Le Brexit, ou l’échec de Cameron

crédit photo: Bojesen

Vous n’avez pas pu passer à côté. Le Royaume-Uni décide de claquer la porte après plus de quarante ans de mariage avec les institutions européennes. Le monde ne s’y attendait pas, cependant n’était-ce pas la seule issue d’un mariage sans amour ?

Je suis peut-être un peu trop dur, mais le Royaume-Uni a toujours été très hésitant dans sa relation avec l’UE, gardant à chaque fois un pied dehors, de peur de s’investir plus. En effet, ne faisant partie ni de l’Euro ni de la zone Schengen, le moins qu’on puisse dire c’est la place du Royaume-Uni en Europe a toujours été… compliquée.

Une relation tumultueuse et ponctuée de crises

Il faut dire que ça commençait mal. Dès le début, la France opposait son véto à l’adhésion du Royaume-Uni… Ensuite, dix ans après l’adhésion du pays, en 1973, Margaret Thatcher plonge la Communauté européenne en crise avec sa fameuse phrase « I want my money back !». Plus tard, le Royaume-Uni s’oppose à une Europe fédérale et continue avec le refus de la monnaie unique, l’Euro. La liberté de circulation (zone Schengen) est également refusée en 1997. Finalement, le Premier ministre actuel (et démissionnaire) a tiré la prise. Il avait promis l’organisation d’un référendum en cas de réélection. Le référendum était toutefois plus une stratégie de politique interne et un outil contre l’euro-sceptique Nigel Farage, qu’un réel souhait de référendum. Il ne s’attendait certainement pas à un réel vote sur la sortie de l’Union européenne. Malheureusement, « he gambled and lost », comme on dirait dans la langue de Shakespeare. Un pari qui met à feu les bourses du monde.

Une séparation déchirante

C’est par référendum légèrement majoritaire (52 %) que le Royaume-Uni a décidé d’annoncer la nouvelle à l’actuelle Union Européenne. Et quand on dit Royaume-Uni, on veut surtout dire l’Angleterre et le Pays de Galles car, comme le montre bien le New York Times en image, tant l’Écosse, l’Irlande du Nord que Gibraltar souhaitaient rester fidèles à l’Union Européenne.

Les réactions ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. L’Écosse réaffirme son souhait d’indépendance, l’Espagne demande la souveraineté partagée sur Gibraltar… Quant au reste de l’Europe, elle oscille entre déception, une moue stupéfaite et révoltée sur le visage, et excitation. En effet, nombreux euro-sceptiques frétillent déjà à l’idée d’un exit de leur pays de l’Union européenne et se pressent dès lors de demander un référendum à leur tour.

Un avenir incertain…

La différence de vote entre les jeunes et les vieux est, elles aussi, assez préoccupante. En effet, les moins de 24 ans, qui sont tout de même l’avenir du pays, voulaient rester dans l’UE. Tout cela donne matière à réfléchir quant à la légitimité du référendum. Une majorité de votants – aussi faible soit-elle – peut-elle sceller le sort de tous les autres ? N’est-ce pas une image dépassée de la démocratie, comme le pense David Van Reybrouck ?

Divorce ou réconciliation sur l’oreiller ?

Les scénarios pour la suite sont très douteux. Est-ce la fin de l’UE, ou justement une opportunité de consolidation ? Est-ce le début d’un nouveau krach boursier ou n’y a-t-il que le Royaume-Uni qui va en souffrir ? Tant de questions et si peu de réponses.

Personne ne sait vraiment ce que l’avenir nous réserve… Si ce n’est que Culture Remains, en bon seigneur, ne va pas décider de bouder le pays et la langue de Shakespeare (mais aussi de Hugh Laurie et de Geri Halliwell) et compte bien continuer d’écrire des articles en anglais (et ce, pour votre plus grand bonheur, évidemment).

Quoi qu’il en soit, mieux vaut en rire qu’en pleurer, ce que fait la toile, avec brio, d’ailleurs ! 

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“I have always had more dread of a pen, a bottle of ink, and a sheet of paper than of a sword or pistol.” ― Alexandre Dumas, The Count of Monte Cristo

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