Deux splendides albums, à partir de 3 ans

Une fois n’est pas coutume, cet article présentera non pas un mais deux livres ! Comment cacher un lion à Mamie et Cui-cui sont deux jolis albums parus début mars chez Casterman. Ils s’adressent tous les deux aux enfants à partir de 3 ans et leur qualité est à souligner, tant en ce qui concerne les dessins que les intrigues.

Comment cacher un lion à Mamie prolonge Comment cacher un lion paru il y a tout juste deux ans. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu ce premier album pour apprécier celui-ci, les deux histoires étant indépendantes. Dans ce premier livre, un lion apparaît au milieu d’un village. Il voudrait pouvoir acheter un nouveau chapeau mais, incompris, il est chassé. Iris, une adorable petite fille, va l’accueillir chez elle et en faire son fidèle compagnon. Dans cette nouvelle histoire, Mamie vient garder Iris durant un week-end où ses parents seront absents. Chouette ! Mais que faire avec le lion, pour ne pas faire peur à Mamie… le cacher ? Au final, Mamie, dont la vue baisse, ne réalise même pas sa présence, le prenant tantôt pour un canapé sur lequel elle s’assied, tantôt pour une lampe, etc. Mais Mamie semble elle aussi cacher quelque chose, elle qui est arrivée avec une énorme caisse dont s’échappent des bruits sourds, et à laquelle elle apporte de grandes quantités de nourriture. Petit extrait : « Iris n’en pouvait plus d’attendre. Elle s’approcha doucement du coffre et écouta. Elle entendit renifler. Et ronfler. Une chose était sûre : il n’y avait pas que des chapeaux, des bonnets et des bérets dans ce coffre ! »

Belle histoire d’amitié, Comment cacher un lion à Mamie est super rigolo, déjanté, loufoque, et c’est ce qui fait son charme ! Les dessins d’Helen Stephens, avantageusement mis en couleur, sont chaleureux et expressifs. Ils occupent bien les grandes pages sur toute leur largeur et leur longueur, et certains gros plans sur les visages des personnages permettent de s’immerger plus intensément dans l’histoire et d’en ressentir toutes les nuances. Parfois une scène importante s’étend sur deux pages, la mettant en valeur, mais il arrive aussi que plusieurs scènes différentes soient présentes sur une seule page, ce qui est susceptible de compliquer la tâche de l’enfant qui cherche à repérer le dessin correspondant au moment de l’histoire qui lui est lu. Quant au récit, il est plein de bons sentiments. Tout y est exagéré, ce qui permet aux enfants de mieux comprendre ce qui se joue, mais aussi de les faire rire de bon cœur et les émerveiller. Le langage est assez soutenu (peut-être un tout petit peu trop) pour des enfants d’à peine 3-4 ans, mais ce n’est qu’un détail. L’histoire n’est ni trop longue, ni trop courte, ni trop simpliste, ni trop détaillée. En conclusion, c’est un beau livre qui ravira sans aucun doute les plus petits, mais aussi l’adulte qui leur lit l’histoire.

Comment cacher un lion à Mamie, d’Helen Stephens, publié chez Casterman (Les albums), 2015, 32 p., 13,95 €. ISBN : 2203080434.

Léo, un rongeur, mais surtout un facteur, distribue le courrier chaque jour avec passion. Il fait de nombreux heureux parmi les destinataires de lettres, de colis ou de cartes d’anniversaire. Une seule petite ombre au tableau, qui le rend assez triste, personne ne lui à jamais rien envoyé ! Pourtant, un jour, il trouve quelque chose dans sa boîte aux lettres. Ce n’est pas une lettre, mais un oisillon égaré qu’il va nommer Cui-cui (en référence aux seules paroles qu’il prononce inlassablement) et dont il va prendre soin. Des liens d’amitié très forts se tissent entre eux, jusqu’au jour où, printemps oblige, Cui-cui doit s’en aller. Léo est triste, mais cela ne durera pas, car il recevra une lettre qui lui fera chaud au cœur. On vous laisse deviner l’expéditeur !

Sergio Ruzzier gratifie ses jeunes lecteurs de jolis dessins mis en valeur par des couleurs assez douces et des touches d’aquarelle. Les émotions (la tristesse comme la joie), la surprise ou la compassion sont rendus de façon convaincante. Si les détails sont nombreux, c’est à l’adulte de s’en saisir lorsqu’il raconte l’histoire, pour interagir avec l’enfant, d’autant plus que certains dessins ne sont pas du tout accompagnés de texte. L’adulte doit s’impliquer véritablement et attirer l’attention de l’enfant sur ces détails au risque de passer sinon à côté du sens de l’histoire, ou en tout cas de se priver de sa profondeur. La personnification d’animaux rend les protagonistes à la fois mignons et sympathiques et, surtout, plus stimulants pour les enfants. Au final, Cui-cui offre une jolie amitié dans un univers engageant.

Cui-cui, de Sergio Ruzzier, publié chez Casterman (Les albums), 2015, 32 p., 13,95 €. ISBN : 2203088273.

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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