Chroniqueuse radio ? Oui, mais Ann Vandenplas est aussi chanteuse !

Place à la création, à l’art et à la musique. Nous sommes allés à la rencontre de Ann Vandenplas, que vous avez déjà peut-être entendue à la radio, sur Arabel ou sur La Première. Ann Vandenplas est en réalité, bien plus qu’une animatrice ! Elle monte sur les planches… que ce soit pour un tour de chant « empreint de nostalgie », à l’ancienne, ou en tant qu’actrice pour des petits jeux de scène pas piqués des hannetons.

En creusant un peu dans sa biographie, nous avons constaté que sa carrière ne date pas d’hier… et qu’elle est loin d’être négligeable. En effet, Ann Vandenplas est montée sur des scènes assez prestigieuses en Belgique, notamment dans des festivals tels que les Francofolies de Spa, le Dour kids, et le Train Télévie. A 25 ans, elle a sorti son premier album, avec son duo vocal Djane… Ann Vandenplas était déjà dans l’ambiance pop à l’époque, mais aussi teintée de soul et de jazz, ce qui n’était pas si courant en Belgique, nous dit-elle. Cela lui avait valu quelques passages dans les médias.

Pour son nouvel EP, nous avons naturellement décidé d’en savoir plus sur ce qu’il contient mais aussi sur la personnalité d’Ann Vandenplas, sur son parcours, sur ses passions qui l’ont poussée vers cette voie d’artiste multiple, ses ambitions et ses projets.

Ann, faisons connaissance. Si vous deviez vous décrire en quelques mots, que diriez-vous ?

Artiste polyvalente et chroniqueuse, je dirais que suis passionnée par les gens et leur parcours que je raconte en chanson, en chronique radio ou à travers mon jeu d’actrice !

Comment vous est venue la passion pour la culture, le théâtre et la musique ?

La première passion artistique qui s’est exprimée chez moi est la musique. C’était un refuge, un réconfort dans la difficile période qu’est l’adolescence. Je composais et je chantais. Cette passion est devenue un métier. J’ai sorti un album avec mon groupe vocal il y a 14 ans. Nous étions signées chez Bang et Team for action. Le théâtre est venu par la suite. C’est la pratique de l’improvisation qui m’y a amenée. J’ai eu envie de passer de l’écriture éphémère qu’apporte l’improvisation à quelque chose de plus durable. J’ai eu envie d’approfondir des rôles, défendre des points de vue. Mon école fut le jeu d’acteur face caméra pendant 1 an. J’y ai rencontré d’autres comédiennes avec qui nous avons créé une première pièce : Le Cirque des Femmes. Nous étions très différentes mais complémentaires. Nous avons créé avec nos cœurs et nos tripes. Nous espérions jouer notre pièce 10 fois, nous l’avons défendu 75 fois pendant 3 ans. Puis il y a eu mon groupe vocal humoristique « Girls Next Door » et notre buzz avec la chanson « Atomium ».

Finalement, ce qui est important pour moi, c’est créer et m’exprimer. Peu importe le moyen artistique. Je prends celui qui fait le plus sens dans ma vie au moment où je crée.

Et aujourd’hui, la boucle est bouclée, je reviens là où j’ai laissé la musique il y a 10 ans. Je vais sortir un EP 4 titres de pop française. Mais fondamentalement, la musique est toujours restée présente. Que ce soit dans le théâtre ou par le biais de l’humour via les Girls next Door. Et c’est toujours mon comparse Piotr Paluch qui m’a accompagné dans mes processus créatifs musicaux.

Depuis combien de temps créez-vous ?

J’ai des souvenirs de moi en train d’écrire des poèmes dans un cahier à la cours de récré quand j’avais 13 ans. Et puis je les mettais en mélodie. Créer, c’est clairement le plus important pour moi. Laisser des petites traces de mon passage ici. Que ce soit en théâtre, en chansons, dans l’humour ou même en radio. C’est ce qui donne du sens à mon existence.

