeau de Culture Remains. Bon film!

Swiss Army Man: smileyMalgré sa sortie préalable sur Netflix, et comme la critique de Stefan Thibeau en atteste, ce film est une petite bombe. Personne n’imaginait voir Daniel Radcliffe et Paul Dano vivre une romance de ce type et c’est une réussite totale. Complètement à l’ouest, ce coup de poker audacieux peut atteindre le statut de culte.  

Tonight She Comes: Avec quelques meurtres épiques, une nana sexy entièrement recouverte de sang, l’apparition furtive d’un sosie de Riff Raff du Rocky Horror Picture Show, Tonight She Comes s’apparente à un film d’horreur de série B des années nonante avec de nombreuses références à des classiques du genre. Ce slasher voodoo gore a même permis à Matt Stuertz de remporter un award au Buffalo Dreams Fantastic Film Festival de New-York. Go Buffalo Go!  

BIFFF DAY 5

Bad Cat:smiley Plongée totalement punk dans un Istanbul bruyant et bordélique avec… un horrible chat. Voilà le topo un peu WTF de cet OVNI d’animation turque. Le film est drôle, rythmé et référencé. La réalisation (et donc l’animation) sont au top. A la fin, un seul regret : celui de ne pas capter toutes les subtilités géniales des dialogues originaux turcs. Mention du Jury européen, ce gros succès durant le BIFFF a rempli le Ciné 2 (à 16h30 !).

Nails: Nails met en scène la descente aux enfers d’une femme sportive qui perd sa mobilité suite à un accident de circulation. Avec un méchant démon qui fait très peur dès qu’on éteint la lumière, l’armada irlandaise dirigée par John McDonnell et Brendan McCarthy (Stitches (2012) et Let us Prey (Mélies d’argent 2014)), avait toutes les cartes en main pour faire un carton. L’ambiance était de mise avant le film pour la chanson et on se demande si la prochaine fois, ils ne prendront pas une fanfare avec eux, même si ça risque de coûter cher en Troll! En attendant, ce film n’a malheureusement pas décollé, ni atteint les sommets escomptés, malgré un départ prometteur…

Attraction: La grosse production russe de l’année qui devrait tout exploser sur son passage. Si certains l’ont trouvé divertissant, d’autres l’ont jugé un peu trop lent. C’est vrai que les romances à deux balles dans des films d’action où il faut sauver l’humanité, ça fait toujours un peu sourire (ou pleurer?). Avec des effets spéciaux de très bon niveau et une touche d’humour russe, installez-vous en mode végétal pendant les 130 minutes de ce film qui est à l’heure actuelle le plus gros projet de SF russe de tous les temps. Fedor Bondarchuk a déjà réalisé les grands succès que sont The 9th Company (2005) et Stalingrad (2013) et l’on entendra encore sûrement parler de lui.  

BIFFF DAY 6

Icebreaker (The):smiley Le cinéma russe intègre de plus en plus la programmation du BIFFF. Après Metro, le producteur Sergey Kozlov débarque à Bruxelles avec un thriller qui se déroule intégralement (ou presque) sur un bateau. Si l’on oublie les séquences sur les femmes à terre qui ajoutent des longueurs superflues, on assiste à un superbe long métrage. Les défis auxquels l’équipage et ses capitaines sont confrontés sont vraiment captivants et le scénario est bien ficelé. Avec de nombreux rebondissements, l’action se situe essentiellement dans les dialogues et les intrigues croisées. Bonne surprise que ce film catastrophe inspiré d’une histoire vraie. 


Monolith: Grosse déception que ce long métrage ventant les mérites d’une voiture du futur. Soi-disant intélligente et capable de s’exprimer, elle n’arrive pas à la cheville de KITTT de K2000 (Knight Rider). Peut-être faut-il être parent pour saisir la méchanceté de cette mère indigne qui préfère son smartphone au bien-être de son enfant? Ou alors aurait-il fallu que l’on s’attache un minimum aux personnages principaux pour ressentir des émotions face aux épreuves subies ? Une chose est certaine, les images sont sublimes et nous avons tous envie de faire un roadtrip dans le Grand Canyon depuis la projection de ce film italien de Ivan Silvestrini…

