Come to me comme tout le monde

Le 12 novembre, j’étais à l’Atelier 210 (quel labyrinthe Etterbeek, d’ailleurs !*) afin d’assister à la première de cette pièce des plus intrigantes. Intrigante ? Oui. Vous allez très vite comprendre. La raison qui me poussa à y aller était très simple : le synopsis de la pièce qui se trouve sur la page d’accueil. Bon, je me doute que vous n’avez pas une envie pressante d’aller voir sur le site pour savoir de quoi il retourne donc je vous copie-colle la chose (vous notez comme je suis serviable, hein) ici-même :

C’est l’histoire de Come to me, le fils de Celle qui percevait les pleurs de derrière la montagne, et de Virabelle dite la Vilaine dite Prune de ciment, mère de Celle qui espère toujours qu’on appelle aussi Celle qui attend toujours, et de Peter Varsinovitch Four qu’on nomme Peter Varsinovitch Four. Dans cette nouvelle création, le Groupe TOC aborde les thèmes de la relation mère-fille, des rapports de séduction et de pouvoir, et de la quête de soi. Racontée par un narrateur sans nom, cette histoire est sans importance.
La première constatation que nous pouvons faire est simple : vraisemblablement, même le monde des contes de fée est en crise… Il y a maintenant deux ans, Sébastien Ministru revisitait Cendrillon dans sa version gay et voici maintenant Marie Henry qui, à la Ionesco, démolit les préconceptions inhérentes au canevas du conte de fée. Est-ce seulement un phénomène propre aux contes de fées ?**
Les anti-héros peuplent le grand écran, les loosers se battent dans la cour des belles-lettres et même les scènes de théâtre sèment des miettes de pains en carton. Bon, soit, le sujet n’est pas là, n’est-ce pas. Vous, tout ce que vous voulez savoir c’est si c’est intéressant d’aller voir (ou de lire, elle est publiée chez Lansmann et acquérable pour la modique somme de 9 euros) cette mystérieuse pièce. Et bien, la réponse est oui. De l’absurde en veux-tu en voila ! Toute cela à travers une mise en scène sans anicroches, des jeux de mots idiots, de répétitions à gogo, des acteurs motivés. Marie Henry a parfaitement cerné le monde des contes et leurs faiblesses face à un monde qui devient de plus en plus incrédule et qui, bien qu’ayant un besoin furieux de s’évader dans des mondes plus utopiques, n’arrive plus à fermer les yeux et à accepter les incohérences indissociables à ce monde qu’on nomme « merveilleux ». Le mot est lâché (voire la phrase, dans ce cas-ci): les contes de fées sont trop grossiers ! Ils sont un abrutissement neuronal pour notre progéniture, la vie, elle n’est pas toujours rose, il n’y a pas toujours de fil rouge tout tracé pour tout le monde. Non.
Un sujet grave et préoccupant abordé par le biais du rire, que demander de plus ?
« Pas une seule critique ? », me direz-vous. Bon, puisque vous insistez (vous me connaissez bien, hein, vous savez que je ne suis une éternelle insatisfaite) : Natacha Nicora. A mon sens, son jeu était bien en deçà de celui des autres acteurs. Moins convaincante bien que tout aussi motivée, ce bémol est sans doute dû à son accent méditerranéen et le manque de puissance de sa voix chantante, rendant la compréhension de son texte plus malaisée. Cependant, quand on a un texte semé d’allitérations, de calembours et d’épistrosphes, la diction et le volume sonore, sont, à mon humble avis, des plus importants. Pour tout vous avouer, dès qu’elle a ouvert la bouche, je me suis demandé : « Mais qui a donc fait le casting de cette pièce ? ». Bon, d’accord, je range mon venin pour aujourd’hui et vous rassure en conséquence : mon compagnon ne fut pas outre mesure dérangé par la prestation de cette actrice, charmante au demeurant, ainsi je peux donc affirmer sans trop d’hésitation que si elle se joue encore, vous ferez bien d’y aller !
* Comment ça c’est moi qui suis une quiche de l’orientation ? Non, mais, oh ! Un peu de respect s’vouplait !
** De fait, la réponse est non. Vous aviez trouvé la bonne réponse tout seul avant de regarder la note de bas de page ou vous êtes niais ?

Du 12/11 au 20/11/2010 à l’Atelier 210

De Marie Henry

Mise en scène : Cali Kroonen

Avec Grégory Duret, Eno Krojanker, Francesco Italiano, Natacha Nicora, Hervé Piron

Tags from the story
Written By

I'm always curious about new things, I love learning and I'm a creative person. That means I need to use my creativity to feel good and happy. That's why I've created Culture Remains and my other website, Naïra.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *