Bilan de janvier à juin 2018 : un événement marquant et une brève par mois !

On vous résume cette première partie de l’année. Nous avons sélectionné, parmi le flot des actualités de janvier à juin, celles qui nous ont marqué, attiré l’attention. Ainsi qu’une brève, pour chaque mois. Il s’agit d’un choix subjectif mais ces faits méritent d’être soulignés tant pour leur audace, que leur caractère déplacé pour certains. Chacun jugera. La seconde partie de l’année (de juillet à décembre) arrive bientôt !

Janvier :

C’est un événement déterminant de l’actualité française : l’abandon du projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dit « aéroport du Grand-Ouest », à proximité de Nantes. L’idée de construire un terminal transatlantique avait été lancée en 1963, mise en veille dès 1973 avec la crise pétrolière et relancée au début des années 2000. Cette initiative a toujours suscité des réticences de la part des populations de la région. Au début de notre siècle, la volonté des responsables politiques a toutefois été claire : l’aéroport allait être construit.

Cela n’a pas plu à bon nombre de Nantais, de Français et même d’Européens. Une « zone à défendre » (ZAD) s’est créée sur ces kilomètres carrés de biotope humide où la faune et la flore sont de celles des plus riche de l’hexagone. Une cité parallèle respectueuse de la nature est née. Des habitats pas comme les autres, des méthodes de vie durables ont été le faire-valoir des habitants de la ZAD.

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Ces dernières années, les forces de l’ordre ont été envoyées à de multiples reprises sur place pour chasser les « squatteurs ». Mais il en revenait chaque fois davantage de tous pays. Les routes étaient bloquées par les agriculteurs qui soutenaient la préservation de cet endroit et refusaient de le sacrifier au profit du transit intercontinental. Il y a eu des blessés, parfois graves, au cours de ces opérations de police, et certaines personnes ont été condamnées. Le référendum n’a pas mis fin à la mobilisation. L’abandon définitif du projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes a été décrété le 17 janvier… avec une obligation pour les zadistes de quitter les lieux. Ils ont refusé et d’autres heurts avec la police sont arrivés. Aujourd’hui, certains zadistes sont toujours sur place.

– Brève de janvier :

Nora Berra, la Secrétaire d’Etat chargée de la Santé en France, a donné des recommandations pour se prémunir contre le froid, y compris aux SDF : « Ne sortez pas de chez vous« . Une maladresse qui n’est pas passée inaperçue.

Février :

C’est en fait le 28 janvier que l’entreprise de construction d’automobiles Volkswagen s’est excusée d’avoir utilisés des macaques, immobilisés en cages dans des pièces hermétiques, la tête séparée du corps, pour qu’ils respirent de force les gaz d’échappement… pour voir si les voitures diesel n’émettaient pas trop de gaz. L’expérience était en cours depuis 2014. Le scandale avait été mis à jour par le New York Times, trois jours plus tôt. Tout ceci se faisait bien évidemment à l’abri des regards, dans un laboratoire américain. Et le groupe aurait aussi réalisé des analyses similaires sur des humains.

Ce n’était pas la première fois que la marque allemande était sous le feu des projecteurs médiatiques pour des pratiques éthiquement douteuses. Comme le rappelle RT : « Fin 2015, le groupe Volkswagen avait reconnu avoir équipé au cours des années précédentes 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d’un logiciel faussant le résultat des tests anti-pollution et dissimulant des émissions dépassant jusqu’à 40 fois les normes autorisées : le fameux «dieselgate». Le département américain de la Justice ainsi que l’agence de l’Environnement américaine avaient par conséquent réclamé au constructeur allemand un dédommagement d’un montant de 20 milliards de dollars. En réponse, la direction du groupe avait présenté ses excuses et indemnisé les propriétaires des véhicules concernés par cette fraude.« 

Des singes forcés d'inhaler des gaz d'échappement : Volkswagen présente ses excuses pour son test

– Brève de février :

Le 9 février, lors d’un concert qu’ils donnaient dans la salle du Globe Aroma, à Bruxelles, la police fédérale est entrée en plein concert dans la salle, est montée sur scène et a arrêté l’artiste, au motif qu’il n’avait pas de papiers. «Un acte terroriste pour les secteurs culturels et associatifs», selon Fabrice Murgia, soutenu par le monde culturel en général.