Bride (The): Scary movie à l’intrigue hypra classique pour ce Conjuring façon Soviets. Du vu et revu qui reste néanmoins très esthétique. Au début, tu te dis « Waouwww » et à la fin « Mwouaisss ». Malheureusement, ce film prometteur n’a pas convaincu le public du BIFFF. On espère quand même revoir Svyatoslav Podgayevskiy car ce réalisateur possède une marque de fabrique personnelle, c’est indéniable. En conclusion : ne pas se marier, surtout pas avec une belle-famille russe…

BIFFF DAY 7

Orbiter 9: smileyScénariste de The Returned (2013), Hatem Khraiche est un Espagnol déjà sacré au Goya en 2009 pour son court métrage Machu Picchu (2008). Il gagne ensuite le festival de Malaga avec Genio y figura (2010). Avec Orbiter 9, ce réalisateur talentueux surprend le public en proposant une odyssée spatiale pas comme les autres. En décidant volontairement de centrer notre attention sur l’idylle entre deux êtres plutôt que sur la critique de la société, Orbiter 9 perd un peu de sa splendeur. Il n’en reste pas moins un film visuellement très intéressant qui mérite vraiment d’être diffusé car ce n’est pas tous les jours qu’on découvre ce type de production en Europe! Dommage que la fin ai été un peu bâclée car, avec un sans faute, il serait probablement rentré dans les annales de ce BIFFF 2017! 

Spit’n’SplitsmileyAventure sensorielle et narrative que nous propose ce Spit’n’Split de Jérôme Vandewattyne. A mi-chemin entre C’est arrivé près de chez vous (1992) et les documentaires de Strip-Tease (RTBF), ce raod movie docu fiction invite le spectateur à suivre de manière immersive l’aventure du groupe The Experimental Tropic Blues Band pendant une tournée. Attention, les apparences sont parfois trompeuses et il s’agit bien d’une fiction. Avec une véritable descente aux enfers et une incroyable bouffée d’air en guise de conclusion. Le jeune réalisateur belge, à qui l’on doit également le court métrage SLUTTERBALL du DVD du Collectifff, continue ainsi son bout de chemin en fidèle représentant du cinéma libre. L’apparition remarquée de Bouli Lanners, dans cette production atypique et choquante au 4.000 euros de budget,  justifie de prendre 87′ de son temps pour le visionner. Notez que le prochain CD du vrai groupe de musique The Experimental Tropic Blues Band donnera accès à un lien pour visionner le film pendant 48 heures. 

Tunnel: smileyDeux reviews rien que sur Culture Remains, le prix de la critique décerné par des journalistes confirmés, les acclamations du public à n’en plus finir, il va sans dire que ce petit bijou made in Korea vaut son pesant d’or. Humour omniprésent et critique sociétale à la clé, ne manquez sous aucun prétexte ce thriller haletant qui s’est fait souffler le premier prix de la compétition par une autre histoire de Tunnel! A voir absolument! 

Nick Off Duty: Film destiné à un public allemand constitué par les fans du personnage de Nick Tschiller. Nous ne comprenons toujours pas comment ce film a été diffusé dans le Ciné 1 à 22h30 un lundi soir. Ou alors, il s’agit probablement de l’une des tranches horaires les moins prolifiques du BIFFF. On tentera de s’en souvenir pour l’an prochain… En tout cas, un seul mot vient à l’esprit en se remémorant le jeu d’acteur mémorable de Til Schweiger, et ce mot magique c’est: Auf Wiedersehen!!! 

White Coffin: Difficile de tenir plus de la moitié des 75 minutes de ce Ataud Blanco: El Juego Diabolico (titre original). On se demande si ce n’est pas Daniel de la Vega qui est diabolique en nous proposant un tel spectacle. Certainement l’un des plus mauvais films nocturnes de ces dernières années. Avis partagé par de nombreux abonnés ou membres de la presse présents ce soir-là… Vivement que le cinéma argentin gore revienne à ses bases sans réflexion aucune! La soirée du lundi qui avait si bien commencé s’est donc lamentablement terminée avec deux des plus mauvais films de l’édition 2017. Peut-être le réalisateur de Necrophobia 3D pensait-il que ce film serait également en 3D dans le Ciné 2 du Bozar?

