Délivre-nous du mal

« Après « Le Groupe » et « Purgatoire », Dominique Bréda rassemble à nouveau sa joyeuse bande de comédiens pour un spectacle aussi doux-amer que désopilant nous emmenant du côté d’un clergé qui n’a plus vraiment la foi. La pièce file à toute allure, grâce à des comédiens hilarants, bien servis par des répliques imparables. Un mélange très réussi d’un remake de « Sister Act » et de réflexions intelligentes sur l’Eglise.« 

Pour tout vous dire, j’avais oublié à quel point le théâtre de la Toison d’Or était sympathique. Son public décontracté, sa salle chaleureuse et surtout ses pièces désopilantes donnent un charme certain à cet endroit dont l’objectif est clair : faire rire.

Me voilà donc, après quelques années d’absence, dans la salle du TTO (pour les intimes) à me demander si ce spectacle va réussir son pari : me divertir ! Il est connu qu’il est plus difficile de faire rire les gens que de les faire pleurer. Et si la comédie est, à tort, considérée comme un genre mineur, le TTO aura vite fait de vous en dissuader.

Ça c’était pour le théâtre. Qu’en est-il du spectacle ?

Délivre- nous du mal est une pièce à succès. Avec plus de « 2500 spectateurs », la pièce peut se vanter d’avoir touché un public large et varié. Mais venons-en au fait. Est-ce que c’est drôle ?

Hé bien oui ! Il faut dire que l’histoire est bien trouvée : un prêtre alcoolique qui perd la foi et claque la porte (de l’église), ça ne se voit pas tous les jours. Pour l’accompagner, une bonne sœur qui voit la religion comme un business, une autre polonaise, dont-on-ne-peut-prononcer le nom, une organiste ingénue et un prêtre simplet.

Voilà des personnages bien campés et pour le moins atypiques.

Si je prends la peine de vous les détailler c’est parce qu’ils constituent le noyau de la pièce. Leurs différences, leurs excès et leurs bêtises sont touchantes et tellement…drôles !

Ce prêtre en mal de foi va-t-il partir ? Va-t-il abandonner ses fidèles et son pittoresque clergé ? Pas avant une dernière messe ! Et promis, celle-ci sera grandiose avec des chœurs, des chorégraphies, de la coke et des putes ! (Enfin peut-être, on ne sait pas si c’est très orthodoxe…).

Voilà donc notre joyeuse bande toute affairée à son entreprise. Et pour attirer les fidèles, tous les moyens sont bons, même les moins « catholiques ». Ah, corruption et menace, quand tu nous tiens.

La pièce est répartie en plusieurs petites scènes qui se succèdent à une vitesse constante, comme autant de petits tableaux. Ce qui fait qu’on ne voit pas le temps passer!

Chaque scène apporte son lot de drôleries, je retiendrai surtout la magnifique prestation de nos comédiens déchaînés sur « Le lion est mort ce soir ». Rien que pour cette scène, allez voir cette pièce.

Seul petit bémol, les scènes sont un peu inégales et certains gags (de répétition notamment) ne sont pas très drôles ou un humour trop « lourd » pour la petite blasée que je suis. Je critiquerai donc un peu l’écriture, peut-être trop facile par endroits. Du côté des comédiens : rien à dire, quel plaisir de les voir sur scène !

Vous êtes donc prévenus, il vous faut vous rendre à cette grande messe, le public profane a ri du début à la fin.

Si toutes les cérémonies avaient cette forme, soyez assurés que les églises seraient remplies.

Je vais en toucher un mot à Benoît XVI.

Religieusement vôtre.

Du 4 février au 5 février (de 20:30 à 22:00) – Théâtre de la Toison d’Or (Ixelles), le 27 février (de 20:15 à 21:30) – Ecrin, Centre Culturel d’Eghezée (Eghezée), du 28 février au 3 mars (de 20:30 à 22:00) – Centre d’art Chapelle de Boondael (Ixelles), le 5 mars (à 20:00) – Waux-Hall (Nivelles), le 9 mars (à 20:30) – Centre culturel d’Engis (Engis).

De : Dominique Bréda.

Mise en scène : Catherine Decrolier.

Avec : Jean-François Breuer, Julie Duroisin, Xavier Elsen, Amélie Saye (en alt. avec Julie Lenain) et Françoise Villiers.

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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