Ces pubs qui marchent malgré tout…

Il m’arrive souvent de partager mes interrogations existentielles sur le monde de la comm’ et de la publicité. Entre les pubs débiles, celles de mauvais goût et les ringardes, on a de quoi se questionner sur leur processus de création (ou, autrement dit, on se demande franchement « Mais qui est l’abruti qui, cette putain d’idée lui passant par la tête, s’est dit que ce serait une putain de bonne pub? »).

Outre cela, il y a des pubs dont le sens nous échappe toujours. Vous savez, ce genre de publicités très lyriques et poétiques, avec plein de belles images à couper le souffle mais qui fondamentalement n’ont aucun lien (ou si peu) avec le produit vanté. En tête se trouvent les pubs pour le parfum, les voitures et l’alcool.

A croire que ce sont les trois plaisirs que l’homme se paie régulièrement dans sa vie d’adulte… Et, à dire vrai, ce n’est pas foncièrement faux. Ces trois produits magiques nous ouvrent incontestablement les portes de la « coolitude » extrême. Le must étant bien sûr de sentir bon en ayant une belle voiture et en dégustant (avec sagesse et modération, bien sûr) des produits alcoolisés de qualité (sic).

Ce qui me laisse toutefois perplexe, c’est la réelle efficacité de ces publicités. Est-ce que l’homme se laisse vraiment influencer par celles-ci quand il s’agit de tels produits ? Personnellement, je ne m’imaginerais pas aller compulsivement acheter le nouveau Dior ou la nouvelle Peugeot après avoir visionné la pub, comme ça, pour les essayer. D’abord parce qu’à force, je serais ruinée et ensuite parce que ce genre de produits sont censés durer dans le temps (comment ça vous changez de parfums et de voiture tous les mois?! Bande de riches, va!)

Ce qui me fait croire que ce genre de pubs poétisées au possible cherchent à marquer sur le long terme… Un poil de mystère, un peu de romance, de belles vues, parfois un peu d’humour… Et vous voilà presqu’embarqués dans un mini film qui vous aidera probablement, grâce à sa qualité et son originalité (espèrent-ils), à faire le bon choix, la prochaine fois que vous vous retrouverez chez le concessionnaire ou à la parfumerie.

En ce qui concerne l’alcool, j’imagine qu’il s’agit plus d’une volonté de déculpabiliser la clientèle en présentant la boisson comme un produit de qualité que l’on savoure et qu’il faut donc avoir chez soi, ne serait-ce que par pur bon goût. Quand bien même ce bon goût qui ne rime pas toujours par plaisir gustatif. Voilà ce que me suggère par exemple les pubs pour Johnnie Walker: Un bel homme ténébreux, un endroit luxueux où la fête bat son plein, des paroles à double sens induisant un peu de mystère et captant l’attention du spectateur…

Et voilà, rien que pour le regard pénétrant du Monsieur et parce que la soirée a l’air trop hype, la prochaine fois que je suis chargée d’acheter du Whisky (bien que je n’en consomme pas), je penserai peut-être inconsciemment à Johnnie Walker (qui marche bien, lui aussi*).

Alors même si ces publicités sont beaucoup moins directes que Bonux (qui est une question de bon sens…), je ne peux m’empêcher de me demander à quel point nous sommes conditionnés et « programmés » pour vivre notre vie par procuration à travers les publicités?

* Notez le petit jeu de mot fort bien placé, n’est-il pas?

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I'm always curious about new things, I love learning and I'm a creative person. That means I need to use my creativity to feel good and happy. That's why I've created Culture Remains and my other website, Naïra.

