Ça déménage !

« Vider caves et greniers, retrouver des objets oubliés, trier, jeter, emballer, transporter ses cartons, en perdre l’un ou l’autre en route et vider les autres, puis investir une nouvelle maison, récurer et refaire la déco, découvrir ses voisins, se construire de nouveaux repères. “Ça déménage !” suppose le mouvement, le changement, l’énergie et le transport. Au point de qualifier une ambiance plutôt remuante. Au point de s’appliquer à celui qui perd la boule. »

Nous avons eu l’immense (oui, oui !) honneur de recevoir le recueil des nouvelles ayant gagné pour 2010-2011 le concours annuel de la Communauté Française.

Ah, parce que la Communauté française organise un concours ? Comment ça marche ?

Chaque année, la Communauté française lance un thème, au début de l’année scolaire et offre à toutes les personnes résidant en Belgique, de sept à soixante-dix-sept ans (non, je rigole, ils acceptent aussi les prodiges de 3 ans et les génies de 80 balais), la possibilité de s’exprimer en rédigeant une petite (15 000 signes et c’est tout) histoire en rapport avec ledit thème. Outre la restriction de signes, vous devez impérativement n’avoir jamais été publié (pour de la fiction) par un éditeur auparavant et généralement envoyer votre trésor avant la mi-décembre. Bon, jusque là, rien d’impossible.

Le thème de 2010 – vous l’aurez deviné, c’était « ça déménage ! » – a inspiré par moins de 278 personnes. Il n’empêche que 10 seulement furent récompensées et publiées dans ce petit livre… Ce qui les différenciait des autres ? Leur originalité et leur talent, logiquement… Mais nous, lecteur, qu’avons-nous pensé de ces petits produits littéraires ?

Deux constatations s’imposent à nous. La première est que la limitation du nombre de signes ne joue pas en faveur des textes. Les récits peuvent être bien écrits, émouvants, perturbants, surprenants, à la fin de chacun nous nous surprenons à ressentir une sensation de manque, d’insuffisance voire presque de négligé qui nous dérange. Qu’importe l’intérêt de la lecture, il est impossible d’y prendre pleinement plaisir

La deuxième est que, même si le concours est ouvert à tous, pas un seul récit vraiment « jeune » ne vient ponctuer le recueil. A vrai dire, au niveau des protagonistes, il y a même plus de « vieux » que de « jeunes ». Pourtant, le thème aurait été propre à des récits de débauche, de puberté ou même d’enfance… Mais non, nous nous retrouvons mêlés à des réflexions essentiellement portées sur la vie et ses changements induits par l’âge… La difficulté de vivre, de changer les choses, de secouer le cocotier, de sortir de ses habitudes ou de sortir les autres des leurs. Une thématique pour le moins intéressante mais qui, en nous plongeant ici littéralement dans la vie d’inadaptés, n’est pas des plus joyeuses. Et, malheureusement, cette redondance thématique « tue » réellement le plaisir qui restait à cette lecture.

En refermant le livret, nous n’avons qu’une seule envie : entamer un bon gros roman qui nous tiendra chaud au cœur. Il est vraiment dommage qu’on ne puisse pas, en tant que lecteur, s’approprier réellement ces récits, les méditer, les mâchouiller, les réinterpréter et puis les chérir comme les petits bijoux qu’ils auraient pu être…

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