Casse-tête chinois

Après une auberge espagnole à Barcelone et des poupées russes à Saint-Pétersbourg, Klapish nous propose un casse-tête chinois…non pas à Beijing mais à New-York, dans son quartier chinois. Ça vous étonne ? Rien de plus logique. New-York est un peu à l’image du propos de la trilogie de Klapish qui loue la multiculturalité, le brassage des langues et des communautés. C’est beau, enthousiasmant, mais pas forcément facile et rose tous les jours. La vie, au fond, c’est comme une boîte de chocolats…ou une mégalopole américaine.

Après dix ans de vie commune entre Londres et Paris, Wendy quitte Xavier et bientôt le vieux continent pour retrouver son nouvel amour à New-York. Souci, Wendy emmène les enfants. Pour voir grandir ses enfants et accessoirement écrire son nouveau roman autobiographique, Xavier choisit de s’installer à New-York, où il retrouve Isabelle qui porte son enfant et décide d’épouser une chinoise pour devenir américain. Un vrai casse-tête.

Même s’il ne surprend plus, avec les tribulations de son héros tourmenté, Cédric Klapish propose un film réjouissant. Réjouissant, parce qu’il a un vrai don pour la narration de la vie quotidienne, qu’il souligne de sa mise en scène inventive et intelligente. Même s’il faut reconnaître qu’en terme de mise en scène, son inventivité s’émousse en cours de film. Réjouissant aussi, parce qu’il nous permet de retrouver avec plaisir Xavier, Cécile et les autres; cette galerie de personnages attachants crées il y a dix ans. Ils sont bobos certes, caricaturaux sûrement, mais la force même de ce casse-tête chinois, comme des deux premiers volets, est de partir de personnages caricaturaux, pour livrer un récit aux accents réalistes, et capter les détails du quotidien qui peuvent être les ingrédients à la fois d’une comédie et d’un drame.

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Comédie dramatique me direz-vous et bien oui, c’est tout à fait ça. Si Klapish prend soin de clôturer efficacement les aventures de Xavier sur le ton doux-amer qu’on lui connaît et qui reste sa marque de fabrique, cela tient aussi beaucoup à la présence de Romain Duris, devenu acteur français majeur depuis le premier volet, à l’instar d’Audrey Tautou et de Cécile de France d’ailleurs, qui porte le film sur ses épaules. En roue libre, il est pour beaucoup dans la réussite du film. Difficile d’imaginer le film sans lui tant ce personnage lui colle bien à la peau.

Cécile de France et Audrey Tautou sont, comme Romain Duris, à leurs places et livrent les prestations qu’on attend d’elles. Petite mention tout de même pour Cécile de France qui parvient à incarner avec intelligence le malaise qui touche une génération qui désire rester jeune mais qui perçoit bien que le temps avance et est inexorablement cruel.

Si on peut reprocher dès lors quelque chose à Klapish, c’est de ne pas prendre beaucoup de risques et de livrer un film convenu. Un film de qualité certes, mais qui aurait mérité de nous surprendre comme cela avait été le cas pour l’Auberge espagnole.

À voir dès la 11 décembre 2013

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Comme le dit si bien Pascal Quignard, "Ecrire, trouver le mot, c'est éjaculer soudain". Ou encore Alphonse de Lamartine, "La critique est la puissance des impuissants". Mmh, pas très cohérent tout ça. Pour ma part, et pour contredire Sheakspeare, la critique n'est pas aisée et je ne suis pas dans l'aisance. J'écris néanmoins parce que c'est par moment assez jouissif, comme l'exprime si bien l'ami Quignard. A part cela, j'aime le cinéma, la bd, la musique et les citations à la con.

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