Délivre-nous du mal

Après 4 ans de succès, j’ai enfin eu le plaisir de découvrir Délivre nous du mal de Dominique Breda au théâtre de la Toison d’or. La salle plus que comble semble être la promesse d’un bon moment. Cette pièce va-t-elle changer les idées des spectateurs probablement minées par le retour de la grisaille ?

La scène s’ouvre sur prêtre André (Jean-François Breuer) récitant une messe parfumée aux effluves d’alcool dans une église vide. Une foi en perte de sens pour André qui a envie de plaquer Dieu pour d’autres aventures. Si Judith l’organiste (Amélie Saye) y voit une manière pour qu’André assume enfin sa relation au grand jour avec elle, la bonne-sœur rusée Agnès (Julie Duroisin) et le sacristain simplet Jean-Paul (Xavier Elsen) ne comptent pas laisser notre ami prendre le large. Il doit bien y avoir moyen d’attirer du monde à la messe non ? Et il faut montrer l’exemple à Spoutch (Françoise Villiers), nouvelle venue au couvent en provenance de Pologne. Et puis de toute façon, Dieu lui-même n’est pas d’accord pour laisser partir André ! Un Dieu à l’accent canadien fort prononcé d’ailleurs. Tous s’activent alors pour rendre l’église plus attrayante. La prochaine messe sera leur dernière chance !

trendaholic-Delivre-nous-du-mal_5

Quelle bonne idée a eu Breda de nous ouvrir les coulisses de la maison de Dieu avec des personnages hauts en couleur! Et l’air de rien, pas mal de réflexions qui se glissent dans ses dialogues piquants. Qu’est ce qui pousse à s’engager pour Dieu au fond? Si pour André, c’était combler son côté touche-à-tout, Agnès est séduite par la philosophie chrétienne et son incroyable business. Dans la societé actuelle, est-on vraiment obligé de déployer des moyens pas très catholiques pour faire revenir les gens dans les églises? Ces habitants de la maison de Dieu sont-ils finalement si différents de nous? La pièce de Breda est servie par cinq bons comédiens dont le bonheur de jouer ensemble fait plaisir à voir. Une mention toute spéciale pour Julie Duroisin en vieille bonne sœur absolument irrésistible et à Françoise Villiers qui n’a pas besoin de beaucoup parler pour exister pleinement sur scène! Une petite déception pour la conclusion qui aurait pu être davantage créative et qui me laisse sur ma faim.

Délivre-nous du mal, c’est aussi des chants a cappella très réussis destinés à récupérer les fidèles lors de la grande messe! La pièce est d’ailleurs rythmée par l’orgue enjoué de Judith. La mise en scène sobre et réussie de Catherine Decrolier peaufine cette recette qui nous assure un très bon moment en compagnie de cette joyeuse bande. Amen !

Délivre-nous du mal

Du 1 au 31 mai à 20h30 au Théâtre de la Toison d’or

Mise en scène : Catherine Decrolier

Avec: Jean-François Breuer, Julie Duroisin, Xavier Elsen, Amélie Saye et Françoise Villiers

Plus d’infos sur le site du Théâtre de la Toison d’or

Tags from the story
Written By

Diplômée en communication en 2002 ( IHECS), j'ai depuis touché à de nombreuses disciplines artistiques. J'ai évolué longtemps dans le milieu musical en tant que chanteuse et j'ai réalisé 2 albums de pop française. Je suis auteur/compositeur des morceaux sur les 2 albums et écrit pour d’autres artistes. Je suis improvisatrice depuis 4 ans au sein d'une équipe fantastique et je suis des cours d'acting face caméra. Enfin, je me passionne pour le théâtre et je travaille actuellement en collectif sur 2 créations. C'est donc avec le plus grand respect et bien consciente du travail que cela représente que j'écris mes critiques. Je prends beaucoup de plaisir à découvrir de nouvelles pièces.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *