Bon sexe, bon genre

Le livre Bon sexe, Bon genre, écrit par la psychologue Marie Andersen nous parle du fait que, finalement derrière nos organes sexués féminins ou masculins, il y a ce que l’on nomme le genre : lui aussi féminin et masculin. Ne serait-ce pas le genre qui nous définit en tant que féminin ou masculin? Et finalement, n’est-ce pas seulement une création de la société. Ce qui amène à croire que les petites filles aiment porter du rose et apprennent à s’occuper de leurs bébés et que les hommes se dirigent plus facilement vers les sports de combat. C’est ce qu’essaient d’étudier les théories de genre. A partir de ce constat, finalement on en vient à se demander pourquoi un sexe masculin ou féminin devrait-il/elle se conformer au genre qu’on lui a défini ? Et si finalement comme l’exprime Marie Andersen, on se permettait d’être qui on est ?

L’auteure ne s’est intéressée que récemment à la question du genre. Comme elle l’exprime elle-même, elle s’est toujours « sentie bien ». « Mon sexe féminin a toujours été en accord avec mon genre féminin, je ne m’étais donc jamais vraiment posé la question. » Et puis, la grande manifestation contre le mariage pour tous a fait rage en France. La psychologue vivant entre Bruxelles et le Sud de la France, elle a ressenti plus fortement tous les débats qui ont fait rage alors dans l’hexagone.

Les détracteurs du mariage pour tous, au-delà de leur volonté de conservatisme en ce qui concerne la famille « traditionnelle », ont aussi soulevé cette question du genre. Ces personnes « ont peur, peur que la société s’écroule: que les femmes ne soient plus des femmes et que les hommes ne soient plus des hommes. » Et c’est là que ça devient intéressant car un sexe masculin qui ne rentre pas dans les schémas du genre masculin est-il moins un homme? Autant vous dire que la réponse de l’auteure est certaine: « bien sûr que non ».

La société et ses clichés

« – Comment sais-tu que tu es un garçon? »

– Parce que je fais de la boxe » répond le garçon de 4 ans.

Et pourtant le garçon ne fait même pas de boxe, nous confie Marie Andersen. Dès leur plus jeune âge les enfants sont bercés par ces stéréotypes qui les cadre dans un sens, mais qui les restreint aussi. On va plus facilement dire à une petite fille qu’elle devrait bien se tenir, ne pas « salir sa jolie robe », etc. « Or, avant l’adolescence, et le développement des muscles chez l’homme, les garçons et les filles sont semblables au niveau de leur force et de leurs possibilités », explique l’auteure.

Ce n’est pas pour autant que les hommes et les femmes n’ont pas forcément des différences. L’auteure prend pour exemple le (malheureusement) fameux livre « Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus ». Ce qu’y est décrit est marrant: les femmes seraient plus jalouses, les hommes plus « je m’en foutistes »… pourquoi pas, mais « que personne ne croie que les hommes et les femmes sont comme ils sont décrits par nature ». Et c’est là la différence: ces différences peuvent être réelles, mais c’est le fruit de la société et non de données biologiques…

Avec de nombreux exemples de la vie de tous les jours, Marie Andersen nous démontre donc que finalement si ce n’est le fait que la femme peut enfanter, il existe peu de différences entre les deux sexes. Beaucoup moins que ce que la société veut nous faire croire.

La science qui appuie des clichés idiots

On voit souvent dans les journaux/magazines/sur internet passer des études qui démontreraient des différences innées entre les hommes et les femmes. Dont une très connue, qui voudrait que la femme soit capable de faire plusieurs choses en même temps et pas l’homme… Oui bien sûr, je peux vous affirmer que je suis totalement INCAPABLE de faire deux choses en même temps. Deux choses sont problématiques dans ces conclusions scientifiques. Dans un premier temps, la façon dont les données sont récoltées et surtout dont elles sont interprétées. Ensuite, la façon dont les médias vont les divulguer. Ils ne s’attardent souvent que sur un point qui risque d’attirer les lecteurs, et c’est bien souvent un point qui rentre dans les stéréotypes.

Marie Andersen ne s’est pas arrêtée à ces résumés que l’on trouve dans certains articles. Elle est allée lire elle-même les études pour en comprendre les aboutissements. Elle donne d’ailleurs de bons exemples en démontrant par A plus B que les données peuvent être interprétées de différentes façons et donc ne pas donner le même résultat… Je laisse un peu de suspens, en m’arrêtant là et vous laissant découvrir tout ça lors de la lecture du livre.

Cette question du genre a également amené la psychologue à s’intéresser à ce qui se passe pour les personnes transgenres: « Ces personnes particulières, qui vivent en inadéquation partielle ou totale entre leur corps et leur âme, mettent-elles la société en péril? Représentent-elles un danger pour l’ordre établi? » Ici aussi, avec de nombreux exemples, elle nous donne une idée de ce qui peut se baser dans l’esprit de ces personnes.

Avec une écriture agréable et des exemples de tous les jours, Marie Andersen, nous démontre dans son livre que finalement, le genre n’est pas défini et qu’après tout, on devrait comme son livre l’explique: « se permettre d’être qui on est ».

« Bon sexe, bon genre », Marie Andersen, Ixelles éditions, 2015, 320 p., 19,90 €.

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Passionnée par l'écriture, j'ai fait des études de journalisme et me voilà maintenant journaliste freelance et rédactrice (c'est un peu comme une vie de saltimbanque avec de la déontologie et un peu de sérieux en plus!). Parfois aussi je prends ma caméra et j'arrive même à en faire des reportages.

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