David Foster Wallace – C’est de l’eau

« Au-delà des conneries, la véritable valeur d’une éducation aux sciences humaines devrait être la suivante : comment faire pour traverser votre vie d’adultes à l’aise, prospères et respectables sans être inconscients, serviteurs de votre esprit et de la configuration par défaut qui vous veut solitaires, royalement seuls, jour après jour après jour. Libres d’être les seigneurs de nos minuscules royaumes taille squelette, seuls au centre de toute création. Mais bien sûr il y a de nombreuses libertés et vous n’entendrez pas parler de la plus précieuse d’entre elles dans le vaste monde de ceux qui gagnent, qui accomplissent et qui affichent. La liberté la plus importante nécessite de l’attention, de l’ouverture, de la discipline et la capacité de s’intéresser pour de vrai aux autres, de se sacrifier pour eux, encore et encore, chaque jour, avec une infinité de petits gestes pas très sexy. Ça, c’est la vraie liberté. Il n’est pas question de morale, de religion, de dogme ou de grandes questions chic de vie après la mort. La vérité avec un grand V est celle de la vie avant la mort. »

Décédé en 2008, David Foster Wallace est un auteur américain ayant à son actif quelques romans, nouvelles ainsi que des essais. C’est aussi un génie littéraire – dixit alter(i) – avec lequel je dois encore me familiariser (son roman « La fonction du balai » m’attend sagement dans ma bibliothèque). En attendant ce jour, je me suis offert la lecture du petit « C’est de l’eau« , allocution faite à l’occasion de son invitation à prendre la parole devant la promotion 2005 du Kenyon College. C’est d’ailleurs, apparemment, le seul discours de ce type qu’il ait jamais fait.

Petit, ce livre s’emporte partout et c’est bien pratique. Sa couverture est superbe, comme toujours lorsqu’il s’agit des éditions Au Diable Vauvert. Originale, la mise en page offre des feuillets portant à chaque fois une seule phrase. Longue ou concise, simple ou complexe, toujours centrée, le tout tient en 138 pages.

Mais ces 138 pages nous rafraichissent autant qu’elles nous font réfléchir. Sur quoi? Sur notre vie, notre avenir, nos considérations, nos connaissances, notre façon de les utiliser… Tous ces agencements mentaux plus ou moins inconscients qui s’opèrent quotidiennement dans la complexe cavité de notre boite crânienne. Sans être, pour le moins du monde, moralisateur ou pédant, David Foster Wallace nous emmène avec lui sur le chemin de ses pensées profondes, questionnant nos acquis et nous mettant en garde contre toutes les désillusions auxquelles nous sommes ou serons confrontés un jour et qui peuvent tacher, irrémédiablement… A moins que… Qu’on fasse en sorte que… Cela n’ait pas d’importance.

« Pas grave! C’est de l’eau. »

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