Black Science, tome 1

Vêtus de combinaisons high-tech rappelant celles des astronautes, deux individus courent à travers la jungle pour échapper à d’étranges batraciens humanoïdes et rejoindre le Pilier avant la fin du compte à rebours. Voilà ce que c’est d’être un scientifique un peu fou qui a passé sa vie à toujours fuir les règles : un jour où l’autre, on finit par subir les conséquences…

Black Science raconte l’histoire de Grant McKay, savant underground avide de sciences interdites et inventeur d’une machine capable de voyager entre les dimensions : le Pilier. Ce qui devait être la première expédition interdimensionnelle de l’histoire est cependant perturbée lorsque les scientifiques découvrent que leur engin a été saboté, programmé pour faire des sauts irréguliers entre les dimensions. Projetés dans l’Infinivers par le Pilier, Grant et son équipe n’ont plus qu’une solution : survivre en attendant le prochain saut dimensionnel de la machine, en espérant que, cette fois, la destination suivante sera la Terre.

Scénarisé par Rick Remender et dessiné par Matteo Scalera, Black Science est un comics de science-fiction qui par certains aspects rappelle les pulp magazines, cette littérature romanesque bon marché du début du vingtième siècle. En faisant voyager ses héros entre les dimensions, Remender se donne les moyens de sans cesse réinventer des univers aux concepts originaux voire alambiqués. J’ai déjà cité les hommes-grenouilles ci-dessus, mais que dire d’une planète peuplée de singes possédés par des entités gazeuses intelligentes, ou de cette Terre alternative où se déroule une Première Guerre mondiale qui aurait vu les Européens affronter des Amérindiens ayant développé des technologies bien supérieures aux nôtres (cf. l’image de couverture) !

Black Science 1

Mais Black Science, ce n’est pas que de la SF, c’est aussi de la survie : esclaves d’une machine au compte  à rebours capricieux, les héros sont sans cesse maintenus dans ce sentiment contradictoire d’angoisse mêlé d’espoir. Où les mènera le prochain saut dimensionnel ? Vers leur Terre d’origine, ou sur un monde hostile où il leur faudra à nouveau survivre quelques minutes, quelques heures, voire quelques jours ? Notons au passage que le trait nerveux et anguleux de Scalera reflète particulièrement bien cette situation d’urgence que vivent les personnages, en même temps que le dessin réussit à mettre en valeur les mondes et les créatures qui peuplent chaque dimension.

Il est toujours difficile de juger une bande dessinée sur son premier tome, mais il faut reconnaître que Black Science augure de la très bonne qualité. Le concept du voyage entre les dimensions garantit à la série un certain renouvellement, d’autant plus que les membres de notre équipe de dimensionnautes sont loin d’être inamovibles ! Rajoutons à cela le choix d’Urban Comics de suivre la même logique que l’éditeur américain original (Image Comics), en proposant le premier tome à seulement dix euros ! De la bonne science-fiction à petit prix, servie par un scénario sans concession pour ses personnages !

Rick Remender et Matteo Scalera, Black Science, t. 1 : De Charybde en Scylla, Urban Comics, 176 p., 10 €

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Passionné de cinéma, de bandes dessinées en tout genre et de littérature de science-fiction, quand je n’alimente pas mon propre blog j’essaie de faire un peu d’histoire…

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