Parlons musique. Quel est le style qui vous branche le plus ? Celui qui vous détend au max ?

Bien évidemment, j’essaye de me tenir au courant, de garder une curiosité, de me laisser surprendre. Mais si je dois être honnête, je suis restée coincée fin des années 90, début 2000. Il est certain que j’avais un lien fusionnel avec la musique à cette époque mais ce n’est pas la seule raison.

Je me souviens d’un documentaire sur la vie de Georges Michael , Freedom, dont la dernière question qui lui était posée était « Comment aimeriez-vous qu’on se souvienne de vous ? » et il a répondu quelque chose comme : « Le souvenir d’un bon auteur-compositeur mais aussi comme une des dernières stars avec tout le glamour que ça peut comporter ». Il explique ensuite que l’époque change et qu’on ne produira plus des artistes comme Prince ou Madonna, tout devient fragmenté dans le milieu du disque et les artistes s’adressent plus à des niches ou des publics spécifiques. Cela illustre ce que je pense. Nous sommes passés dans une ère plus éphémère, les icônes sont passagers et nous n’avons plus beaucoup de grande star. Moi, ce qui me fait rêver, c’est d’imaginer l’état d’esprit de Quincy Jones et Michaël Jackson quand ils enregistraient Thriller. Vous imaginez le nombre de personnes qui possèdent un exemplaire de Thriller chez eux ?

©Jehanne Hupin

Je trouve les parcours des artistes de l’époque beaucoup plus inspirants car ils étaient pleins de rebondissements et s’étendaient sur une très longue route. Aujourd’hui, beaucoup d’artistes sont connus 3 mois le temps d’un télé-crochet. Je trouve ça très violent. Ils ont à peine le temps de s’en rendre compte que c’est déjà fini. Ils n’ont pas le temps de s’installer. Tout va vite. On n’a plus la chance de prendre le temps de se chercher avec un public.

Sade reste mon groupe favori de tous les temps. Une voix singulière sans faire de grandes démonstrations, une classe totale, une carrière avec un public fidèle même si 10 ans passent entre 2 albums, des chansons authentiques avec de superbes mélodies, une chaleur et une atmosphère intemporelle. Je ne suis pas certaine que Sade fonctionnerait autant si elle démarrait sa carrière aujourd’hui. Je suis nostalgique mais il faut vivre avec son temps.

Vous avez consacré votre écriture (notamment le spectacle Le Cirque des Femmes) à la cause des femmes. Le féminisme est-il un de vos chevaux de bataille artistique ou citoyen ?

Je dirais que les femmes tiennent une place importante dans ma vie et les fréquenter est un grand bonheur. Quand je développe des projets, ma force et ma persévérance sont toujours valorisées par les femmes de mon entourage. Comme j’aime l’authenticité dans la création, parler des femmes, de leur intimité et de leurs questionnements est venu naturellement car c’est ce que je connais le mieux et ce qui m’inspire. C’est aussi une forme d’hommage. Avec « Les Tournants inspirants », je vais un pas plus loin. Ce projet contribue à nourrir mes envies de changement dans la vision et la construction des activités professionnelles des femmes au sein de la société.

Quelles sont les performances scéniques que vous avez faites dont vous êtes la plus fière ?

Nous sommes partis plusieurs jours dans les Vosges jouer à Geradmer pour le Cirque des Femmes et c’était magique. Je pense aussi à la série à la Samaritaine, lieu mythique à Bruxelles, qui n’existe plus. Il y a eu beaucoup de moments forts mais je dirais qu’Avignon reste une expérience intense. Je dormais peu et mal, on distribuait nos flyers toute la journée. C’était un face à face avec mes limites physiques mais aussi avec mon rapport au métier d’artiste. Il y a eu un avant et un après cette expérience dans la perception de ce que j’étais capable de faire et ce qui était important pour moi.

Vous avez créé et animez les capsules vidéo Les tournants inspirants dont l’épisode 1 est sorti en septembre, de quoi s’agit-il ? Comment vous est venue cette idée ?

Les tournants inspirants est devenu une chronique sur ARABEL FM dans l’émission ARABICA.  Un lundi sur deux, je prends avec moi une femme qui s’est réorientée professionnellement et qui a monté un nouveau projet. Elle parle de son déclic, de ce qui l’a aidé et le but est d’inspirer les auditeurs avec des conseils. Construire une vie qui se rapproche de ses rêves a tout de même un prix dans une certaine mesure. Plus pour une femme que pour un homme. Un homme, s’ il décide de donner une priorité à sa vie professionnelle, personne ne trouve rien à redire. Pour une femme, c’est plus compliqué d’agir de la même manière et je le déplore. Encore beaucoup d’hommes dans la société actuelle trouve qu’une femme ambitieuse qui porte de nombreux projets n’a rien d’attirant.

©Jehanne Hupin

Mettre en valeur des parcours de femmes dans leur vie professionnelle comme je le fais dans « Les tournants inspirants », c’est aussi quelque part contribuer à faire changer les mentalités. Parce qu’une profession, c’est qu’on le veuille ou non très important dans une vie. Faire des projets, c’est une route assez claire vers l’épanouissement. Et ce n’est pas juste que la femme doive faire certains renoncements pour y avoir accès. Il faut que les perceptions se rééquilibrent dans la société.

Vous avez aussi d’autres cartes dans votre propre manche… notamment un nouvel EP qui sortira bientôt, n’est-ce pas ?

Un EP 4 titres que j’ai intitulé Chroniques d’une vie urbaine. C’est de la pop aux accents urbains en Français. J’ai travaillé avec Piotr Paluch du label Abyssin Productions. Il devrait sortir début de l’année prochaine. J’y parle d’une société qui ne laisse plus le temps à quelqu’un de se révéler ce qui rejoint d’une certaine manière ce que je disais sur le changement d’époque dans une question précédente. J’y parle d’apprendre à écouter son instinct, de digérer ses échecs, j’y parle d’histoires urbaines.

 On peut vous écouter sur La Première et sur Arabel. Quels sont les sujets que vous évoquez ?

Je fais des chroniques sur la radio La Première tous les 15 jours dans l’émission Tendances Première présentée par Véronique Thyberghien. L’émission est diffusée du Lundi au Vendredi de 10h à 11h30.

J’interviens dans la rubrique « Inspiration ». Le but est de faire partager aux auditeurs mes découvertes, mes expériences, ce qui me tient à coeur en matière de culture. Je parle de sujets généralistes comme l’improvisation, l’art thérapie ou les télé-crochets mais je livre aussi des analyses de pièces de théâtre en les croisant avec sujets de société.

 Quels sont vos autres futurs projets ?

En plus de mon  EP 4 titres, je travaille sur la version vidéo des Tournants inspirants. Ce concept existait déjà en pilote video avant le chronique radio. Le projet est que ça devienne une série de capsule. J’y travaille, c’est en cours…

Infos supplémentaires

Ann Vandenplas dispose d’un site web. Toute son actualité y est disponible… ses créations, projets, musiques, scènes… tout ! Avis aux amateurs !

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Ancien étudiant en Sciences Politiques (ULB) Entre 2014 et 2016, gérant de L'étrier asbl. Depuis août 2016, président de Clap Culture, association désirant promouvoir la culture à travers les nouvelles créations, l'esprit citoyen et la conscience des enjeux de société à travers elle. Organisateur d'événements (Festival Mini-Classiques pour donner de la visibilité aux jeunes musiciens des différents Conservatoires ou d'ailleurs), journaliste, Réalisateur d'un projet radio de fiction "Les Pieds de l'Iris", suite d'histoires rocambolesques aux personnages à la trempe décalée sur fond de quartiers bruxellois.

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