Dépoussiérage

« Ni Putes, Ni Soumises » est un mouvement international, défenseur de la mixité sociale et du métissage. Diffusant les valeurs de la laïcité qui permettent, d’après eux, de pouvoir vivre tous ensemble (malgré les divergences d’origines, d’opinions et de croyances), ce mouvement cherche à promouvoir un féminisme basé sur le respect et l’égalité des sexes, tout en luttant contre toute forme de discrimination. Encourageant tout le monde à venir discuter et à participer, différents événements sont régulièrement prévus et c’est donc dans ce cadre que « Total Respect » a été organisé.  Les membres de « Ni Putes, Ni Soumises » désiraient créer une soirée interculturelle et éclectique, évoquant la mixité qu’ils défendent avec tant de conviction et c’est donc curieuse que je me décidai de passer un samedi soir, dans deux salles, avec trois amis pendant quatre heures à écouter cinq groupes.
À 20 heures tapante, le premier groupe commence. Il s’agit de Duplex composé de Matthieu Davalo au chant et à la guitare, Timothée Philippe à la batterie, Jérémie Tihon à la guitare et Antoine Meersseman à la basse et au clavier. Se définissant comme un groupe « empruntant au rock, à la pop et au funk en passant par le disco », Duplex a vite fait de motiver son public : Un chanteur/guitariste à la voix particulièrement étonnante (qui me rappelle sous certains aspects celle du chanteur d’Artic Monkeys), un bassiste irréprochable se transformant, de temps à autre en claviériste, un guitariste alternant les instruments, les styles musicaux et la vitesse de jeu sans problème et un batteur régulier et concentré (ces deux derniers s’attelant même à jouer les choristes pour certaines chansons). Bref, les membres du groupe font preuve de polyvalence, d’ingéniosité, de recherche musicale (avec notamment l’utilisation d’un porte-voix, de distorsions, l’ajout d’une touche plus électronique dans leurs chansons, …) et d’une bonne présence scénique. Que demandez de plus pour bien commencer la soirée?
En second lieu, nous avons droit aux Girls in Hawaii, qui ne sont plus à présenter.  Dans un cadre intimiste – nous sommes tous assis, les artistes compris -, ils nous offrent un « set de rock acoustique » sous la lumière tamisée de lampes de chevet (bien qu’il y avait aussi un spot fort gênant pour nos pauvres petits globes oculaires). Faisant preuve d’humour et d’autodérision, à l’aise avec la scène et le public, Girls in Hawaii use d’un grand nombre d’instruments et de différentes techniques encore plus impressionnants vus de près. Quelque fois plus murmurées que chantées, certaines chansons sont sereines, d’autres plus mouvementées, parfois teintées de musique foraine ou de mélanges incongrus (percussions et xylophone, par exemple). Bref, Girls in Hawaii nous emmène dans un univers que l’on pourrait qualifier de féerique… Leur univers.
Par la suite, nous découvrons Veence Hanao. Entre slam et hip hop, ce jeune homme tente de conscientiser les masses sur différents sujets qui le préoccupent : la déshumanisation, les avancées technologiques, le conformisme,  l’intolérance,  le machisme, l’utilisation de l’alcool et des drogues comme échappatoire, la solitude et l’honneur. Dans un décor de salon, fauteuils et table basse, accompagné d’un guitariste et de musiques parfois atypiques comme celle d’une boite à musique, du jazz, de l’électro, Veence Hanao – doté de capacités pulmonaires impressionnantes – joue sur les allitérations et les assonances… Incontestablement engagé, usant d’ironie et de sarcasmes, il est toutefois dommage qu’on ne comprenne pas toujours ses paroles. En contrepartie, il est nécessaire, bien évidemment, d’apprécier le slam et le hip hop !
Le quatrième concert est donné par Cléo. Mélange de Soul et de funk, le groupe compte onze membres ! Habillés en noir et rouge, les musiciens commencent à jouer et bientôt la chanteuse et ses deux choristes apparaissent. Cléo, à la voix puissante et chaude, n’hésite pas à mettre en scène ses paroles avec une gestuelle intéressante. Nous sommes impressionnés par la synchronisation entre la chanteuse et ses choristes. Toutefois, l’accompagnement musical était un peu trop fort, dissimulant en partie le potentiel vocal (et entraînant inévitablement les maux de têtes) et la chanteuse trop peu accessible  (il semblait difficile de capter son regard et de ressentir une chaleur se dégager d’elle contrairement à ces choristes, souriantes, visiblement heureuses d’être là).
Dernier groupe : Las Buenas Ondas avec Sébastien au  piano, Christophe et Sébastian au chant, Julie au chant et au scratch, Gilles à la basse, Christian à la batterie et Mickey à la guitare. Entre chant et rap, alliant ska, reggae, blues, rock et platines, Las Buenas Ondas est effectivement un « cocktail de musiques métissées ». Energiques et de bonne humeur, les chanteurs en slash, short et chapeau nous apporte un peu de soleil en cette fin de soirée. Mêlant français et espagnol, ils cherchent à évoquer des thèmes de la vie quotidienne, accompagnés d’une présence scénique incroyable. Festif et enjoué, Las Buenas Ondas ne signe pas la fin de cette soirée mais l’ouverture, on l’espère, d’autres événements multiculturels et éclectiques!
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