Celestia, resterez-vous à bord de l’aéronef ?

Celestia propose de prendre la route à bord d’un aéronef pour un voyage sur une route qui vous fera rencontrer pas moins de neuf cités logées dans les nuages. Chaque joueur assume à son tour le rôle de capitaine, chargé de mener l’équipage à bon port, chaque étape permettant de récolter un trésor plus important, sous la forme de points supplémentaires. Les dangers sont nombreux et si le voyage prend fin brusquement, avec un crash de l’aéronef, tout le monde est perdant. Les joueurs doivent donc estimer quand il devient trop dangereux de rester à bord, au risque de ne pas participer à une échappée belle qui pourrait s’avérer décisive pour la victoire finale.

En effet, les points gagnés sont plus élevés à mesure que l’on avance sur le plateau de jeu, bien que de bonnes surprises puissent se produire, certaines tuiles donnant droit à plus de points que le minimum indiqué sur leur face. Dans un exercice de probabilités appliquées, chaque joueur doit estimer ce qu’il pourrait gagner, à quel point il en besoin (si, à la fin d’un tour, un joueur possède 50 points, il gagne la partie), et l’équilibre délicat entre les chances que le capitaine franchisse un niveau supplémentaire et les risques que l’ensemble du petit groupe périsse.

Dans sa main, chaque joueur possède huit cartes, permettant de réaliser autant d’actions impactant le cours du jeu, soit pour réagir aux épreuves que les dés imposent (avec des cartes « Équipement », soit, par exemple, pour forcer quelqu’un à quitter l’aéronef ou pour sauver sa peau en cas de crash (avec des cartes « Pouvoir »). Dans ce monde dangereux, le joueur doit constamment s’interroger : « je reste ou je descends ?« .

On soulignera un mode d’emploi à la fois très clair et très complet, où rien n’est laissé au hasard. Si le démarrage du jeu la première fois peut être légèrement compliqué, car il est nécessaire de se familiariser à la dynamique du jeu et aux fonctions des différentes cartes, une fois lancé, à l’aide d’un petit tour de chauffe, l’immersion est rapide et l’amusement au rendez-vous.

Le montage de l’aéronef, en carton dur, peut faire sourire mais contribue à la création d’un bel univers porté par un graphisme très poétique. À partir de l’âge de huit ans, accompagnés par des adultes, les enfants pourront s’immerger dans un jeu où la stratégie et les probabilités permettent aux plus grands de réfléchir, tout en laissant une chance aux plus petits, grâce à la part laissée au hasard et du fait de l’incapacité à prédire toutes les situations possibles restantes.

Au final, Celestia mérite certainement votre attention et offre quelque chose de différent, avec un supplément d’âme.

Celestia, un jeu d’Aaron Weissblum, illustré par Gaétan Noir, chez Blam !, à partir de 8 ans, 2 à 6 joueurs, environ 30 minutes.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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