2 Comments

  • La publicité nous en faisons naturellement tous depuis notre enfance :
    Papa j’ai bien travaillé (on se vend) je peux avoir…
    On se vend aussi pour plaire à l’autre, on se vend également par nos capacités, diplômes, etc. pour avoir un travail, on se vend toujours pour
    Un film se vend par un trailer, un disque par une diffusion radio et autre ep, un livre par une promotion ou une interview, des vêtements par la mise en scène de la vitrine, un voyage par des photos, des fruits et légumes par un bel étalage. Une catastrophe naturelle fait du marketing pour demander des fonds, idem pour les associations telle Resto du coeur ou Téléthon, sans marketing derrière, sans buzz et autre évent, çà ne survit pas. Bref, tout et tout le monde à besoin qu’on regarde vers lui, pour se vendre, financièrement ou non. Il est normal qu’un produit fasse sa publicité, pour « qu’on sache qu’il existe » face à sa concurrence. Même ce blog à besoin d’être connus pour le bien de ce qui le font vivre, plus CR peut être connu du plus grand nombre, plus cela lui sera bénéfique et quoi d’autre qu’une campagne de communication, quelle qu’elle soit ? Publicitaire, j’aime dire que la publicité, deuxième plus vieux métier du monde après la prostitution, n’est pas une chose à combattre. Des petits sourires quotidiens par le spot qui fait rire ou la prise de conscience sur les dangers de la route ou des pervers sur internet, ce n’est finalement pas la publicité qui nous fait du tors mais c’est bien nous-même car c’est le propre de la nature humaine de se laisser influencer, de penser collectif, de suivre passivement car ça rassure.

    Pour l’exemple, le spot de Johnny Walker a évidemement pour but de vendre du Johnny Walker mais apr!s tout, c’est eux qui prient ce spot et le prix exorbitant des diffusions. il a au moins le mérite d’être bien fait, de permettre à des jeunes réalisateurs, acteurs, preneurs de son, afficheurs, printeurs, et de nombreux autres professions de vivre. Car bien qu’on ne reproche pas à des acteurs de gagner leur vie par le cinéma, il y a tout un monde d’intermittents et autre qui vivent de ce qu’ils aiment bien, moi le premier et mon ami qui fait de la 3d le suivant.
    Alors oui, on peut se laisser influencer et acheter une bouteille de johnny Walker plutôt qu’un William Lawson ou un Jameson, mais finalement, les autres ne sont pas différents. Seul l’amateur de whisky aura bu plusieurs de ces marques et achètera pour le goût, selon ses propres critères et lui le premier sera content de savoir, via la pub, qu’un millésime spécial est produit par sa marque préférée. On a beau vous vendre du N°5 de Channel à coup de stars renommées, d’affichage intensif, si on n’aime pas l’odeur, il y a de forte chances qu’on n’achète pas ce parfum sauf si on y voit un gage de hiérarchie sociale où, là encore, le problème vient de « moi » de l’acheteur sensible et faible face à « un certains standing » à vouloir atteindre. Standing instauré par les marques elles-même, parfois justifié de part leur qualité e produits, leurs exigence de fabrication, leur faible production (Cartier, etc…) parfois non justifié où l’on parle de « phénomène de mode » décrite dans les magazines, par les stars, influencé par le cinéma ou l’entourage.
    On me dira que la mode c’est la publicité qui la crée, j’en pense tout l’inverse, la publicité est souvent à la traine, s’inspire, suit, pompe, imite mais ne crée nullement.

    C’est aussi par la publicité que les produits concurrentiels s’observent et quand l’un propose un prix démocratique, les autres font l’effort également et au final, c’est le consommateur qui y gagne. Quand l’un pousse la qualité de son produit, l’autre augmente le sien, et c’est encore le consommateur qui y gagne. Quand l’un innove, il force les autres à le faire aussi. Bref, comme pour le verre à moitié vide, il y a aussi un autre regard possible.

    Last but not least, si les publicités sont si souvent mauvaises, misogynes ou sans créativité c’est surtout et avant tout à cause des « non publicitaires et leur esprit contrôleurs, calculateurs, obtus qui travaillent chez l’annonceur » et non des agences de communication ou création qui elles, en interne, ont des gens qui veulent faire de « chouettes choses », de « belles campagnes ». Mais Il suffit de voir la nuit des publivores ou les nombres festivals comme Cannes Lions pour se rendre compte que ce qui nous est donné à voir de manière « nationale » n’est pas représentatif de la richesse publicitaire mondiale et du plaisir qu’elle peut procurer au quotidien. Ouf !

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