COLORATURE, Mrs JENKINS ET SON PIANISTE enchante le nouveau Conservatoire J-B Lully à Puteaux !

Adaptation française d’un spectacle à succès créé à Broadway, COLORATURE, MRS JENKINS ET SON PIANISTE entame une tournée en banlieue parisienne et en province (après 6 mois de représentations au théâtre Le Ranelagh et un passage au Festival d’Avignon) et inaugure ainsi la saison théâtrale et musicale du tout nouveau Conservatoire J-B Lully de Puteaux.

Lieu d’enseignement (il possède pas moins de 50 salles dédiées à la musique, au théâtre ou à la danse) mais aussi salle de spectacle (il est dotė d’une salle de 500 places, la salle Gramont et une autre plus intimiste de 150 places, le Dôme, avec une vue imprenable sur la Défense et la Tour Eiffel), ce lieu s’inscrit dans la lignée d’une nouvelle génération de salles polyvalentes qui font aujourd’hui le bonheur de ses 2400 adhérents et des habitants de ville des Hauts-de-Seine.

Un nouveau bijou qui a certes fait beaucoup d’envieux et de polémiques à son ouverture mais dont la programmation devrait rapidement faire taire les critiques et permettre à ce lieu de rayonner dans tout son département et bien au-delà!

Ce soir- là, le conservatoire J-B Lully ne pouvait rêver mieux que ce théâtre musical de grande qualité qui nous a plongés au cœur du New York des années 60, à travers les souvenirs drôles, nostalgiques et bouleversants de Cosme Mc Moon, pianiste désabusé et sans avenir qui rencontra Florence Foster Jenkins, celle qui deviendra la pire cantatrice de l’histoire…

L’adaptation de Stéphane Laporte (celui qui adapta Le Roi Lion ou Mamma Mia!) n’a rien à envier à  » Souvenir « , la comédie musicale américaine dont elle est inspirée.
Si la mise en scène, signée Agnès Boury, est sobre, simple et élégante, elle n’en demeure pas moins efficace et donne la part belle à ce duo talentueux et attachant que forment Agnès Bove et Gregori Baquet.

Tâche délicate pour la première, formée au chant lyrique et issue du Centre de Formation Lyrique de l’Opera National de Paris dont la tâche délicate est d’incarner une diva ratée dont le seul talent est de massacrer les plus fameux airs d’opéra et donc de chanter …faux! Elle y parvient avec panache et parvient à donner vie à ce magnifique personnage de théâtre qui trouve ici toute sa dimension.

Quant à Gregori Baquet, il enchante littéralement ce Colorature en incarnant Cosme Mc Moon, pianiste désœuvré, sorte de clown triste, qui se remémore avec nostalgie leur rencontre et nous raconte l’incroyable ascension de celle qui pensait avoir du talent et qu’il maintiendra malgré tout et jusqu’au bout dans l’illusion.

Il va sans dire que la pièce doit énormément aux tempéraments formidables de ces deux acteurs irrésistibles et complices, tous deux comédiens mais aussi excellents musiciens.

Par le biais de flashback, la pièce fait revivre 12 ans de collaboration, jalonnée de saynètes chantées et jouées dans lesquelles se succèdent avec humour les anecdotes de Cosme et les apparitions de la diva dans des tenues toutes aussi extravagantes les unes que les autres. Elle en fait certes, un peu trop et surtout chante « divinement faux », mais on ne peut finalement que l’aimer cette diva, éternelle rêveuse, dont la douce folie nous la rend finalement si attachante. Loin de toute raillerie ou cruauté, on perçoit finalement beaucoup de tendresse à l’égard de ce personnage têtu et borné mais tellement authentique. A l’instar de Cosme, on finit même par se prendre d’affection pour cette émouvante et touchante Mrs Jenkins, au point de vouloir, nous aussi, la suivre au bout de ses rêves les plus fous….

Chanter juste n’est pas donné à tout le monde, pourtant, chanter faux jusqu’à en déchirer les tympans de ses auditeurs ne sera aucunement un frein à sa notoriété puisque Florence Foster Jenkins qui a réellement existé, deviendra incroyablement célèbre et populaire…

Si la légende raconte qu’elle aurait même inspiré à Hergé le célèbre personnage de la Castafiore, elle prouve à elle seule que l’histoire de la musique a finalement connu pire que les télé-réalités actuelles.

A travers ce parcours hallucinant et cette Success Story, celle d’une riche héritière embarquée dans sa course effrénée à la célébrité, il y a finalement quelque chose d’intemporel, de résolument moderne et actuel. Celle qui voulait avant tout être célèbre et qui déclara :  » on pourra dire que je ne savais pas chanter mais personne ne dira que je n’ai pas chanté  » se produira même au prestigieux Carnegie Hall mais aveuglée par son succès et ses certitudes, ne verra finalement jamais qu’elle était avant tout la risée de son public. Quant à son pianiste, en lui restant fidèle jusqu’ au bout, il passera à côté de sa propre vie et restera éternellement dans l’ombre de sa diva.

Quant à la fin, je me contenterai seulement, sans rien vous dévoiler, de vous dire qu’elle est aussi tragique que cocasse et que si elle pourrait être une critique sur le pouvoir de l’argent, elle est de manière plus subtile et intelligente, une très belle réflexion sur l’art ou comment aller jusqu’au bout de ses rêves…

De: Stephen Temperley

Texte français de: Stéphane Laporte

Mise en scène: Agnès Boury

Avec: Agnès Bove et Grégori Baquet

Prochaines dates:

11 janvier 2014 > Théâtre de Poissy
18 janvier 2014 > Auditorium de Villefranche sur Saône
24 janvier 2014 > Les Tanzmatten, Selestat
4 avril 2014 > Théâtre de Pibrac
16 mai 2014 > Espace Culturel, Lempdes
23 mai 2014 > Lillebonne

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Atteinte de cinéphilie aiguë, Lorraine Lambinet, fille de projectionniste, a passé son enfance dans les salles obscures. Titulaire d'une Maîtrise Arts du Spectacle et Écrits Cinématographiques, elle a touché à tous les domaines du 7ème Art aussi bien à la programmation (Festival Quais du Polar, Courts du Polar), l'exploitation (Projectionniste), la réalisation (Assistante réalisatrice) ou la production (Assistante de production long-métrage ). Aujourd'hui, elle est Directrice d'un cinéma en région parisienne.

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