BIFFF DAY 8

Kill CommandReprenant le concept très efficace du deus ex machina, Kill Command est un pur film de SF – bénéficiant notamment de l’équipe des Gardiens de la Galaxie et de Godzilla pour les effets spéciaux – qui ravira les nostalgiques de l’époque dorée de James Cameron, nous disait le site du BIFFF. Eh bien, il faut avouer que l’idée est sympa et qu’on se retrouve bien dans un Terminator à la Dog Soldiers comme promis. Oui, mais? Oui, mais, si tous les ingrédients étaient réunis, quelques erreurs dramatiques ont fait perdre de la substance à cet action movie futuriste. Pourquoi rendre un personnage attachant si c’est pour ne pas l’exploiter? Dans Alien 2 par exemple, si le film fonctionne si bien, c’est parce que c’est douloureux de voir disparaître les membres de la Bravo Team progressivement… le déchirement est véritable à chaque disparition! Ici, on s’en tape un peu que numéro 2 puis numéro 3 se fassent griller… vraiment dommage car ça faisait vraiment plaisir de voir une production de ce type. A voir malgré tout car ce n’était pas si mauvais non plus!

Replace:smiley  Norbert Keil et toute l’équipe de Replace, excepté Barbara Crampton, étaient présents à Bruxelles pour la première mondiale de ce thriller à la limite du gore. Le ravissant duo formé par l’Américaine Rebecca Forsythe et la Française Lucie Aron n’est pas sans raison dans la qualité d’un film où les maquillages FX sont de haute volée. S’il est clair que le spectateur se perd dans des longueurs et que l’écriture du scénario est parfois un peu confuse, on ne compte pas les moments de répulsion intense auquel le public est confronté. On assiste également à une condamnation en bonne et due forme de la quête de jeunesse éternelle qui devient de plus en plus prégnante dans nos sociétés. Imaginez ce qu’il se passerait si les humains pouvaient avoir une peau jeune et belle ad vitam aeternam, mais à la seule condition de récupérer de la peau fraîche quotidiennement sur d’autres humains afin de se régénérer. Un beau bordel en perspective! Elle est encore chaude… 

Unkindness of Ravens (The): Un titre avec le mot « corbeaux » me plaisait inévitablement avant le début de la projection. Un film ni purement psychologique, ni purement gore. On se perd rapidement à suivre les pérégrinations et crises de folie du héros principal. Ce long métrage de Lawrie Brewster, ‘déjà coupable » de Lord of Tears (2013) ne m’a vraiment pas emballé, et c’est un euphémisme. Et quand je vous dis que j’ai préféré le Lord aux Ravens, presque tout est dit!    

Hentaï Kamen: The Abnormal Crisis: Chaque année un film devrait avoir le prix du film le plus dingue de l’année. En 2016, la palme revenait probablement à Yakuza Apocalypse de Takashi Milke; cette année, on la remettrait à Yuichi Fukuda. Ce dernier a réussi le pari osé d’adapter le manga atypique de Keishu Ando sur grand écran. Le pitch: un homme ordinaire obtient des pouvoirs surhumains quand il met la petite culotte usagée de la fille de ses rêves sur sa tête… oui vous avez bien lu, sur sa tête! Comment faire un film complètement délirant à partir de là? On mélange les éléments à succès de Bioman et Power Rangers avec des effets spéciaux à la Spider Man. Ensuite, on ajoute une ribambelle de Japonaises qui se font voler leurs petites culottes par un méchant à l’aspirateur super puissant. Un délire total fait sur mesure pour le BIFFF. De là à regarder ce film seul ou avec une amie, il y a un pas que je ne franchirais peut-être pas…Vivement le 3! 

Director’s Cutsmiley  La vraie bombe du festival, malheureusement passée un peu inaperçue. Un midnight screen comme on aime, totalement WTF, avec du cul et du sang. L’histoire d’un crowdfunder qui pense qu’avoir mis quelques dollars sur un film lui permet de faire ce qu’il veut, allant jusqu’à enlever l’actrice principale de l’image. Incroyable critique du Hollywood 2.0, le film est absolument jouissif et merveilleusement référencé. A voir absolument! 

