Bleu Bleu à Océan Nord

« Toulouse, 1992. Hades est un jeune homme à la dérive. Il brûle la vie par tous les bouts et la noie dans les stupéfiants, le sexe et la mouvance grunge. Il appartient à un groupe de 3 artistes. Leurs points communs : ce sont des personnages à la fois exaltés, désinvoltes et provocateurs. A l’approche d’une grosse exposition, ils se lancent dans la revente de drogue pour financer leur production artistique. Pris au jeu de cette activité commerciale, ils en font même le sujet dominant de leur travail. Ils filment pour les besoins de l’exposition une série de portraits de leurs clients et de leurs fournisseurs qui donnent un panorama de l’état d’esprit des années nonante. Mais l’attitude merdique d’Hades finira par lui attirer les foudres de son entourage ».

Drogue, grunge, art, voilà le cocktail qui a fait de Bleu Bleu une pièce attendue par bon nombre. Offrant donc salle comble dès sa première.

Nous sommes plongés dans la pénombre, un vaste intérieur d’appartement -plutôt semblable à un squat- se profile. La seule source de lumière est un lustre qui diffuse son aura sur un anti-héros inspiré, imbibé, trippé trippant. Premier monologue d’introduction qui fait écho à qui a pu activement faire la fête et qui fait de manière généralement tout bonnement rire grâce au jeu de Nicolas Luçon et son expressivité exacerbée (qui n’est pas sans rappeler Jim Carey – ceci n’est pas une insulte, je répète, ceci n’est pas une insulte). Et c’est en fait, à peu près de monologue en monologue, de délire en prise de conscience, parfois géniaux parfois moins qu’évolueront les aventures artisticos-camées de cette bande de jeunes « perdus ». Produits des 90s, esclaves de leur époque, esprits désillusionnés et cyniques tels des personnages tout droit sorti d’un Bret Easton Ellis (cité dans la pièce d’ailleurs).  

Le choix scénaristique fait de monologues est un peu lourd,  pour tous. Les acteurs doivent les assurer et le jeu d’acteur est parfois inégal, le manque d’interactions affaiblit le rythme général et la trame patchwork d’événements et de vécus larguent quelques fois le spectateur durant les (tout de même) deux heures de représentation… Notons des interludes musicaux de qualité, ponctuant la pièce d’une note crasseuse supplémentaire et la découverte du génial acteur Renaud Cagna.

Il est également un élément particulièrement remarquable à souligner. Le sens aigu de l’esthétique de l’auteur/metteur en scène Stéphane Arcas. Le plasticien ressort ici et nous offre des jeux de lumières, d’ambiances, de compositions d’espace à la fois glacials et puissants. Une scène finale qui telle une oeuvre visuelle à part entière, horrifie autant qu’elle éblouit. Nous laissant,nous, partant, un peu secoués, un peu déboussolés, après tout bien mois que la génération précédemment illustrée.

Du 14 au 25 janvier 2014 au Théâtre Océan Nord

Texte et mise en scène: Stéphane Arcas

Assistanat à la mise en scène: Julie Nathan

Avec Marie Bos, Renaud Cagna, Cécile Chèvre, Chloé De Grom, Ugo Dehaes, Julien Jaillot, Nicolas Luçon, Guylène Olivares, Philippe Sangdor, Claude Schmitz

Tarifs : de 5,00€ à 10,00€

Durée du spectacle : 2h00

Plus d’informations sur le site du théâtre Ocean Nord 

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