Corpus Christi, T.1, Le Secret des papes, Maingoval et Eric Albert

« Ceci est le corps du Christ. On imagine que c’est ce que Tom l’archéologue lit sur la tablette découverte à côté d’une momie au fin fond d’un site en Jordanie. Flinguant le mythe de la résurrection du Christ, la trouvaille ébranle les fondements de la foi chrétienne et ne ravit pas tout à fait les hauts responsables du Saint-Siège, même si on ne peut pas parler de découverte pour tout le monde…Comment Tom, Bruno et Nena vont-ils gérer les soudaines convoitises que la découverte provoque ? Il faudra attendre le Tome 2 pour le savoir…»

… Mais pour le moment, c’est le Tome 1 qui nous intéresse.

Grâce à une levée de 48.000 euros, Le Secret des Papes, premier tome de l’aventure Corpus Christi sera dans les bacs le 24 avril. Dernier né des éditions Sandawé, l’album de François Maingoval et Eric Albert a bénéficié de l’investissement de quatre cents édinautes, Sandawé étant une « plateforme collaborative pour soutenir des projets de bande dessinée » comme le rappelle opportunément le site de l’édition en ligne.

Les mauvaises langues diront qu’atterrissent là les projets qui se sont fait refuser par les maisons d’édition in the real life. Las! Les mauvaises langues ont souvent raison. Aucune idée si c’est le cas ici, mais il y a de fortes chances vu la frilosité du marché de la bd vis-à-vis des nouvelles créations. Et Corpus Christi en est bien une, qui bénéficie pourtant de l’expérience reconnue de François Maingoval, collaborateur notamment de Jacques Martin sur les deux derniers Alix du maître. Par contre, au dessin, on retrouve Eric Albert, dont la biblio au rayon bd n’affiche qu’un autre album au compteur après quelques années passées dans l’illustration.

Pour un illustrateur, il ne s’en sort pas trop mal (hinhin pré-enregistrés). Le dessin sert efficacement le récit incroyable imaginé par le scénariste. Plus qu’une histoire ésotérique, Le Secret des papes se veut un récit d’aventures, à la Indiana Jones mais pas trop, selon Maingoval, qui surfe cependant sur le scandale chrétien de base, à savoir : on a retrouvé le corps du Christ. On, c’est Tom l’archéologue passionné et droit dans ses baskets, suivi de son infidèle assistant Bruno, jaloux comme un pou de son néanmoins ami. La découverte de Tom affole nombre d’intéressés, parmi lesquels la hiérarchie vaticane, sans surprise peu encline à la révélation d’un secret bien gardé, mais également un entrepreneur de parc d’attractions qui verrait bien la momie biblique trôner en clou du spectacle. Très vite flanqués de la journaliste Nena, nos héros vont devoir échapper aux mercenaires prêts à tout pour mettre la main sur le saint cadavre.

L’histoire est accrocheuse et relativement bien ficelée. Le dessin beaucoup moins. S’il ne dessert pas le bon déroulement des rebondissements, il ne convainc pas pour autant. La ligne claire malhabile d’Eric Albert est aggravée d’une colorisation étrange, fonctionnant par aplats de couleurs fades, mal dégrossies par un ombrage sans nuance.

C’est dommage, parce que les crayonnés étaient plus que prometteurs. L’encrage et la couleur n’ont pas été à la hauteur. Mais ce n’est que mon avis (partagé, cependant) et pour les plus curieux d’entre vous, il est possible de faire plus ample connaissance avec cet ouvrage sur le site des éditions Sandawé, par ici.

Tags from the story
Written By

S. aime la bande-dessinée et le cinéma, les images qui parlent, quoi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *