Deep Purple – Now What ?! (2013)

Smoke on the water. Indéniablement, c’est l’intro caractéristique de cette chanson légendaire qui résonne aux oreilles de tout un chacun lorsqu’on évoque Deep Purple. Une filiation qui ferait presque oublier que le groupe anglais a avant tout forgé sa réputation sur ses prestations scéniques et ses audaces musicales, avec un catalogue de titres mémorables aussi nombreux que les années d’activité qu’il affiche au compteur. Et si ces derniers temps, l’actualité du Pourpre Profond se résumait à un enchainement sans fin de tournées aux quatre coins du globe et à la sortie de quelques lives, le voilà qui revient aujourd’hui avec du nouveau matériel sonore, réuni sur un CD sobrement intitulé Now What!?

Derrière ce titre polysémique se cachent onze titres (plus un bonus) qui se caractérisent avant tout par leur hétérogénéité. Chaque plage dispose en effet d’une ambiance qui lui est propre : résolument rock (Hell To Pay), jazzy (Body Line), éthérée (All the time in the World) ou encore complètement déjantée avec Vincent Prince, chanson écrite en hommage à un acteur de film d’horreur et dont les sonorités hantées apportent un supplément d’âme à la thématique véhiculée par la mélodie.

Une autre particularité de cette galette est la longueur de son contenu : voulant rompre avec la structure classique du couplet/refrain, Deep Purple s’est attelé à écrire sa musique comme il le faisait jadis, c’est-à-dire à partir de jams improvisées entre ses différents membres. Cette démarche explique pourquoi de nombreux passages instrumentaux viennent émailler l’ensemble de la musique offerte, la plupart s’intégrant parfaitement au sein de leurs titres respectifs, même lorsqu’ils s’accompagnent d’un changement de rythme ou d’atmosphère. Malgré leur adéquation, on regrettera toutefois qu’ils se résument bien souvent à un duel ou une harmonie entre la guitare et les synthétiseurs, au détriment des autres instruments qui auraient eux aussi eu légitimement droit à leur instant de bravoure.

Mais le point fort de ce Now What!? est sans conteste le travail titanesque effectué au niveau du son par le producteur Bob Ezrin (à qui on doit notamment le fameux The Wall de Pink Floyd) : loin des productions lisses et uniformes qui sont devenues la norme de nos jours, l’auditeur est confronté à un rendu cristallin où chaque instrument est parfaitement perceptible et peut ainsi s’exprimer sans risquer d’empiéter sur un autre ou de générer une sensation de cacophonie : le titre The Uncommon Man illustre à merveille cet environnement aérien où les accords violonisants de Steve Morse sont rejoints progressivement par les nappes de clavier de Don Airey, la basse de Roger Glover, la frappe lourde d’Ian Paice et puis enfin la voix d’Ian Gillan, le tout dans une montée progressive dont les accents épiques démontrent à eux seuls que le temps qui passe ne signifie pas forcément que la source de la créativité se tarit.

Parfois considérés comme des « papys du rock » ou des « dinosaures », les musiciens de Deep Purple prouvent au monde entier qu’ils ont retrouvé une deuxième jeunesse en lui offrant un disque qui, bien loin de sentir le réchauffé, se révèle être une bouffée d’oxygène, en grande partie grâce à des mélodies diversifiées et une production absolument parfaite où les compositions peuvent exprimer pleinement leur potentiel.

And what now ? serions-nous tenté de demander pour l’avenir proche: la défense de l’album au Lokerse Feesten le 6 août et puis, après une flopée de concerts, pourquoi pas … un nouvel enregistrement ?

Written By

Rédacteur occasionnel sur plein de choses culturelles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *