De l’influence du théâtre belge sur la gestion et la résolution des conflits mondiaux… Vraiment?

Tentative désespérée, osée et burlesque mais néanmoins courageuse pour sauver le monde, enfin du moins ce qui peut l’être encore. Après plus de deux mille ans de civilisation judéo-chrétienne, force est de constater que toutes les organisations humaines ont échoué. L’homme reste un animal dangereux, un prédateur avide de pouvoir et d’expansion, un monstre d’égoïsme uniquement guidé par son seul profit ! L’économie mondiale se fracasse, les nationalistes de tous poils surgissent, la répression fait rage, l’Europe, l’Otan et l’Onu restent impuissants devant l’arrivée d’une troisième guerre mondiale. Un seul espoir : « Le théâtre belge » ! Véritable accident dans l’histoire de la culture mondiale, il devrait agir sur l’homme comme un vaccin ! Le remède est connu, il n’y a plus qu’à l’inoculer aux habitants de la planète, de gré ou de force. Et si « Le théâtre belge » ne peut sauver l’humanité, en tous cas ça ne peut pas lui faire de mal.

C’est en allant aux Riches-Claires voir une autre de leurs pièces (vivement conseillée et critiquée ici-même) que je suis tombée sur une affiche de leur spectacle à venir : « De l’influence du théâtre belge sur la gestion et la résolution des conflits mondiaux ».  Avec un titre pareil, comment résister? pensai-je et c’est particulièrement curieux et amusés que nous nous sommes dès lors rendus au troisième étage de ce centre culturel en plein cœur du centre-ville afin de juger par nous-mêmes de la capacité du théâtre belge à gérer et résoudre les conflits mondiaux.

Des auteurs et comédiens belges, beaucoup d’humour, des mimiques, de la bonne humeur et surtout une bonne dose d’auto-dérision, voilà ce que nous propose cette pièce au nom, certes, à rallonge mais si cocasse et caustique. Et si cette dernière ne nous aide peut-être pas à résoudre nos conflits avec notre voisin, elle nous offre incontestablement une belle tranche de rire à partager avec tous ses amis!

Les deux acteurs n’en sont pas à leur coup d’essai et ça se sent. Maîtrise et rigueur sont, comme toujours, le maître-mot de leur travail. Caroline, sa bouille élastique et sa fausse voix de fausset nous impressionne autant que la prestance et le flegme d’Eric nous amuse. Le décor est composite et multi-tâche, tout comme la pièce elle-même qui se brise, tel un miroir volant en éclat, en une kyrielle de petites saynètes après l’intervention d’un drôle de policier – aussi invisible que Fantomas – qui condamne Monique et Walter à endurer le monologue du Cid pour ne pas avoir mis les pieds au théâtre depuis 11 ans.

Entre bisbrouilles maritales, départ inopiné, rêves éveillés et histoires à dormir debout, Eric et Caroline n’en loupent pas une et nous offrent une pièce réussie, malgré quelques cafouillages.

Si nous craignions un peu que le fil d’Ariane ne se perde et que la pièce soit vouée aux dents tranchantes du dangereux Minotaure que peut être la critique, il n’en est pourtant rien.

Rebondissant avec élégance sur les bienfaits du théâtre – mieux que les anti-dépresseurs, la cure de remise en forme,  le psy et toutes les autres drogues en vente sur le commerce – ainsi que sur le nombre de crimes non commis lorsqu’on s’y rend, ils nous prouvent avec beaucoup conviction qu’aller au théâtre (belge) aide incontestablement l’humanité à aller « moins mal ». C’est pas beau ça ?

Du 8 au 25 janvier 2014 (le mercredi à 19h00, du jeudi au samedi à 20h30) au Riches-Claires.

De et avec Caroline Lambert et Eric De Staercke.

Plus d’infos sur les Riches-Claires.

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