Mars :

C’est le 12 mars qu’on a appris que le dépistage du cancer du sein serait moins remboursé à partir du 1er avril. Une décision en provenance de la Ministre de la Santé de l’époque, Maggie De Block. « Elle a décidé, pour les patientes qui ne font pas partie du groupe restreint des femmes à (très) haut risque, de limiter, voire de supprimer le remboursement des mammographies de dépistage individuelles. L’arrêté royal publié au Moniteur du 26 février dernier précise ainsi qu’il n’y aura plus de remboursement pour les femmes âgées de moins de 45 ans ou de plus de 74 ans qui n’ont pas de profil à haut risque.« , nous a expliqué La Libre.

Cette décision n’a pas tardé à faire réagir, tant la sphère politique dans l’opposition, que bon nombre d’associations défendant l’accès aux soins de santé, et des associations et collectifs féministes.

On a appris, aussi dans La Libre, que « du côté des spécialistes du dépistage, la nouvelle nomenclature fait grincer des dents. Les gynécologues ont fait état de leur désir de déposer un recours au Conseil d’Etat contre l’arrêté royal dans les prochaines semaines. “On discute depuis des années pour essayer de trouver la manière optimale de faire du dépistage. Ces modifications interviennent alors que les recommandations n’ont pas changé. On a été mis devant le fait accompli”, réagit le docteur Carine Van de Merckt, radiologue à l’Institut Jules Bordet et membre de la Société belge de Sénologie. “Notre crainte, c’est qu’on veuille aller encore plus loin en supprimant la mammographie de dépistage individuel pour ne garder que le mammotest”. Cet arrêté a été suspendu quelques jours plus tard, par l’opposition trop forte qu’il a suscité. Olivier Chastel (MR) a même demandé à la Ministre de revoir sa copie.

– Brève de mars :

L’eau en bouteille est contaminée par des particules de plastique, c’est un fait dorénavant reconnu. Du plastique a été trouvé dans 93 % des échantillons d’eau en bouteille de plusieurs marques comme Evian, Nestle Pure Life, San Pellegrino, Aqua, Aquafina ou Dasani. Toutefois l’étendue des risques est méconnue. De quoi se poser des questions sur les priorités de la Ministre de la Santé, ont répété les opposants.

Avril :

Le printemps arrive, le plan hiver est derrière nous et la question de l’emploi revient avec force dans le débat public. En avril, cela fait, à un mois près, quatre ans que le gouvernement Michel est aux commandes. Et il ne satisfait pas tout le monde. Ewald Pironet, rédacteur dans le journal néerlandophone Knack, n’a pas hésité à le dire dans un article du 12 avril relayé dans le Vif. Ce journaliste rappelle que le gouvernement Michel a fait étalage quelques jours auparavant de son contentement face à la hausse du taux d’emploi observé par rapport à l’année précédente.

Or, il y a un bémol, et le journaliste de Knack l’a pointé du doigt au risque de déplaire au gouvernement. En effet, la majorité des emplois qui ont été créés, l’ont été par des entreprises privées, non par l’Etat. L’Etat n’a en réalité pas joué de rôle là-dedans, selon lui. Ainsi, ces emplois rapportent davantage à l’Etat qu’il ne lui en coûte.

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En réalité, le taux d’emploi aurait certes augmenté mais pas en termes de qualité, comme l’a rappelé La Libre en octobre 2018. Ainsi, même s’il s’est basé sur l’ONSS pour fonder son argumentaire, le Premier Ministre a été forcé de reconnaître que la création d’emplois publics était à la traîne.

– Brève d’avril :

Et le privé n’est pas en reste. Un constat est alarmant dans ce secteur également : un indépendant de PME en Belgique met fin à ses jours tous les trois jours, « à cause notamment des contrôles incessants et des charges administratives énormes », selon l’un d’entre eux, restaurateur, acculé par cette surcharge. Cette situation est dénoncée par l’UCM qui renvoie la responsabilité du problème au gouvernement Michel, qui se proclame pourtant ardent défenseur des entrepreneurs.

