Cria : du passinho (danse brésilienne) à Charleroi danse – rétrospective

A Charleroi Danse, la compagnie brésilienne Suave, menée par la chorégraphe Alice Ripoll, a présenté Cria le 14 décembre 2019 et a fait découvrir au public un mélange de danses urbaines, mais avant tout le passinho, créé dans les favelas. Témoignages en bord de scène.

Au fond de la scène, sans décor et sur une lumière feutrée rouge, apparaissent, tantôt à droite tantôt à gauche, de jeunes danseur.se.s, dans des mouvements de passinho entremêlés à d’autres styles de danses. La musique est entraînante, les danseur.se.s se déhanchent, seuls ou à plusieurs, et le public y reconnaît quelques pas de danses urbaines. On y retrouve principalement le passinho, créé dans les favelas de Rio de Janeiro, mais aussi de la samba, du breakdance, du frevo, du kuduro, et des emprunts aux danses africaines et nord-américaines.

D’une énergie époustouflante, les jeunes Brésilien.ne.s nous emmènent dans leur univers festif, enchevêtrant les corps des uns et des autres, dans des mouvements d’une proximité inconfortable. Pour ensuite contraster ce « plaisir de danser » avec une autre réalité des favelas. On peut notamment entendre les bruits d’une fusillade, « enregistrée par un membre du groupe, lorsqu’il fut un jour bloqué à l’extérieur », explique un danseur.

La danse est ici au service de l’expression personnelle mais aussi politique. Une des danseuses nous offre ainsi une prestation unique en tournoyant longuement sa chevelure et explique en bord de scène que c’est un moment important pour elle car il permet d’exprimer son identité et de revendiquer, en particulier car elle appartient à plusieurs minorités discriminées.

Les jeunes Brésilien.ne.s ajoutent ensuite que le passinho a peu l’occasion d’être valorisé sur scène, alors qu’il a permis, à Rio de Janeiro, de créer des passages entre les différentes communautés.

Mais depuis l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir, avec en apogée l’élection de Jair Bolsonaro à la présidentielle, le Brésil n’accorde plus de subsides au secteur culturel. Charleroi Danse a donc décidé de soutenir les artistes brésiliens en les inscrivant dans son programme (Bruno Beltrão a présenté Inoah lors du week-end de la Biennale), en les co-produisant ou en collaborant sur des projets (Lia Rodriguès propose deux semaines de masterclass à La Raffinerie).

Chorégraphie : Alice Ripoll – https://aliceripollenglish.cargo.site/
Danse : Gabriel Tiobil, Kinho JP, Hiltinho Fantástico, Nyandra Fernandes, May Eassy, Romulo Galvão, Sanderson Dançarino Brabo, Thamires Candida, GB Dançarino Brabo, Ronald Sheick
Assistanat à la chorégraphie, régie son : Alan Ferreira
Répétiteur : Renato Linhares
Création lumière : Andréa Capella
Technicienne lumière : Isadora Giuntini
Costumes : Raquel Theo
Direction musique Funk : DJ Pop Andrade
Designer : Caick Carvalho
Manager : Rafael Fernandes
Distribution : Art Happens

Production : Suave
Soutien : Centro Coreográfico da Cidade do Rio de Janeiro, Casa do Jongo, Rafael Machado Fisioterapia


Photo © Renato Mangolin

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Journaliste de formation, j'aime écrire sur les événements culturels de ma région.

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