BIFFF DAY 9

Boy Missing: Fan de Macarena Gomez, j’attendais beaucoup du thriller proposé par Mar Targarona. Avec un début prometteur, cette enquête policière tombe assez rapidement dans un déroulé prévisible. Ensuite s’enchaîne une succession d’événements peu probables afin de faire monter une tension qui peine à vraiment décoller. Ce n’est pas vraiment mauvais, mais ça ressemble plus à un téléfilm de TVE qu’à une super production espagnole. Boy Missing ne restera donc pas dans les annales du BIFFF .

Eat Local: smileyVoilà plus de dix ans que Jason Flemyng rêvait d’adapter ce scénario de l’auteur Danny King, pouvait-on lire sur le site du BIFFF! Eh bien merci à Charlie Cox (Daredevil), Dexter Fletcher, Eve Myles, Freema Agyeman (Doctor Who), Mackenzie Crook, Tony Curran (Gladiator) ainsi que Vincent Regan qui ont accepté de faire ce film pour un salaire bien inférieur à leurs tarifs habituels. Ce petit bijou d’humour, venu tout droit du Royaume-Uni, est l’un de mes coups de cœur de ce BIFFF. Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas eu beaucoup de films avec des vampires et surtout car j’adore cet humour légendaire et unique qu’on ne retrouve qu’Outre-Manche. 

Innocent Curse: Il y a des enfants qu’on préférerait ne pas avoir… C’est bien de ceux là qu’on parle dans Innocent Curse.  Ces chers petits chérubins sont là pour pourrir la vie des adultes qui l’ont bien mérité. Ajoutez à cela une affreuse poupée et un clown (presque) terrifiant, que demander de plus? Un scénario qui fait peur. Je me demande si Takashi Shimizu n’a pas perdu un peu de sa splendeur durant ses détours par Hollywood pour les remake de The Grudge et de Flight 7500. En tout cas, l’affiche était prometteuse… le résultat décevant! 

BIFFF DAY 10

White King (The): Un régime dictatorial sans nom, dans un pays non identifié, avec une atmosphère oppressante et une histoire de rapport père-fils. Sur le papier, ce film a tout pour fonctionner. Mais la réalisation et le scénario viennent gâcher un super pitch. Plusieurs histoires dans l’histoire, aucune piste réellement exploitée et…. Quand on sent venir l’escalade, vient une longue descente dans l’ennui. Dommage.

Autopsy of Jane Doe: Jane Doe aura finalement gagné le prix du public 2017! Gage de qualité à n’en point douter? Pas si sûr… Ce thriller anxiogène très graphique a tenu le spectateur en haleine pendant la première heure, mais il s’est effondré progressivement par la suite. On laissera néanmoins le bénéfice du doute à André Overhal, déjà réalisateur du génialissime Troll Hunter (2010). Vu les cris entendus çà et là dans la salle obscure du Bozar ainsi que les commentaires dithyrambiques de la part de certains de mes confrères…peut-être étions-nous simplement dans un jour sans! 

BIFFF DAY 11

Will You Be There: smileyEncore un coup de génie de l’armada coréenne présente au BIFFF cette année. Avec Will You Be There, on vit l’histoire d’un homme qui a l’occasion de se téléporter 10 fois face à lui-même dans le passé. Que ferions-nous dans une telle situation? Changer notre vie et faire une croix sur ce qu’on a bâti ou juste observer le passé sans rien modifier à l’avenir? Derrière cette histoire de voyage temporel, beaucoup d’humour mais également une critique acerbe de la dualité générationnelle inhérente à la société coréenne. Alors que la population plus âgée est fortunée et confortablement installée, les jeunes sont voués au chômage et à un avenir plus qu’incertain. Sous couvert de romance, il s’agit là d’un vrai appel de détresse d’une génération à la précédente. Beaucoup d’émotions sont transmises et on ressent une forme de poésie dans cette fable coréenne. Ji-Young Hong est une réalisatrice talentueuse. Près de deux années auront été nécessaires pour transposer le best-seller de Guillaume Musso au grand écran et à la société coréenne! 

Tony: smiley Ce n’est pas le meilleur film du festival mais quelle belle surprise lors de cette rétrospective. Quand la séance de cinéma commence par un exposé de Stéphane Bourgoin, un des plus grands profilers de tueurs en série dans le monde, et que ce dernier vous explique que Tony est l’un des films de serial killer les plus proches de la réalité, ça calme direct! Malgré son budget réduit et ses images parfois un peu floues, ce film est probablement le plus terrifiant et perturbant de cette liste. On suit le quotidien d’un gars complètement paumé dans notre société. Une fois chez lui, il devient Dieu et se transforme en Tony, le tueur en série. Tenez-vous tranquille sur les bords de la Tamise à Londres et évitez d’aller dire bonjour à … Tony! 

Court Mais Trash: smiley Le Court Mais Trash est le festival du film indépendant de Bruxelles. Il  se déroule chaque année au mois de janvier aux Riches-Claires. Salle comble cette année pour sa carte blanche du BIFFF ! Dans une ambiance complètement délirante, plusieurs courts nous ont été proposé par François. A découvrir sans plus attendre si vous n’en avez jamais entendu parler auparavant. Le site officiel du festival de Court Mais Trash

Meatball Machine Kodoku: Yoshihiro Nishimura (Tokyo Gore Police (2008)) n’a pas manqué son retour au BIFFF. Probablement la présentation de film la plus WTF depuis celle où Bai Ling a débarqué dans le public avec un Katana! Et le film n’a pas manqué de foutre l’ambiance dans un Ciné 2 gonflé à bloc pour l’occasion. Il faut dire qu’après 11 jours de festival, le public du BIFFF commence à faire la fête avec n’importe quel film! Je ne me lancerai pas dans une analyse plus approfondie de ce slasher complètement fou…  

BIFFF DAY 12

Death Note: Light Up The New WorldsmileyA tous les fans du manga de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, foncez voir la dernière adaptation de Shinsuke Sato, réalisateur de The Princess Blade (2001), de Gantz (2011) mais surtout Corbeau d’Or 2016 du BIFFF avec I am a Hero (2015)! Et franchement, rien que pour les représentations des dieux de la mort, ça vaut le coup d’oeil. On retrouve vraiment l’ambiance de Death Note et le style des personnages dans ce film. Pour ceux qui ne connaissent ni le manga ni l’animé, ça va quand même être difficile de tout comprendre…   

Small Town Killers: smileyComédie noire danoise complètement barrée sur deux couples de quinquas qui ne se supportent plus. Les garçons engagent un tueur à gage pour éliminer ces dames, qui font la même chose…. Avec une tueuse. Voilà pour le tableau. Tout le reste est un joyeux bordel et un humour absurde assez inclassable. Les Danois repartent avec le prix du jury européen, le Méliès d’argent.
Prey: Gros malaise de ce BIFFF. Entre les blagues douteuses dans la salle et le rastaman qu’on est censé confondre avec un lion, sans parler du vendeur de Kebab prêt à tout accepter pour une poignée d’euros, ce film m’a épouvanté avec ses nombreux clichés grands comme des vélos hollandais. Et dire que les scènes du lion ont coûté presque 1 million d’euros, soit près d’un tiers du budget total du film… désespérant! J’espère en tout cas que c’est moi qui ai mal compris l’humour « noir » de Dick Maas car sinon, c’est vraiment grave…
 
Tromarathon: Disons-le clairement. Le cadeau fait par Troma pour les 35 ans du BIFFF n’en fut pas vraiment un. Trois films au menu (Dolphinman, BC Butcher et Hectic knife). Si le premier, plus proche du court métrage, est clairement dans l’esprit Troma, les deux autres manquaient des ingrédients classiques du genre (nichons, sang et WTF) qui ont fait de Toxic Avenger, de Troméo & Juliette ainsi que de Poultrygeist des grands Troma. Dommage, car avoir l’occasion de voir des Troma sur grand écran, ce n’est pas une chance qui se présente tous les jours… a quand la prochaine venue de Lloyd Kaufman?
Don’t Kill It: Superbe prestation de Dolph Lundgren!!! Il est fort, beau, charismatique. Il a un chapeau et… il garde ses bottes pendant qu’il fait l’amour à la bergère. Ce n’est pas tout. Dolph a une maîtrise en Chimie de l’Institut Royal de Technologie et c’est le Suédois le plus connu d’Hollywood depuis Rocky 4. Un vrai slasher… Dolph, on t’aime! Vivement le deux… 
 
Night of Something Strange: Alors celui-là, je m’en souviens plutôt bien! Une tentacule qui sort du vagin de la nana, des blagues lourdes, du sang à profusion, un film absurde et gore jusque dans les derniers instants! 
Child Eater: Eh bien disons que le Maitrank était très bon et que j’ai trouvé ça vraiment très amusant! Bon film! Probablement ma review la plus floue du BIFFF 2017

BIFFF DAY 13

Don’t Knock Twice: Prenez des fantômes, des portes, une relation mère-fille plus que compliquée et une enquête sur fond de disparition d’enfants et voici résumé le film. Un énième Candyman qui n’arrive pas à la cheville du maître. Don’t see twice !

