Charlie Winston, lately mais sûrement, s’offre un retour urbain de choix

Il a perdu son chapeau, Charlie Winston. Enfin perdu… remisé plus certainement pour les besoins des visuels de l’album (on nous dit par ailleurs qu’il le portait bien lors de son showcase secret au Coudenberg de Bruxelles). Et ce Hobo de Charlie l’est peut-être un peu moins. En effet, le chanteur, après « 4 ans de silence » (tout est relatif), revient un peu plus urbain, un peu plus électro que sur ses précédents albums. Ce n’est pas pour nous déplaire, c’est tellement rare un artiste qui entraîne où il veut sa spontanéité et sa fraîcheur sans subir les choix commerciaux de la musique qui marche.

Charlie Winston Curio City Lately

Ainsi, le natif des Cornouailles anglaises a libéré en cette fin de janvier un troisième album (officiellement car il y a aussi l’auto-produit Make Way et Mischifus) Curio City, digne et attendu successeur de Hobo et Runing Still. Il a fallu quatre ans (soit le double de temps qu’entre Hobo et Runing Still) mais Charlie est loin de s’être perdu en chemin. Mieux, avec ce très réussi Curio City, Charlie Winston en construit, des ponts entre les genres, toujours avec la même réussite et une voix mesurée et sublime. Peut-être plus que jamais. Et c’est la grâce de Wilderness qui a l’honneur de commencer cet album. Dès le début, pas de doute, l’auteur-compositeur-interprète s’engage dans un autre de ses univers. C’est simple, on s’envole sur des arrangements évoquant des grands espaces, autant réjouissants que bouleversants. Et ce n’est que la première piste.

Charlie Winston Curio City 2

D’autres chansons comme Truth ou Another Trigger (aux rythmes si saccadés dont Winston a fait l’une de ses signatures) renvoie à l' »ancien » Charlie, plus folk, plus blues. D’autres vont de l’avant dans le monde de la pop lumineuse, entraînante, rythmée et de grande qualité: Say SomethingA Light (séquencé en Night et Day), le premier et puissant single Lately. Puis il y a d’autres pépites aussi, Just Sayin comme si Michael Jackson avait rencontré Winston. Le plus acoustique Evening comes. Avant la conclusion, dans la veine de Boxes, piano jazzy et sublimes et discrets arrangements de cordes, pour Stories.

Enfin, la fin? Non, car en plus des 12 morceaux originaux, on retrouve 3 versions différentes: le radio edit de Too Long (bon pas grand chose ne change par rapport à la version originale) et deux remixes de Lately de haut vol. Voilà qui referme un album étonnant, à contre-courant de ce que rêvaient nos attentes, certainement pas déçues. Cet album a tout d’un carton. Charlie Winston mûrit et fournit à chaque retour une oeuvre majeure, intense et vivante. Pourvu qu’il continue. Des artistes comme ça, de pareille générosité, on en manque un peu.

Charlie Winston, Curio City, Atmosphériques (Sony)

En grande tournée aux 4 coins de l’Europe (mais pas que) , et Dieu sait qu’on l’attend avec impatience ce grand gamin délirant!

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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