Closer

« Quatuor amoureux insoluble : Alice aime Dan qui aime Anna qui aime Larry. Anna, que les parents de Larry adorent, est troublée par Dan mais veut des enfants de Larry. Alice devrait peut-être choisir d’aimer Larry puisque Dan la manipule. Mais même entre adultes consentants, le chassé-croisé amoureux n’est pas simple quand il mêle sexe, séduction, jalousie et mensonges… un cocktail explosif qui fait ressurgir à la fois la douleur et le plaisir d’aimer »

Entre le désir et la manipulation, le charme et la manœuvre, le romantisme et le mélodrame, la mise en scène de Françoise Courvoisier a réussi à saisir l’air du temps. Dans sa pièce, Patrick Marber, observe le marivaudage façon années 2000, entre confusion des sentiments et pertes de repères. Le scénario comico-dramatique de Marber est piqué de dialogues caustiques. Et plonge au cœur des passions sans tabous, pour tenter de capter la complexité des relations modernes.

Ces Liaisons Dangereuses modernes se distinguent donc par les dialogues. Acérés, crus, intenses ; ils participent grandement à la qualité de la pièce. Du coup, avec une telle matière, les 4 protagonistes s’en donnent à cœur joie. France Bastoen (que nous avions déjà apprécié dans « Les Milles et une nuits » au Théâtre Royal du Parc en 2013) est tout en sobriété charnelle. Vincent Bonillo en triste lâcheté. Juan Antonio Crespillo en séduction brute, en recherche de la confirmation d’une virilité qui viendrait effacer ses origines modestes. Et Patricia Mollet-Mercier en ambiguïté masquée. Ce jeu de massacre des sentiments ne laisse personne indemne.

Closer 2

Malheureusement, on se lasse assez vite de ce marivaudage mécanique qui tourne parfois à vide et dans lequel les personnages font preuve d’un nombrilisme affligeant. On sent bien que quelqu’un, Marber ou Courvoisier, retient ses coups et n’ose pas pousser le drame jusqu’à faire apparaître le vide existentiel, ou même – tout bêtement – le vide entre les existences de ces personnages. En multipliant les ellipses (la pièce est composée d’une dizaine de saynètes) pour aller à l’essentiel – scènes de séduction et de disputes -, Marber omet de traiter en profondeur du désir au sein du couple, thème indissociable de l’adultère, et ne s’attarde finalement que sur l’acte sexuel extraconjugal consommé et ses conséquences. Pendant 1h30, les clichés et les stéréotypes ont la part belle : alors qu’on pouvait attendre de cette pièce de se livrer à une véritable analyse clinique des ressorts amoureux, cela reste définitivement superficiel et stérile. C’est bavard, alambiqué, chic, c’est surtout (heureusement) le prétexte à d’excellents numéros d’acteurs.

En sortant de Closer, on se dit que décidément l’amour, c’est bien compliqué. Trahisons, confiance, manipulations… avec des personnages aussi épouvantés de passer à côté de leur vie que de la vivre.

Du 25/02/214 au 05/04/2014 au Théâtre le Public

Texte : Patrick Marber

Mise en Scène : Françoise Courvoisier

Avec: Vincent Bonillo, Juan Antonio Crespillo, Patricia Mollet-Mercier et France Bastoen

Durée : 1h30 sans entracte

Tarifs : de 8€ à 25 €

Plus d’informations sur le site du Théâtre le Public 

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Curieuse, spontanée, enthousiaste et exigeante, j'aime aller au théâtre et j'aime raconter ce que j'y vois, que j'ai aimé ou pas!

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