The BarsmileyDécevant pour certains, Alex De La Iglesia m’a, a contrario, surpris de manière positive sur ce huit-clos engagé où il dénonce les abus de la presse, les manigances politiques ainsi que le climat anxiogène dans lequel nous vivons depuis de nombreuses années. Sur fond d’attentat terroriste, cette comédie satyrique joue avec les nerfs du spectateur en dévoilant les aspects les plus obscurs de la nature humaine. Que ferait-on pour sauver sa peau?  Avec un casting 7 étoiles et un scénario intéressant, ce film réussit son pari de divertir en interpellant le spectateur!  Mention spéciale pour Jésus!  

XX: smileyFilm à sketches 100% féminin avec à la barre pas moins de 4 réalisatrices:  Karyn Kusama (The Invitation), Roxanne Benjamin (Southbound), Jovanka Vuckovic et Annie Clark aka St Vincent. Ces 4 courts de 20 minutes tiennent le spectateur en haleine tout au long de la projection. Une chose est sûre : la femme est bien plus que l’avenir de l’Homme. Coup de cœur.

Le palmarès complet des longs-métrages du BIFFF 2017:

Corbeau d’or : Safe Neighborhood (de Chris Peckover)

Corbeau d’Argent : The Mermaid (de Stephen Chow)

Corbeau d’Argent : We Go On (de Jesse Holland et Andy Mitton)

Mention spéciale du jury international : Vanishing Time : A Boy Who Returned (Um Tae-hwa)

Le Jury International était composé de Christina Lindberg, Mar Targarona, Macarena Gomez, Axelle Carolyn et présidé par Euzhan Palcy.

A voir également dans l’article récapitulatif sur les films coréens du BIFFF

Prix 7ème parallèle : Swiss Army Man (Dan Kwan et Daniel Scheinert)

Mention spéciale du jury 7ème parallèle : Saving Sally (Avid Liongoren)

Le Jury 7e Parallèle était composé de Lucile Poulain, Bénédicte Philippon, Xavier Seron et présidé par Aaron Christensen.

Prix du meilleur thriller : At The End Of The Tunnel (Rodrigo Grande)

Mention spéciale du jury thriller : Free Fire (Ben Wheatley)

Le Jury Thriller était composé de Kody Kim, Jacques De Pierpont et présidé par Patrick Raynal.

Méliès d’argent (jury du film européen) : Small Town Killers (Ole Bornedal)

Mention spéciale du jury du film européen : Orbiter 9 (Hatem Khraiche)

Le Jury Européen était composé de Khadija Leclère, Anne-Laure Guégan, Martin Vachiéry, Riton Liebman, Jean-Jacques Rausin et présidé par Sylvain Goldberg.

Prix de la critique : The Tunnel (Kim Seong-hun)

Le jury était composé de David Hainaut, Marc Bussens et Olivier Clinckart.

A voir également dans l’article récapitulatif sur les films coréens du BIFFF et la critique du film par notre rédacteur .

Prégase 2017 (prix du public) : The Autopsy Of Jane Doe (Andre Ovredal)

Palmarès des courts-métrages

  • Prix Jeunesse : Downside Up (Peter Ghesquière)
  • Prix BeTv : Spooked (Emma Spook & Gil Gloom)
  • Prix La Trois : Nimmer (Lieven Vanhove)
  • Prix Sabam : Downside Up (Peter Ghesquière)
  • Prix Fedex : Spooked (Emma Spook & Gil Gloom)
  • Grand Prix : Spooked (Emma Spook & Gil Gloom)
  • Méliès d’Argent : Siyah Cember (Hasan Can Dagli)

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