Détour par Rodez et le musée Soulages

Rodez ? Ok, c’est pas vraiment la porte à côté. Vu de Belgique, c’est plutôt à perpette : un petit village du Sud de la France jusqu’à présent connu pour ses jolis paysages et sa cathédrale. En gros : « Rodez, son centre historique, sa cathédrale, son golf et ses poneys ».

Or depuis quelques mois, le 30 mai 2014 très exactement, il y a une autre très bonne raison de vouloir se rendre dans cette petite ville: le musée Soulages. J’insiste sur la majuscule car si tout le monde est d’accord pour dire que l’art soulage, dans ce cas précis, Soulages, c’est l’artiste. Je vous épargne des lignes et des lignes de biographie (vous en apprendrez bien plus sur ce grand artiste en cliquant ici), mais il y a certaines choses que l’on ne peut cependant ignorer : il a inspiré la plus grande rétrospective jamais consacrée à un artiste vivant par le Centre Pompidou (en 2009) et surtout, il demeure l’homme qui a découvert /créé /reconnu l’Outrenoir.

L’Outrenoir, c’est du concept. Plus noir que noir (ceci n’est pas censé faire écho à un slogan bêtement célèbre) ou « au-delà du noir », le terme forgé par Soulages évoque ses peintures monochromes, riches de nuances, textures et reflets. La petite histoire veut qu’en 1979, alors qu’il travaillait sur un tableau, Soulages ajoute, retire, rajoute et retire encore de la peinture noire pendant des heures. Désemparé, il décide de faire une pause et lorsqu’il revient quelques heures plus tard, « le noir avait tout envahi, à tel point que c’était comme s’il n’existait plus. » C’est un tournant.

Pierre Soulages et l'un de ses Outrenoirs
Pierre Soulages et l’un de ses Outrenoirs

 

Tryptiques Outrenoir exposé au musée Soulahes
Tryptique Outrenoir exposé au musée Soulages

Les Outrenoir de Soulages intriguent et fascinent ; on passe de long moments à s’en imprégner, à chercher autre chose derrière la matière, derrière cette « lumière secrète venue du noir » et on s’en détache tout ébaudi (dernier emploi du mot : Alexandre le Grand à son arrivée en Inde « Grands dieux, déjà l’Himalaya, j’en suis tout ébaubi ! »). Au delà de ses superbes Outrenoir, le musée présente toutes les techniques employées par l’artiste au cours de sa carrière : peintures, eaux-fortes, sérigraphies, lithographies ainsi que les ébauches de travail sur les vitraux de l’abbaye de Conques.

 

 

©jeanmariebardin
Peinture exposée dans l’une des salles du musée Soulages

Chacune de ces œuvres est extrêmement bien mise en valeur, au sein d’un musée que l’on dirait pensé en accord avec l’esprit de l’artiste. A l’extérieur, les architectes ont choisi d’utiliser l’acier Corten qui, en s’oxydant, arbore une couleur rouille dont les nuances vont jusqu’à rappeler certaines œuvres de Soulages tout en soulignant le grès rose des murs de la ville.

A l’avenir, le musée (qui abrite la plus grande collection au monde des œuvres de Pierre Soulages), accueillera d’autres expositions temporaires d’artistes contemporains. En attendant, dépêchez-vous de faire un « détour » par le sud pour y découvrir un superbe artiste ainsi qu’une très jolie région.

Musée Soulages
Jardin du Foirail, Avenue Victor Hugo, Rodez
museesoulages@agglo-grandrodez.fr
(+33) 05 65 73 82 60

Fermeture les lundis et jours fériés.
Tarif plein 7€ (valable 1 mois), tarif réduit 4€, gratuit les premier dimanche du mois et pour les moins de 18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi…

Plus d’infos sur le site du musée

Marine Bardin

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