Mai :

Les centres fermés, la détention de sans-papiers est de moins en moins acceptée par une série de collectifs citoyens et d’associations belges. Parmi celles-ci, il y a Tout Autre Chose, le pendant francophone de Hart Boven Hard, plateforme créée en 2014 pour dénoncer les actions anti-sociales du gouvernement Michel I. Des militants bruxellois de Tout Autre Chose ont décidé de passer à l’action de façon plutôt audacieuse. Ils ont emprunté les codes médiatiques traditionnels et ont annoncé une nouvelle choc : la RTBF deviendra un centre fermé d’ici peu !

Des passants et passantes sont interviewés : certains pour, d’autres contre. Il s’agissait bien sûr là d’un intox assumée, non d’une info : toutes les personnes sur cette vidéo étaient des militants. Mais l’objectif qu’elle s’était fixé a été atteint : faire réagir les citoyens sur le sort réservé aux personnes arrêtées par la police, les contrôles dans les trains, la participation de la STIB à la chasse aux réfugiés, à l’heure où la Plateforme Citoyenne d’Aide aux Réfugiés fonctionne bien.

Cette vidéo était également un appel à participer au SteenRock Festival, organisé juste devant le centre fermé célèbre de Steenokkerzeel, près de Zaventem et Bruxelles. Une marche groupée avait été organisée au départ de la RTBF pour signaler le refus d’une telle politique d’enfermement, dont Théo Francken se réjouissait, selon les organisateurs.

Brèves de mai :

Ce mois-ci, deux brèves à lire côte à côte, bien qu’elles n’aient pas de concomitance a priori. Elles ont tout de même un rapport au niveau global. France Info a rappelé que certains navires de croisière à l’arrêt polluent autant qu’un million de voitures. Un constat alertant, pour la biodiversité marine et par voie de conséquence, le biotope mondial. De l’autre, sur le site Santé Nutrition, des cachalots ont été trouvés morts en Allemagne, le ventre bourré d’objets plastiques et de pièces automobiles.

Juin :

La question des centrales et des armes nucléaires est une question qui suscite des réactions importantes dans toute une série d’associations écologistes ou pacifistes. Ainsi, des actions sont souvent organisées, légalement ou non, soit pour dénoncer le manque d’entretien des centrales (notamment la question des fissures), soit pour demander carrément leur fermeture pour des raisons de sécurité publique et environnementale. « Des accidents nucléaires ont déjà eu lieu et on a vu ce que ça a donné ! », disent les partisans de la cause, régulièrement. Mais aussi le stockage d’armes nucléaires.

En juin 2018, certains ont décidé de faire une démonstration de force et de se rendre sur la base nucléaire de Kleine Brogel « pour aller demander directement aux responsables sur place de ne plus héberger les ogives nucléaires américaines« , présentes depuis plus d’un demi-siècle sur le sol belge.

Que la Belgique devient une « Nuke Free Zone« , ils l’ont clamé et en ont fait une vidéo. L’opération citoyenne a été appelée « Nique the Nukes ». Un message fort et clair. Après vingt minutes à circuler dans cette base nucléaire, les huit militants qui y étaient entrés, ont été arrêtés judiciairement. Ils ont été libérés le jour-même. Zoé Genot qui était parmi eux, a déclaré, dans une interview à sa sortie du commissariat : « Heureusement que nous n’étions pas des personnes mal intentionnées ! ». En tant que députée, elle bénéficie de l’immunité parlementaire, contrairement aux sept autres militants.

Brève de juin :

C’est une histoire qui a eu lieu en mai mais qui n’a été rendue publique qu’en juin, à la libération de Cedella Roman, jeune Française de 19 ans. En touriste aux USA, faisant du jogging, elle a été prise pour une migrante entrée illégalement sur le territoire américain. Elle a été arrêtée et placée avec des migrants sans papiers pendant quinze jours et maltraitée par la police. « Cela m’a permis de mieux comprendre le sort de tous ces gens », expliquera-t-elle. Elle est, dit-elle,  interdite de territoire américain jusqu’à nouvel ordre… pour une course à pied.

En Belgique, le 17 juin, le Ministre Flamand de l’Emploi, Philippe Muyters, a prévenu qu’il suspendra les revenus des prépensionnés qui refusent un emploi. Certains ont déclaré qu’il s’agissait d’une remise au travail forcé.

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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